10-02 La procession des offrandes

IGMR 139. Lorsque la prière universelle est achevée, tous s’assoient et on commence le chant d’offertoire (cf. n. 74) s’il y a une procession des dons. (…)

IGMR 73. Au commencement de la liturgie eucharistique, on apporte à l’autel les dons qui deviendront le Corps et le Sang du Christ. (…) Puis on apporte les offrandes : faire présenter le pain et le vin par les fidèles est un usage à recommander ; le prêtre ou le diacre reçoit ces offrandes à l’endroit le plus favorable, pour être déposées sur l’autel. Même si les fidèles n’apportent plus, comme autrefois, du pain et du vin de chez eux, ce rite de l’apport des dons garde sa valeur et sa signification spirituelle.

Note du webmaster : il est bienvenu que le chant de l’offertoire, ou bien le morceau qui le remplace, dure jusqu’à ce que le prêtre s’essuie les mains après le “lavabo”. Malheureusement, beaucoup de prêtres ont pris l’habitude de dire la prière de préparation des offrandes à voix haute (ce qui n’est pas demandé) et ensuite de ne pas encenser. Dès lors aucun chant ni morceau ne peut trouver ici de place. Cela devient possible, mais encore assez acrobatique, si le prêtre récite la prière à voix basse. Le mieux est évidemment qu’il y ait aussi un encensement, comme l’Eglise le suggère pour les dimanches, fêtes et solennités. Une pièce convenant à l’offertoire peut alors trouver sa place.
Cependant, elle devra prendre fin en s’adaptant impérativement au rythme du célébrant. Même si l’habitude permet de supposer une durée habituelle, les chanteurs devront exécuter un chant qui puisse s’arrêter assez facilement, par le biais d’une structure en couplets/refrain ; l’organiste, s’il joue en solo, doit être capable d’improviser une conclusion avant la fin normale du morceau. Tout ceci afin que jamais les musiciens ne fassent attendre le prêtre, car dans ce cas cela reviendrait à soumettre la célébration à la musique, ce qui est liturgiquement absurde.

IGMR 74. La procession qui apporte les dons est accompagnée par le chant d’offertoire (Cf. n. 37b), qui se prolonge au moins jusqu’à ce que les dons aient été déposés sur l’autel. Les normes qui concernent la manière d’exécuter ce chant sont les mêmes que pour le chant d’entrée (n. 48). Le chant peut toujours accompagner les rites d’offertoire.

Note du webmaster : IGMR 74 et 139 semblent se contredire, disant tour-à-tour que l’on chante s’il y a une procession des offrande, et que le chant peut toujours accompagner les rites d’offertoire (donc même s’il n’y pas de procession). De plus IGMR 74 ne dit pas si l’omission concerne l’antienne chantée, ou si elle est totalement omise même par le prêtre à l’autel.  L’édition du Missel 2002 montre, quant à lui, la totale disparition de l’antienne d’offertoire, alors qu’elle existe – évidemment ! – dans les livres de chant grégorien. Or suivant la tradition, l’antienne, lorsqu’elle est chantée, passe en priorité devant tout autre chant librement ajouté, et en pareil cas on se demande comment le prêtre pourrait l’omettre.

IGMR 140. Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l’ offrande du pain et du vin pour la célébration de l’Eucharistie, comme par d’autres dons destinés à subvenir aux besoins de l’Église et des pauvres.
Les oblats des fidèles sont reçues par le prêtre, avec l’aide de l’acolyte ou d’un autre ministre. Le pain et le vin sont présentés au célébrant qui les dispose sur l’autel ; les autres dons sont déposées à un autre endroit approprié (cf. n. 73).

Notes du webmaster :

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la procession des dons permet d’apporter ce qui est offert par le travail des hommes en tant que fruits de la nature, dons de Dieu qui Lui sont retournés (ne pas confondre les offrandes à consacrer, et les offrandes pour la subsistance matérielle de l’Eglise : la première catégorie exige le respect, pas la seconde). En aucun cas la procession des offrandes ne concerne les vases sacrés, qu’ils soient vides ou pleins. Il faut donc prévoir un récipient spécifique pour porter les hosties durant la procession. Le ciboire ne convient pas, il est prévu pour la conservation au tabernacle. Le vin doit être porté dans une burette, afin que le diacre ou le prêtre la verse lui-même dans le calice apporté depuis la crédence. L’eau ne se porte pas en procession des offrandes, car n’étant ni le “fruit du travail des hommes” ni une espèce à consacrer, elle n’est pas une offrande (la tradition juive en atteste). Elle n’est qu’associée à l’offrande par le rituel.
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de même, faire porter le calice vide est un non sens. Un vase sacré n’est pas une offrande, et il est très dépréciatif pour ce vase emblématique de la Céne du Seigneur qu’il passe entre toutes les mains.

  • les dons sont reçus par le prêtre “avec la participation des ministres”, ce qui veut dire que les personnes apportant les offrandes ne viennent pas elles-mêmes jusqu’à l’autel. Elles les confient à des servants d’autel à l’entrée du choeur.

  • en certains lieux on a pris l’habitude de faire déposer des custodes (pour porter la communion aux malades) sur l’autel aux côtés des vases sacrés prévus par le rituel. Le calice, la patène et les ciboires contiennent les espèce que le prêtre consacre, et qui seront distribuées ensuite. Les custodes ne sont pas des vases sacrés liturgiques et n’ont pas leur place sur l’autel à ce moment. Il est bien plus indiqué de disposer le Corps du Christ dans les custodes à l’issue de la messe. De toute façon le curé de la paroisse, ou d’autres prêtres, devraient tout faire pour porter eux-même la communion aux malades (au lieu de déléguer massivement cette tâche).