A propos de l’auteur du site

J’ai découvert la richesse de la liturgie en tant que petit chanteur de la cathédrale de Bordeaux, sous la direction du R.P. Séraphin Berchten, ofm, Maître de Chapelle injustement oublié aujourd’hui (le Vatican lui proposa la direction de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée à Rome). La cathédrale de Bordeaux fut donc pour moi un lieu initiatique en matière de musique sacrée et liturgie de qualité, et j’y suis resté choriste et animateur liturgique jusqu’en 1991.

Deux ans plus tard j’entrais au Séminaire d’Ars (diocèse de Belley-Ars) où j’acquis, pendant trois ans, une vision nouvelle et transformée de l’Eglise. L’aventure s’arrêta là, mais s’en suivit une période de deux ans passés comme coopérateur paroissial (logé en presbytère), dans le diocèse de Belley-Ars puis dans le diocèse de Tulle, et ce fut très instructif à bien des égards… Mais pendant pendant un total de cinq ans, pour différentes raisons successives, il me fut impossible – voire même interdit ! – de pratiquer la moindre musique sacrée de qualité…

Fin 1999 je rentrais à Bordeaux, ma ville natale, libéré de tout devoir d’obéissance, et bien décidé à redevenir actif dans mon domaine de prédilection. Mais un jeune prêtre, de bon conseil, me conseilla de rester réaliste et d’y renoncer. Je n’eus alors qu’une seule solution : rejoindre des amis grégorianiste à la seule messe “traditionnelle” autorisée par le Cardinal Eyt alors archevêque de Bordeaux.

L’extrême sobriété du lieu et des moyens humains fut pour moi une opportunité : outre le chant grégorien, il me fut demandé de fonder une chorale polyphonique, et le résultat dépassa mes propres espérances.

Puis en 2005, deux ans avant le motu proprio “Summorum pontificum”, le Cardinal Jean-Pierre Ricard installa ce qui allait devenir la “forme extraordinaire du rite romain” à l’église St-Bruno, où je dus fonder une nouvelle chorale polyphonique et grégorienne. En 2009 j’y fondais aussi un chœur grégorien autonome.

Après avoir une nouvelle fois quitté Bordeaux pour raisons professionnelles, et avoir traversé le désert, musicalement parlant, pendant trois autres années, j’y suis revenu récemment, décidé cette fois à professionnaliser mon activité de musicien d’église.

J’incite tous ceux qui visiteront ce site à mettre leurs pas dans les pas de l’Eglise, car c’est une vraie source de joie. Lorsqu’on fait l’inverse, en se persuadant qu’on a raison contre l’enseignement de l’Eglise, on tombe dans la division et le conflit. J’ai été, par le passé, contraint d’emprunter des sentiers de contradiction avec l’Eglise en raison de contextes paroissiaux contestataires, parfois même nihilistes, contre lesquels je ne pouvais rien : je ferai plus jamais de concession à ces comportements qui , de toute façon, sont en voie de disparition.

Je valorise ici la Beauté de la Musique Sacrée et de la Liturgie dans une obéissance unifiante au Magistère de l’Eglise. Et je ne saurai trop recommander la pratique de cette Unité, qui est gratifiante au delà de ce qu’on peut imaginer.

Ce qui a motivé la création de ce site

Internet regorge de sites relatifs à la musique sacrée. Malheureusement beaucoup son tenus par des maisons d’édition ou des commerces surtout soucieux de leur rentabilité, beaucoup moins des prescriptions de l’Eglise, et encore moins de l’unité de celle-ci avec son Magistère !

Tout cela manque cruellement de dimension humaine. Ce serait pourtant bien préférable, puique la musique sacrée n’existe que par les musiciens d’église ! Les voit-on sur internet ? Il est clair que non. Car mis à part des concertistes qui ont a construire leur propre notoriété, les musiciens d’église – les vrais, ceux qui s’impliquent dimanche après dimanche dans la liturgie paroissiale – sont quasiment invisibles sur le web. Serait-ce qu’ils n’aient rien à dire ? Bien au contraire…

Comptant parmi ces musiciens, j’ai donc choisi de mettre fin à une modestie forcée, qui, finalement, n’aboutit à rien, ne produit rien, et ne fait rien avancer au sein de l’Eglise. Bien sûr, “si le Seigneur ne bâtit la maison, les ouvriers travaillent en vain”, nous dit le psalmiste… Mais l’on voit bien aussi que lorsque les ouvriers ne travaillent pas, ils ne suscitent pas de vocations ; c’est vrai pour les prêtres comme pour les musiciens d’église. Aujourd’hui, il y a pénurie de bons chanteurs et d’organistes, et ça n’est pas arrivé par hasard. C’est donc en tant que musicien d’église, conscient d’avoir reçu un héritage à promouvoir, que je réagis.

Comment justifier la légitimité d’un site internet traitant du chant liturgique ? C’est à peu près infaisable. Sauf à bénéficier d’une imprimatur, mais le Droit Canon ne l’exige que pour les “livres liturgiques”, c’est-à-dire le Missel du célébrant, les Rituels, le Bréviaire, et quelques livres approuvés officiellement par le Vatican.

Pour le reste, les publications sont libres, et sans doute le sont elles trop… L’enseignement de l’Eglise sur le chant sacré dit explicitement que les styles musicaux admis aujourd’hui dans la liturgie doivent s’inscrire dans une continuité, et non une rupture. C’est pourtant ce qui est majoritairement et habilement distillé sur internet. Et cette rupture est largement entretenu par des maisons d’édition aux objectifs strictement commerciaux. Les vaches-à-lait ont été bien identifiées : les paroisses et les paroissiens. Ainsi la raison d’être du délabrement artistique dans l’Eglise de France est essentiellement dû a des raisons mercantiles : tous les mois, il faut vendre de nouvelles musiques, et tant pis si cela plonge les animateurs des chants dans un chaos permanent. La vérité est que s’ils revenaient à un répertoire stable, il seraient… libérés d’une énorme contrainte hebdomadaire !

Mais le danger pour les maisons d’édition est évident ! Elles redoutent particulièrement la disparition de la poule aux œufs d’or, menace qui pourtant est implicite depuis Vatican II :

  • n°36 : “L’usage de la langue latine (…) sera conservé dans les rites latins” [note : ceci désigne la liturgique de l’église romaine, sinon la phrase n’a aucun sens]
  • n°116 : “L’Eglise reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, tout choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place.”

On imagine aisément que les maisons d’éditions de musique liturgie francophone ont tout intérêt à ce que ces prescriptions du Concile ne soient jamais appliquées ! Voilà pourquoi vous ne les voyez pratiquement jamais publiées, ni commentées, ni promues, et encore moins appliquées dans certaines émissions télévisées, au premier rang desquelles Le Jour du Seigneur sur France 2, émission arc-boutée contre toute héritage des siècles.

Ai-je déclaré une guerre contre un système catholique ? Non. Remettons les choses à leur juste place : c’est un système mercantile et inavoué (!) qui a déclenché la guerre à la liturgie de l’Eglise Catholique. Quiconque fera l’effort de comparer les productions actuelles avec l’enseignement magistériel de l’Eglise s’en convaincra en quelques minutes grâce à cette présentation synoptique : magistere-et-musique-sacree

Alain Cassagnau