LA MAITRISE DE LA CATHEDRALE DE DIJON

Maîtrisien en gande tenue au début du XXe s.

La tenue est celle des enfants de chœur de l'époque (soutane rouge, surplis, et camail rouge) à laquelle est ajouté le vert épiscopal sur le tour de cou, les liserés, les boutons, un entre-deux sur les chaussures à boucles dorées, et enfin la ceinture verte.

Le motif de cette dernière est d'un côté la colombe, symbole de saint Grégoire le grand (patron historique des musiciens), surplombant les mots "AD Te" et le début, en notation carrée, de l'introït "Ad Te levavi animam meam". De l'autre côté se trouvent les instruments du martyre de saint Bénigne, patron de la cathédrale de Dijon, et son monogramme.

La tenue actuelle des maîtrisiens s'est un peu simplifiée, mais reste exceptionnelle puisqu'à la soutane et au surplis, que l'on rencontre chez quelques autres maîtrises françaises, s'ajoutent toujours le camail et les chaussures rouges, ainsi que la calotte pour les garçons (la maîtrise actuelle est mixte).

HISTOIRE DE LA MAITRISE

Comme toutes les cathédrales, celle de Dijon a toujours été dotée d'une maîtrise. L'histoire locale, à cause des pillages révolutionnaires, ne devient précise sur cette question qu'à partir du retour à la liberté de culte en 1795. Mais l'Art musical est à l'état de ruine...

En 1854 l'organiste de la cathédrale se plaint que les exécutions sont d'une "abominable fausseté" tandis que l'accompagnement est fait "de musique militaire". Il ajoute "Voilà trois ans que la cathédrale subit cet outrage"...

Il faut attendre 1895 pour que l'évêque de Dijon crée une nouvelle maîtrise digne de ce nom, confiant son lancement aux frères René et Joseph Moissenet, tous deux prêtres. La Maîtrise devient rapidement un groupe important, et les plus grands compositeurs y sont chantés.

En 1899 le nouvel évêque veut interdire le chant grégorien et le courant polyphonique de Palestrina. Malgré le Motu Proprio promulgué par le pape Pie X, il maintient sa position, et ne cède que face à la pression unanime du monde musical.

A la même époque on connaissait déjà, à la cathédrale St-Bénigne, le nom de Samson : le père y jouait du serpent et de l'ophycléide tandis que le fils faisait ses débuts en tant qu'organiste. Un troisième Samson naît en 1888 et prend le prénom de Joseph. Formé au conservatoire de Paris, il devient Maître de Chapelle à Versailles à l'âge de 23 ans. Puis la guerre de 1914 l'empêche de prendre ses nouvelles fonctions de Maître de Chapelle de St-Eustache à Paris. A la fin des hostilités Joseph Samson devient Maître de Chapelle à Avranches, mais il n'y sera guère apprécié.

En 1926 Joseph Samson est invité à Dijon ; il prend ses habitudes à la maîtrise. En 1930 l'entente est cordiale entre Joseph Samson, qui a pris la direction, et Monseigneur Moissenet. Mais ce dernier se met à douter, et meurt en 1939 en craignant pour la maîtrise qu'il avait fondée. Pourtant son successeur est digne de son poste. Pour preuve, Pie XII l'élève en 1949 au grade de Chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Son talent de compositeur permet à la Maîtrise de cultiver le trésor des siècles passés, mais aussi d'exécuter des pièces nouvelles et parfois audacieuses. Joseph Samson laisse son empreinte de directeur, mais aussi de compositeur. La Maîtrise en est marquée à jamais.

Fatigué, il se fait aider en 1952 par Philippe Chabro, auquel s'ajoute Jean-François Samson en 1954. Ainsi le fils, déjà en charge du Choeur de la Collégiale de Beaune depuis dix ans, succède au père. Joseph Samson prononce en 1957 à Versailles une conférence qui sera son testament spirituel [disponible sur le site] ; son propos est d'une tonicité qui surprend l'auditoire... Pourtant, à cet instant, il est à bout de force. Il s'endort définitivement la semaine suivante.
(ci-contre : Joseph Samson avec quelques maîtrisiens)

Lui succède alors l'abbé Jean Le Capon, par ailleurs organiste, qui vient de la paroisse St-Lambert de Vaugirard, à Paris, où il avait fondé une maîtrise.

Perfectioniste, il eut, comme d'autres, à souffrir de la réforme liturgique dont on profitait pour introduire ces cantiques faciles que Joseph Samson dénonçait déjà. Il tint bon malgré l'isolement et les pressions, et sans doute la Maîtrise de Dijon lui doit d'être toujours une oeuvre prestigieuse.

En 1971 sa compétence le fait remarquer par l'Evêché de Monaco qui lui offre le poste de Maître de Chapelle de la Cathédrale. Une fois à la retraite, il revient à Dijon et y meurt en 1990.

(ci-dessous : la Maîtrise avec l'abbé Le Capon)

L'abbé Le Capon parti, c'est Jean-François Samson, fils de Joseph Samson, qui prend en main la maîtrise une nouvelle fois. L'héritage semble en sécurité pour de longues années, mais un an plus tard la maladie emporte soudainement le nouveau directeur.

La Maîtrise est alors confiée à l'abbé Jean-Marie Rolland, qui saura conserver à celle-ci sa réputation et l'amènera jusqu'à chanter en 1986 à Rome la messe de Minuit célébrée par le pape Jean-Paul II.

En 1992 l'abbé Rolland cède la place à Alain Chobert, agréé comme Chef de Choeur par le Ministère de la Culture et de la Francophonie. Sous sa direction la Maîtrise a entrepris des tournées musicales Hongrie (1993), dans le Périgord (1994) et a enregistré un disque de Noëls (1994).

LA MAITRISE AUJOURD'HUI (2004)

"Au service des enfants, c'est la meilleure pédagogie qui soit que d'associer dans un même dynamisme l'apprentissage scolaire, l'apprentissage de la musique et du chant, une authentique éducation, une initiation à la foi et la liturgie".

Mgr Coloni, évêque de Dijon.

 

Enracinée dans l'histoire, implantée au coeur de la capitale bourguignonne, la Maîtrise de Dijon s'est donné pour mission de préparer les enfants à leur vie d'adulte en leur offrant un enseignement général, musical et religieux.

Attachés à la Cathédrale de Dijon, elle allie dans un même dynamisme l'apprentissage scolaire, l'étude de la musique et du chant choral et une initiation à la foi qui s'exprime dans le service de la liturgie et les concerts de musique sacrée et profane.

 

LA SCOLARISATION EN ECOLE MAITRISIENNE, UN FACTEUR D'EPANOUISSEMENT

Une étude réalisée en grande section de Maternelle a révélé que la formation musicale entraînait, par le biais de l'épanouissement personnel, un amélioration des résultats scolaires de 2,11 points en français-lecture et de 3,02 points en mathématique, comparaison faite avec les résultats obtenus dans les établissements sclaires courants. En fin de Troisième, les maîtrisiens obtiennent au Brevet des Collèges entre 86 et 95% de réussite (résultats 1990 - 1995).

COMPOSITION DES DIFFERENTS GROUPES (en 2004)

Le Grand Choeur : composé de 6 et 5èmes avec 9 heures de cours musical par semaine, et de 4 et 3èmes avec 7 heures et demie de cours musical par semaine. Accessible aux enfants ayant reçu une formation préalable ou présentant les qualités nécessaires pour suivre une activité de haut niveau.

Le Petit Choeur : 9 heures de cours par semaine pour les 20 chanteurs issus du grand Choeur. Accessible aux maîtrisiens les plus performants sur le plan musical comme sur le plan scolaire. Ce choeur assure les pièces les plus délicates, se présente aux festivals, concours et différentes manifestations officielles.

Le Choeur Préparatoire : 7 à 9 heures par semaine. Constitué par les nouveaux élèves de 6 et 5èmes, il participe à tous les offices de la cathédrale au même titre que le grand Choeur.

L'Atelier Musical : 4 heures par semaine. Pour les enfants ou les jeunes qui, pour des raisons diverses (vocales, personnelles) ne sont pas en mesure de suivre un enseignement choral de type Maîtrise. Les activité sont séparées pour les 6/5èmes et les 4/3èmes, et vont de la formation musicale au service de la messe en passant par l'informatique musicale.

Le Choeur d'Hommes : 4 à 5 heures par semaine. Ouvert aux garçons maîtrisiens de 3 et 4ème que la mue oblige à quitter les pupitres soprano et alto.

Initiation musicale : 30 mn. par jour jusqu'en CE1 et 45 mn. par jour à partir du CE2. Avec formation instrumentale hebdomadaire du DE1 au CM2. Les intervenants sont de haut niveau.

"Les Mercredis de la Chanson" : pour les jeunes enfants ne faisant pas partie de l'Ecole Maîtrisienne.

Nombre de professeurs de musique : éducation musicale : 1, formation vocale : 1, formation musicale : 2, chef de choeur : 1, piano : 4, orgue : 2, flûte traversière : 1, flûte à bec : 1, carillon : 1, informatique musicale : 1.

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Fédération Française des Petits Chanteurs