05-2 La chasuble

CE. 66. [a] Le vêtement propre du célébrant, à la messe et à toute action sacrée collée à la messe, est la planète ou la chasuble, et rien d’autre, enfilée sur l’aube et l’étole. L’étole est portée par le prêtre de manière à ce qu’elle fasse le tour du col et pende devant le torse.

Note du webmaster : le terme « planète » (lat. planeta) est bel et bien l’autre nom de la chasuble dite « moderne », de forme ronde, en opposition avec la chasuble dite « violon ». Des erreurs d’appréciation sont souvent commises par les fidèle sur l’historicité de ces deux formes de chasubles. La chasuble ronde est la plus ancienne, issue d’un vêtement romain et que l’on trouve sur les représentations médiévales. La chasuble « violon », apparue au XVII et XVIII s., est donc tardive, et c’est à tort qu’on la considère comme la chasuble traditionnelle, car elle l’est bien moins que l’autre. Le fait est, cependant, que les chasubles rondes contemporaines sont parfois d’une telle indigence artistique qu’on puisse leur préférer des chasubles « violon ».

RS. 123. «Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la Messe et pour les autres actions sacrées en liaison immédiate avec la Messe, est la chasuble, à moins que ne soit prévu un autre vêtement à revêtir par-dessus l’aube et l’étole». De même, lorsque, conformément aux rubriques, le prêtre revêt la chasuble, il ne doit pas omettre de porter l’étole. Tous les Ordinaires doivent veiller à ce que tout usage contraire soit supprimé.

Notes du webmaster : les « ordinaires », c’est-à-dire les évêques. Il faut reconnaître que trop peu d’entre eux se soucient d’exiger de leurs prêtres le respect du port de la chasuble. Bien trop souvent ces prêtres ont été formés à une époque où, même au sein des séminaires, on omettait sciemment la chasuble pour la messe quotidienne. RS. 123 demande clairement à ce que l’on revienne à l’usage prévu.On doit aussi rester vigilant sur une mode apparue en Belgique et qui consiste à revêtir l’étole par dessus la chasuble. De ce même pays également est venu, chez les évêques, l’habitude d’arborer la croix pectorale par dessus la chasuble. Ces deux usages n’ont pas de raison d’être.

Cas exceptionnel où un prêtre célébrant peut omettre la chasuble

IGMR. 209. [S’il y a concélebration] Les concélébrants revêtent à la sacristie ou dans un autre local approprié les vêtements liturgiques qu’ils ont l’habitude de prendre lorsqu’ils célèbrent individuellement. S’il y a un juste motif, par exemple un nombre très élevé de concélébrants, et que l’on manque d’ornements, les concélébrants, excepté toujours le célébrant principal, pourront se passer de chasuble, en prenant l’étole sur l’aube.

Note du webmaster : sauf le cas évoqué ci-dessus, absolument aucune autre raison ne permet d’omettre la chasuble, par laquelle le prêtre « revêt » le Christ, devenant ainsi un « autre Christ », assimilation qui atteint son sommet lors de la consécration eucharistique.
L’omission de la chasuble n’étant tolérée que lors des concélebrations, on ne devrait jamais la constater lors des messes paroissiales, puisque celles-ci ne peuvent être concélébrées que dans des cas très isolés.
Enfin, l’usage veut que lorsqu’un prêtre est invité à une concélébration on lui indique la couleur liturgique pour cette circonstance. Rien ne s’oppose donc à ce que chaque prêtre apporte sa chasuble. Il est donc parfaitement possible d’éviter que des prêtres concélebrent sans chasuble.