Exemple de faux Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus...

Tandis que les anciens "Prières et chants du peuple de Dieu - manuel des paroisses", éditions Tardy A.C.R. 1978, ou "L'assemblée", éditions Le Chalet 1985 se sont raréfiés, d'autres plus récents on pris la suite, comme "Messe et Chants", Bayard Editions/Centurion, imprimé en 1998. Dans le genre "on prend les mêmes et on recommence"...

Note préliminaire : il ne suffit pas qu'un chant dise "Gloire à Dieu" pour qu'il soit un Gloria. Il ne peut l'être que s'il suit le texte exact du Gloria, sans ajouts, ni suppressions, ni modifications. A-t-on jamais chanté "Les Anges dans nos campagnes" comme Gloria le jour de Noël sous le prétexte que le refrain est "Gloria in excelsis Deo" ??? Du moins il y a un risque pour que cela se soit produit, mais on comprend bien que ce type de confusion n'aura été qu'une source de destructuration et de confusion. La seule exception est le Kyrie, qui peut contenir des invocations insérées dans les trois invocations rituelles ; cette usage - les tropes - remonte aux plus anciennes traditions de l'Eglise, mais encore faut-il en respecter les règles...

Titre

Réf.

notes

Dieu saint ! Dieu juste et saint

A 129

faux Sanctus

mauvaise translittération. On trouve "Dieu libre" : expression antropocentrique totalement dénuée de sens théologique.

Gloire à Dieu, Seigneur des univers

A 217

faux Gloria

le titre est trompeur : beaucoup de paroisses l'utilisent à la place du "Gloire à Dieu au plus haut des cieux..." (texte normal). Ce chant est dédié à la Trinité, et n'a rien à voir avec un Gloria. De plus le style littéraire est douteux : "Vie aux hommes" (que faut-il comprendre ?) "vie, bonheur, tendresse" (une devise pour une lune de miel, guère plus). Enfin "Tu livres ton Esprit et ton corps" est un raccourci théologique absolument pitoyable.

Agneau de Dieu, Agneau vainqueur

A 221-1

faux Agnus

la structure thématique est décousue : le refrain s'inspire de l'Agnus Dei, et les couplets s'inspirent (très librement d'ailleurs) des Béatitudes ! Ce mélange dénote une sérieuse méconnaissance de la liturgie.

Goire à Dieu dans le ciel

A 234

inutilisable

le texte est faible, composé de petites phrases que l'on pourrait mélanger sans rien obtenir de pire. C'est sans doute pour celà que l'on ne retient généralement que le refrain. Malheureusement on croit bon, dans de très nombreuses paroisses, d'en faire un refrain pour le Gloria récité, ce qui contredit les usages liturgiques voulus par l'Eglise.

Agneau de l'alliance fidèle

A 240-1

faux Agnus

outre le fait que le texte est bricolé, il faut rappeler que toutes les invocations avant la dernière doit comporter "prends pitié de nous", et seulement la dernière doit comporter "donne-nous la paix". Le mélange constaté ici est destructurant.

Gloire à notre Dieu

A 246

faux Gloria

Il est le Puissant
Il est le Très-Haut
Il est le Seigneur
Il est la Vie.

C'est le couplet 1. Les 3 autres sont écrits de la même manière. Une énumération de niveau CM1, et encore...

Je crois en Dieu

A 248

faux Credo

Avec une hérésie de premier ordre "[Dieu] ... à notre chair il prend la vie" : on comprend (car il faut le deviner !) que le chant parle du Christ ; or l'auteur semble ignorer le Credo de Nicée-Constantinople : "... né du Père avant tous les siècles", ce qui signifie que le Fils de Dieu existait avant même la création de l'Univers. "... Dieu qui croit en l'homme", après ce que nous avons vu ça n'a même plus d'intérêt.

Seigneur, à ton image

A 249

faux Credo

Si le texte exprime une théologie correcte, le 4ème couplet exprime une ecclésiologie particulièrement défaillante puisqu'il n'y est question ni de pastorale sacramentelle (voir le Symbole des Apôtres), ni de vie éternelle.

Gloire à notre Dieu

A 250

faux Gloria

le texte est convenable en lui-même, mais il est d'abord une prière au Dieu Trinité. Et il faut rappeler qu'il est de toute façon interdit de remplacer le texte du Gloria par quoi que ce soit d'autre.

Venu en notre chair

C 72

fausse anamnèse

une anamnèse doit exprimer trois choses : le souvenir de la mort du Christ, la proclamation de sa résurrection, et l'attente de son retour. Rien de plus, rien de moins. Le texte réel se trouve dans le Missel officiel du célébrant.

Christ est venu

C 99

fausse anamnèse

idem

Gloire à Dieu dans le ciel

C 242-1

faux Gloria

il ne faut pas se laisser tromper par ce texte qui ressemble au Gloria, mais qui "oublie" de dire "Seigneur Fils unique, Jésus Christ" et omet les trois invocations centrales ! Affecté de sérieuses carences, ce chant doit être définitivement écarté de la liturgie.

Gloire à Dieu dans les hauteurs

C 245-1

faux Gloria

le texte est très faible ; de plus il copie partiellement des formules du Gloria, encourageant toutes les confusions.

La paix soit avec nous

D 192

faux Agnus

faux Agnus très répandu. En fait, seul le couplet 1 comporte des paroles liturgiques.

Agneau de Dieu qui prends nos péchés

D 621

faux Agnus très répandu, réalisé à partir d'un air populaire ancien (breton ?). Seul le couplet 3 reprend le thème liturgique. Mais de toute manière l'ensemble du texte porte une grosse erreur christologique : le Christ ne "prend" pas les péchés, il les efface ("qui tollis peccata mundi"). Ce qui est extrêmement différent. Sur le plan musical il faut souligner l'appui sur les mots joie, vie et paix, qui résulte d'une déformation de très mauvais goût du rythme original. Et dire que l'on a infligé celà au pape Jean-Paul II lorsqu'il est venu en à Reims !

Agneau glorieux

D 360-I

faux Agnus

un texte très facilement écrit, puisque constitué de répétitions du même couplet avec une petite variante à chaque fois. Rien de plus, ni rien de mieux, que l'Agnus Dei original, qui demeure le seul texte valide.

On pourrait continuer longtemps... Vous avez compris la méthode de discernement, à vous de faire le tri, et ce pour la santé spirituelle de votre paroisse.

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