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BIOGRAPHIE Né près de Gruyère, dans le canton de Fribourg, fils d'instituteur et d'une épicière, Joseph Bovet montra des sa petite enfance des dispositions pour le chant. C'est à l'âge de treize ans que sa vocation de prêtre se fit jour pour la première fois. Remarqué pour ses dons musicaux au petit séminaire, il y fut encouragé. Plus encore que chanter aux offices, il aimait retrouver les chants anciens, menant des recherches pour retrouver les mélodies originelles. S'étant mis au trombone, ses premières compositions furent dédiées aux cuivres.
Mais il fallait aller plus loin, et son professeur de musique lui conseilla de partir à Einsiedeln, ville pourvue d'une grande tradition musicale. Ses compositions couvrirent alors trois styles de musique : le chant populaire, le chant patriotique, et la musique sacrée.
C'est alors qu'il entra au séminaire en 1901. En 1905 un curé de paroisse de Genève, soucieux de s'adjoindre les compétences de Joseph Bovet, obtint de l'avoir comme vicaire. Il ne tarda pas à dépasser tous les espoirs.
Reconnu pour ses compétences, il est nommé professeur à l'Ecole Normale d'Hauterive. Puis la machine s'emballe : le voilà professeur de musique au Grand Séminaire, directeur de la Société de Chant de la Ville de Fribourg, maître de chapelle intérimaire au Collège Saint-Michel, directeur du Corps de Musique officiel de la Landwehr de Fribourg... Au bout d'un certain temps il fallut bien faire des choix...
Mais après avoir été organiste remplaçant à la Collégiale Saint-Nicolas, il y devint Maître de Chapelle en 1923. Or l'année suivante la collégiale fut érigée en cathédrale, et ainsi l'abbé Bovet devint donc Maître de Chapelle de la Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg. En 1930 il fut nommé chanoine de cette cathédrale. Sa renommée allait en grandissant. On lui proposa de diriger certaines manifestation culturelles réputées. La France elle-même eut à reconnaître ses mérites, au point de le nommer Chevalier de la Légion d'Honneur.
A l'âge de 68 ans il subit une syncope qui lui commanda de se reposer. Mais comme tous les passionnés, Joseph Bovet ne s'arrêta pas pour autant, courant d'un bout à l'autre de la Suisse. 1948 fut l'année de son dernier triomphe au cours de la Fête fédérale de chant qu'il dirigea contre l'avis de ses médecins. L'années suivante, ceux-ci lui imposèrent le repos près du Lac Léman. Il s'installa à Clarens pour s'y éteindre le 10 février 1951.
Le jour de ses funérailles fut déclaré Deuil National.
Bibliographie et documentation de la Bibliothèque Universitaire de Fribourg.
En Suisse et dans le Jura français, l'abbé Bovet est connu pour la fameuse chanson "Le Ranz des vaches", aujourd'hui établie en hymne régional et qui fait désormais l'objet d'un concours annuel de chant auquel participent les voix les plus toniques de la région. Mais c'est dans une centaines de langues qu'a été traduit "Le Vieux Chalet", chanson entrée dans le patrimoine européen des scouts et des colonies de vacances.
On retient donc du style de Joseph Bovet qu'il est fort simple. Mais une simplicité réussie n'est pas à la portée de tous, loin de là.
Cett simplicité, c'est l'Abbé lui même qui en parle le mieux lorsqu'il évoque sa Suisse natale : "Mon Pays que j'ai servi à ma manière, de tout mon coeur, en le célébrant par mes chansons. Mon Pays que je continue à chanter jusqu'au dernier souffle de ma vie. Car il est vrai de dire que ce peuple, je l'ai aimé et je l'aime profondément. Mon but, en écrivant des chansons pour lui, a été de lui donner de la joie, de l'aider dans son labeur de tous les jours, de faire luire à ses yeux sans qu'elle s'éteigne, la flamme généreuse de l'espérance, du courage, de l'optimisme. C'est cela que j'ai voulu. J'y ai mis tous mes efforts et toute ma foi. J'y ai mis une sincérité rigoureuse. Ai-je réussi ma tâche ? Il est encore trop tôt pour le dire. En tout cas, mes chansons, je ne les ai pas écrites comme un simple compositeur, mais comme un prêtre aussi, et ce fut là mon ministère et mon apostolat."
Le compositeur des alpages ne devrait pas éclipser le compositeur de Musique Sacrée, mais son succès en a décidé autrement. On se fera une opinion avec "Nouthra Dona di Maortse" (Notre-Dame des Marches, lieu de pélerinage suisse), pièce toute empreinte de piété populaire, mais ô combien priante. L'Abbé Bovet y révèle un phrasé à la fois coulant, dynamique, et plein de dévotion.
Nouthra Dona di Maortse (cantique en patois fribourgeois)
CD Ascende huc, chœur Les Rives du Rhône, DO 65146, 1995.