Archives de catégorie : Liturgie – 08 préparation matérielle

08-9 Organisation du cortège

IGMR 120. Lorsque le peuple est rassemblé, le prêtre et les ministres, portant les vêtements liturgiques, s’avancent vers l’autel, dans l’ordre suivant :

  • a) le thuriféraire avec l’encensoir fumant, si l’on emploie l’encens;
  • b) les ministres qui portent les cierges, et au milieu d’eux, l’acolyte ou un autre ministre avec la croix;
  • c) les acolytes et les autres ministres;
  • d) le lecteur, qui peut porter un peu élevé l’Evangéliaire mais non le lectionnaire ;
e) le prêtre qui va célébrer la messe.

Si l’on emploie l’encens, le prêtre met de l’encens dans l’encensoir avant le départ de la procession et le bénit d’un signe de croix sans rien dire.

CE. 128. [Quand il y a l’Evêque] Alors commence le chant d’entrée, la procession se fait de la sacristie vers le choeur selon cet ordre :

  • – le thuriféraire avec l’encensoir fumant
  • 
- un autre acolythe portant la croix, avec le crucifix tourné vers l’avant, au milieu des sept, ou au moins deux, acolytes portant les candélabres avec les cierges allumés
  • – les autres diacres, s’ils sont là, deux par deux
  • 
- les prêtres concélébrants deux par deux
  • 
- l’Evêque entrant seul, coiffé de la mitre et portant la crosse de la main gauche, bénissant de la main droite
  • 
- un peu en arrière de l’Evêque, les deux diacres qui l’assistent
  • – enfin les porte-insignes du livre, de la mitre et de la crosse.

Si la procession passe devant la chapelle du Saint-Sacrement, nul ne s’arrête ni ne fait de génuflexion.

IGMR 210. Lorsque tout est bien préparé, on se rend à l’autel, ordinairement, en procession à travers l’église. Les prêtres concélébrants précèdent le célébrant principal.

IGMR 172. Le diacre, portant un peu élevé l’Évangéliaire, marche devant le prêtre qui se rend à l’autel ; sinon, il s’avance à côté de lui.

Note du webmaster : il est sous-entendu que le prêtre, dans le cortège, marche dans le milieu de l’allée, et que le diacre est sur son côté, ceci afin que la prééminence du célébrant reste signifiée.

IGMR 194. En l’absence d’un diacre, lorsqu’on se rend à l’autel, le lecteur, portant un vêtement approuvé, peut porter, en l’élevant un peu, l’évangéliaire. Dans ce cas, il marche devant le prêtre. Autrement, il se place avec les autres ministres.

Note du webmaster : ce qui veut dire que la lecture revient, avant toute chose, à un ministre institué Lecteur qui de plus porte le vêtement de choeur.
 D’autre part il n’est pas dit qu’une personne en vêtement laïc puisse porter l’Evangéliaire.
 Enfin l’Evangile est porté ainsi parce qu’il nous révèle le Christ. Si le livre contient autre chose, ce n’est pas un Evangile, ou un Evangéliaire (c’est-à-dire « livre contenant l’Evangile »). Donc on ne doit pas porter le lectionnaire, qui est formé d’extraits de toute la Bible, à la place de l’Evangéliaire. Si on ne possède pas d’Evangéliaire, on ne porte pas d’autre livre en procession. Le CE précise d’autre part que le livre est élevé avec modération, et non pas au-dessus de la tête comme on le voit parfois.

08-6 Généralités sur l’encensement

CE. 70. Ni génuflexion ni profonde inclination on ne se feront par ceux qui accomplissent des offices dans le déroulement de la célébration et emploient la croix, les chandeliers, le livre de l’Evangile.

CE. 84. Le rite de l’encensement exprime la révérence et la prière, comme cela est signifié dans le psaume 140, 2 et dans le livre de l’Apocalypse 8, 3.

CE. 85. La matière qui sera imposée dans l’encensoir doit être de l’encens seul et pur à l’odeur suave, soit, si quelque chose est ajouté, on veillera à ce que la plus grosse quantité soit de l’encens.

Note du webmaster : il arrive que dans certains sacristies bien organisées, notamment chez certaines communautés religieuses, l’on ajoute de la myrrhe en raison de ses facultés odoriférantes.

CE. 91. Avant et après l’encensement, on fera une profonde inclination devant les personnes ou les choses que l’on encense, excepté l’autel et les oblats lors du Sacrifice de la Messe.

Note du webmaster : la profonde inclination liée à l’encensement ne se fait pas durant la consécration puisque tout le monde, sauf les prêtres, se tient à genoux à ce moment (PGMR 21).

IGMR. 276. L’encensement exprime le respect et la prière comme l’indique la Sainte Ecriture (cf. Ps 140,2 ; Ap 8,3). On peut, à son gré, employer l’encens quelle que soit la forme de la messe :

  • a) pendant la procession d’entrée
  • b) au début de la messe, pour encenser la croix et l’autel
  • c) pour la procession d’Evangile et la proclamation de celui-ci
  • d) quand le pain et le vin ont été déposés sur l’autel, pour encenser les dons, la croix et l’autel ainsi que le prêtre et le peuple
  • e) à l’élévation de l’hostie et du calice après la consécration.

CE. 87. On emploiera aussi l’encens, comme décrit dans les livres liturgiques :

  • a) à la dédicace d’une église et des autels
  • 
b) à la consécration du Saint Chrême, lorsque les Saintes Huiles sont apportées ;
  • c) à l’exposition du Saint Sacrement dans l’ostensoir ;
d) aux liturgie des défunts.

CE. 88. On emploiera surtout l’encens lors de la procession de la Présentation du Seigneur, le dimanche des Rameaux, à la Messe de la Cène du Seigneur, à la Vigile Pascale, à la solennité du Corps et du Sang du Christ, à la translation solennelle des reliques, et plus généralement aux processions faites avec solennité.

Note du webmaster : « translation » : étymologiquement « passer d’un côté à un autre ». Désigne le transport en procession.

CE. 90. L’Evêque, lors de l’imposition de l’encens dans l’encensoir, est assis s’il est à la cathèdre ou à un autre siège, sinon il impose l’encens debout, le diacre portant la navette, et le bénit d’un signe de croix, sans rien dire. Ensuite le diacre prend l’encensoir de l’acolyte et le tend à l’Evêque.

CE. 91. Sont encensés de trois fois deux coups d’encensoir : le Saint Sacrement, les reliques de la Sainte Croix et des images du Seigneur solennellement exposées, les oblats, la croix de l’autel, le livre des Evangiles, le cierge pascal, l’Evêque ou le prêtre célébrant, les autorités civiles présentes à la célébration sacrée ex-officio, le ch�ur et le peuple, le corps d’un défunt.

Note du webmaster : le « choeur » désigne ici non pas le sanctuaire de l’église mais la chorale.

Sont encensées de deux fois deux coups les reliques et les images des saints exposées à la vénération publique.

CE. 93. On encensera l’autel de simples coups d’encensoir selon ce mode :
a) si l’autel est séparé du mur, l’Evêque l’encense en faisant le tour ;
b) si l’autel n’est pas séparé du mur, l’Evêque encense en premier la partie droite, ensuite la partie gauche de l’autel.

Si elle est sur l’autel ou auprès de lui, la croix sera encensée avant l’autel ; sinon l’Evêque l’encense lorsqu’il passe devant elle.

Note du webmaster : ce qui est dit ici pour l’évêque est en fait directement tiré de la règle qui vaut pour tous les célébrants.
Ceci n’est compréhensible et praticable que pour la messe dite « dos au peuple », c’est-à-dire la norme fondamentale. En effet, le célébrant est dans ce cas généralement face à la croix, et peut donc commencer l’encensement par elle. Mais lors d’une messe « face au peuple » et si la croix est « auprès » de l’autel, le célébrant se trouve très probablement derrière la croix. Il devient alors compliqué d’aller à la croix d’abord puis revenir ensuite à l’autel pour en faire le tour, c’est pourquoi il l’encense durant sa déambulation.

IGMR. 129. (…) si l’on emploie l’encens, il [le diacre] assiste le prêtre pour imposer l’encens et pour encenser la croix et l’autel.

IGMR. 277. Le prêtre met l’encens dans l’encensoir et le bénit d’un signe de croix, sans rien dire. (…)

Note du webmaster : dans l’IGMR cette directive est donnée en introduction de la manière d’encenser l’autel, mais l’ordonnancement du texte lui donne le rang de règle générale.

CE. 94. Le Saint Sacrement est encensé à genoux.

CE. 95. Les reliques et images sacrée exposées à la vénération publique sont encensées à la Messe après l’encensement de l’autel seulement au début de la célébration.

CE. 96. L’Evêque est encensé, soit à l’autel soit à la cathedre, debout, sans mitre, sauf s’il l’a déjà.

Note du webmaster : autrement dit, si l’évêque n’a pas coiffé la mitre avant d’être encensé, il ne la met pas spécialement en raison de l’encensement.

Les concélébrants sont encensés par le diacre une fois ensemble.
Ensuite le peuple est encensé par le diacre du lieu qui sera le plus adapté.
Les chanoines ainsi que ceux qui ne concélèbrent pas ou les convents dans le choeur sont encensés une fois ensemble avec le peuple, sauf si la disposition des lieux le conseille autrement.

Note du webmaster : « convents » : ceux qui vivent la vie conventuelle, c’est à dire les moines et moniales. La « disposition des lieux » dont il est question implique à priori que les convents au choeur soit placés dans des stalles ; s’ils sont trop distants de l’assemblée le thuriféraire peut les encenser à part, ou bien encenser les convents et l’assemblée depuis le même emplacement mais par des coups dirigés séparément vers les uns puis les autres.

Ceci est établi pour les Evêques et par conséquent pour tous ceux qui président.

Note du webmaster : cet alinéa, bien que très discret, est néammoins extrêmement intéressant. En effet il ne concerne pas le cas particulier de l’évêque du lieu ou de l’encensement, mais bien plus largement il concerne « les Evêques », et « par conséquent tous ceux qui président ». Autrement dit, lorsqu’une norme liturgique concerne « les évêques » elle vaut aussi pour « les célébrants » en général. Le pluriel appliqué aux évêques a donc une valeur normative générale.

CE. 97. L’Evêque qui préside, sauf quand il célèbre la Messe, est encensé après le célébrant ou les concélébrants.
 Après l’encensement de l’Evêque, là où c’est l’habitude, on encensera le dirigeant de la République, qui vient ex-officio à la sacrée célébration.

CE. 98. Les monitions ou oraisons, entendues par tous, ne seront pas proférées par l’Evêque avant la fin de l’encensement.

08-7 Dispositions propres à la Passion et au Jeudi Saint

CE. 314. [Pour la Célébration de la Passion du Seigneur] L’autel sera entièrement dénudé : sans croix, sans candélabres, sans nappes.

CE. 310. [A l’issue de la Messe de la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint] on dénude l’autel et on enlève, si cela est possible, les croix de l’église. Sinon on voilera les croix restantes, sauf si elles sont déjà voilées, suivant les prescriptions de la Conférence des Evêques.

Note du webmaster : la tradition du voilage des croix et statues a été longtemps été présentée comme un usage vieillot et périmé, alors qu’il n’a jamais été supprimé. Le Missel officiel, dans on édition 2002, précise que les voiles violets doivent être posés sur les images de saints (statues et tableaux, exceptés ceux du Chemin de Croix) ainsi que les croix, y compris de procession, et cela doit être fait avant les Vêpres du Cinquième Dimanche de Carême (qui est, dans la forme extraordinaire de la liturgie, le « Dimanche de la Passion »).
Les statues des saints sont voilés afin que ne soit plus rendu de culte à aucun saint, mais seulement au Christ qui se prépare au Sacrifice (on voile aussi les images de la Vierge Marie, même la statue qui est couramment vénérée, ce qui sous-entend qu’on ne doit plus y mettre de cierges). Quant aux croix, elles sont voilées parce qu’on ne verra la Croix que lors du Vendredi Saint (les croix de procession sont également concernées).

08-4 Les fleurs

CE. 252. [Au temps du Carême] [a] Il est interdi de fleurir l’autel. (…)

CE. 48. (…) On ne parera pas l’autel de fleurs du Mercredi des Cendres jusqu’à l’hymne Gloria in excelsis de la Vigile Pascale ainsi qu’aux célébrations des défunts. Ceci excepté le dimanche Lætare et les solennités et fêtes.

Note du webmaster : le Cérémonial des Evêques, en son article 236 dit notamment à propos des fleurs qu’il convient de les arranger « avec talent en rapport avec le temps célébré ». On pourra notamment conserver une tradition florale qui consiste à réaliser des bouquets dont les couleurs suivent celle du temps liturgique. C’est une manière supplémentaire de vivre et faire vivre le calendrier.
L’art floral, comme son nom l’indique, est constitué de fleurs. Aussi, lorsqu’en Carême on cesse de fleurir l’autel, il est fort douteux de remplacer cette beauté naturelle par une laideur constituée de branches mortes (voire de cailloux). Supprimer ce qui réjouit l’œil ne signifie pas pour autant qu’il faille le mortifier… D’autant que ceux qui ont promu cette expression ont dans le même temps fait disparaître l’usage de voiler les croix et statues au prétexte que « c’est triste ». Enfin il faut rappeler qu’on ne peut pas « décorer » avec du laid, puisqu’en latin « decora » signifie « beau ».

08-5 Le cierge pascal

CE. [Au Temps Pascal] [a] Le cierge pascal sera allumé pour toutes les célébrations liturgiques solennelles de ce temps, soit la Messe, les Laudes, les Vêpres. Après le jour de la Pentecôte, le cierge pascal sera entreposé dans le baptistère de manière convenable, allumé lors de la célébration d’un Baptême permettant par là l’illumination des cierges des baptisés.

Note du webmaster : le mot « entreposé » implique une notion de rangement. Si le cierge pascal et son candélabre sont imposants, on prévoiera donc un moyen pour le déplacer, car il ne convient pas de laisser le cierge pascal en évidence dans le choeur pendant une cérémonie s’il ne doit pas être allumé.

08-3 Les vases sacrés

Note du webmaster : les vases sacrées sont les calices, patènes, ciboires et lunules d’ostensoirs.

ID. 16) Un respect et un soin particulier sont dus aux vases sacrés, aussi bien au calices et à la patène pour la célébration de l’eucharistie qu’aux ciboires pour la communion des fidèles. (…)
On ne peut employer de simple corbeilles ou d’autres récipients destinés à l’usage commun en dehors des célébrations sacrées, ou de mauvaise qualité, ou qui manquent vraiment de style artistique.

IGMR. 327. Parmi les objets requis pour célébrer la messe, on honore tout spécialement les vases sacrés et, parmi eux, le calice et la patène qui servent à offrir, à consacrer et à consommer le vin et le pain.

Note du webmaster : afin d’honorer ces vases, et non pas les banaliser, on évitera de les intégrer dans la procession des offrandes. Voir à ce sujet dans le déroulement de la messe.

IGMR. 328. Les vases sacrés seront en métal noble. S’ils sont faits d’un métal susceptible de rouiller ou qui soit moins noble que l’or ils seront normalement dorés à l’intérieur.

IGMR. 329. (…) on donnera toujours la préférence aux matières qui ne se brisent pas, ni ne s’altèrent facilement. Cela vaut aussi pour tous les vases sacrés destinés à recevoir les hosties, comme la patène, le ciboire, la custode, l’ostensoir, et d’autres de ce genre.

IGMR. 330. Les calices et les autres vases destinés à recevoir le Sang du Seigneur auront leur coupe faite d’une matière qui n’absorbe pas les liquides. Quand au pied, il pourra être fait d’autres matières, solides et dignes.

Note du webmaster : dans IGMR 329 et 330 on voit que les calices en terre cuite – qui ont connu leurs heures de gloire dans les années 80 et 90 – sont à proscrire, d’une part parce que leur matière peut être brisée, et d’autre part parce que si de tels vases sont ébréchés, alors leur matière devient poreuse et donc absorbante.

IGMR. 333. Pour la bénédiction ou la consécration des vases sacrés, on observera les rites prescrits par les livres liturgiques.

08-2 Ce qui doit être préparé pour la messe

IGMR. 118. On préparera aussi :

a) près du siège du prêtre, le missel et, si on le juge bon, le livret des chants ;

b) à l’ambon, le lectionnaire ;

c) sur la crédence :

– le calice, le corporal, le purificatoire et, si on le juge bon, la pale
– la patène et, si c’est nécessaire, des ciboires
– le pain destiné à la communion du prêtre qui préside, du diacre, des ministres et du peuple ;
– les burettes avec le vin et l’eau
Sauf si tout cela est présenté par les fidèles à l’offertoire,

Note du webmaster : La mention « sauf si tout cela est présenté… » concerne les offrandes elles-mêmes et les récipients nécessaires pour les porter. C’est sans doute une bonne chose de discerner ce qui est « offrande » et ce qui ne l’est pas. Les offrandes sont le fruit du travail des hommes, autrement dit le pain et le vin. L’eau n’est pas le fruit du travail des hommes et ne fait pas partie de l’offrande : elle est simplement associée à l’offrande par le rituel. D’autre part le vin est porté dans sa burette, donc le calice est vide. Ce dernier n’est pas une offrande ; même chose  pour la patène. En conséquence calice et patène doivent être portés directement de la crédence à l’autel par un ministre.
En fait il conviendrait, pour que la procession des offrandes ne deviennent pas une « procession de tout le nécessaire » et afin qu’elle ne perde pas son sens, que l’on ne porte en procession que le pain et le vin dans des récipients provisoires, et d’une manière qui suggère réellement l’offrande et non pas le « service de table ».

[suite de PGMR. 118.] :

– le vase d’eau à bénir, si on fait l’aspertion
– le plateau pour la communion des fidèles
– enfin ce qu’il faut pour laver les mains.

Il est bien que le calice soit recouvert d’un voile, qui peut être de la couleur du jour ou de couleur blanche.

IGMR. 117. [e] Sur l’autel même, on pourra mettre, à moins qu’on ne le porte dans la procession d’entrée, le livre des Evangiles, distinct du livre des autres lectures.

08-1 Qualité du pain eucharistique

IGMR. 319. Le pain destiné à la célébration eucharistique doit être du pain de froment, de confection récente, et selon la tradition ancienne de l’Eglise latine, du pain azyme.

Note du webmaster : le pain « azyme » est le pain sans levain. Il n’est pas dit que ce pain puisse être autrement. Le pain « doit » être azyme. Contrairement à ce que l’on entend dire fréquemment, jamais les chrétiens des premiers siècles n’ont utilisé de pain fabriqué pour la consommation courante : si la matière était commune, les pains étaient cependant préparés spécialement pour la messe, leur forme était toujours ronde ou en couronne et ils étaient marqués d’une croix. C’est donc une erreur que de se croire autorisé à utiliser du pain vendu dans le commerce pour célébrer le sacrifice eucharistique. L’usage du pain azyme s’est installé à partir du Xe siècle. L’usage actuel du pain levé n’est admis que dans les rites catholiques non-latins (liturgie byzantine, par exemple).
On est en droit de s’interroge sur les hosties très répandues qui sont de couleur jaune et dont la texture est formée de petites bulles, qui sont signe de pain levé ! De plus la rupture de la grande hostie provoque, en raison même de cette texture, un émiettement en petites parcelles que, traditionnellement, on s’est toujours évertué à éviter à tout prix afin que le Corps du Christ ne soit irrespectueusement dispersé. Pourquoi cette précaution a-t-elle été volontairement évacuée au cours des années 70 ? La réponse serait certainement très intéressante.
Cette volonté de changement fut si intransigeante (et pourquoi donc ?) que dans les années 80 un évêque menaça un Carmel de ne plus rien commander si les carmélites ne changeaient pas toutes leurs installations. Obligées de choisir entre la privation complète de leur moyen de subsistance et un changement d’équipement extrêmement onéreux, les religieuses choisirent donc la moindre des deux plaies. Tout ça dans le seul but de rompre avec une tradition eucharistique millénaire…

08-8 Nécessité de la présence de ministres laïcs

IGMR. 115. On entend par « messe avec peuple » celle qui se célèbre avec la participation des fidèles. Il convient que, dans la mesure du possible, surtout les dimanches et aux fêtes de précepte, la célébration soit chantée et comporte un nombre convenable de ministres : cependant elle peut aussi se faire sans que l’on chante, et avec un seul ministre.

Note du webmaster : par opposition à la « messe avec peuple » on trouve la « messe privée », que le prêtre dit lorsqu’il n’a aucune obligation particulière. Il peut alors choisir librement l’heure et le lieu, et la dire sans qu’aucun fidèle n’y participe, à l’exception du servant de messe qui est requis. Ce type de messe est devenu rare du fait que les prêtres ne sont aujourd’hui plus assez nombreux pour pouvoir dire suffisament de « messes avec peuple », qui sont prioritaires.

IGMR. 116. Quelle que soit la messe célébrée, s’il y a un diacre il exercera sa fonction. Habituellement il est bon aussi qu’il y ait auprès du prêtre célébrant un acolyte, un lecteur et un chantre. Mais le rite qu’on va décrire plus loin prévoit la possibilité d’avoir un plus grand nombre de ministres.

Les ministères des laïcs dans la liturgie

CIC. 230 § 1. Les laïcs hommes qui ont l’âge et les qualités requises établies par décret de la conférence des Evêques, peuvent être admis d’une manière stable par le rite liturgique prescrit aux ministère de lecteur et d’acolyte ; cependant, cette collation de ministère ne leur confère pas le droit à la subsistance ou à une rémunération de la part de l’Eglise.

RS. 44. En plus des ministères institués de l’acolytat et du lectorat, parmi les fonctions particulières, mentionnées ci-dessus, les plus importantes sont celles de l’acolyte et du lecteur, députés à titre temporaire (…)

Note du webmaster : CIC. 230 mentionne une admission « stable » tandis que RS. 44 mentionne une admission « temporaire ». Dans le premier cas il s’agit d’hommes qui, selon l’usage, sont séminaristes.

RS. 44. En plus des ministères institués de l’acolytat et du lectora (…) s’ajoutent les autres fonctions qui sont décrites dans le Missel Romain et aussi les fonctions de préparer les hosties, de laver les linges liturgiques, et d’autres semblables.

Note du webmaster : il faut noter la mention de deux ministères trop souvent considérés avec légèreté dans de nombreuses sacristies, et qui consistent à préparer les hosties et laver les linges d’autel. Ce deuxième ministère est plus exigeant qu’on ne veut bien le croire.
Il faut ici rappeler l’usage qui consiste en particulier à laver les purificatoires et corporaux dans trois eaux différentes (sans ajout de produits de lavage) que l’on jettera en milieu naturel et qui ne risque pas la souillure (si possible dans la « piscine » de la sacristie, si elle existe encore, qui est une sorte d’évier en pierre sans robinetterie dont l’évacuation va exclusivement dans la terre, et où on ne verse que les eaux bénites, ou celles ayant servi à nettoyer un endroit où est tombé une hostie, à l’exclusion absolue de toute eau souillée).
L’usage des trois eaux se justitife par la présence très probable de parcelles d’hosties consacrées. Si l’usage d’un détergeant était nécessaire, on commencerait d’abord par le recours à ces trois eaux au préalable. On considèrerait qu’on a alors fait ce qui était possible pour éviter de manquer de respect au Corps du Christ. Enfin le purificatoire doit être amidonné.
Comme on le voit, l’entretien des linges d’autel n’est pas une tâche ordinaire. On ne doit pas la confier à des personnes qui risquerait de l’effectuer à la légère et sans foi.

CIC. 230 § 2. Les laïcs peuvent, en vertu d’une députation temporaire, exercer, selon le droit, la fonction de lecteur dans les actions liturgiques ; de même, tous les laïcs peuvent exercer selon le droit, les fonctions de commentateur, de chantre, ou encore d’autres fonctions.

CIC. 230 § 3. Là où le besoin de l’Eglise le demande par défaut de ministres, les laïcs peuvent aussi, même s’ils ne sont ni lecteurs, ni acolytes, suppléer à certaines de leurs fonctions, à savoir exercer le ministère de la parole, présider les prières liturgiques, conférer le baptême et distribuer la sainte communion, selon les dispositions du droit.

CIC. 231 § 1. Les laïcs, qui sont affectés de manière permanente ou temporaire à un service spécial de l’Eglise, sont tenus par l’obligation d’acquérir la formation appropriée et requise pour remplir convenablement leur charge, et d’accomplir celle-ci avec conscience, soin et diligence.

A propos du service d’autel par les filles

RS. 47. (…) Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain ; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet.

Notes du webmaster :

Le 30 juin 1992 le Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs ont examiné la question suivante : « Parmi les fonctions liturgiques que les laïcs peuvent exercer, selon le canon 230 § 2 du Code de droit canonique, peut-on inclure également le service de l’autel ? ». La réponse a été « Oui, selon les instructions que donnera le Siège apostolique ». Rapportant ce fait dans une lettre adressée à tous les présidents des conférences épiscopales en date du 15 mars 1994, Mgr Javierre-Ortas, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la discipline des sacrements, précise que :
« 1 – Le canon 230 § 2 a un caractère d’autorisation et non de précepte «les laïcs … peuvent» («Laici … possunt»). Par conséquent, l’autorisation donnée à ce sujet par quelques évêques ne peut nullement être invoquée comme imposant une obligation aux autres évêques (…)
« 2 – Le Saint-Siège respecte la décision que, pour des raison déterminées selon les conditions locales, certains évêques on adoptées, en fonction de ce qui est prévu par le canon 230 § 2 mais, en même temps, le Saint-Siège rappelle qu’il sera toujours très opportun de suivre la noble tradition du service de l’autel confié à de jeunes garçons. On sait que ce service a permi un développement encourageant des vocations sacerdotales. L’obligation de continuer à favoriser l’existence de ces groupes d’enfants de choeur demeurera donc toujours.
« 3 – Si, dans certains diocèses, en fonction du canon 230 § 2, l’évêque permet que, pour des raisons particulières, le services de l’autel soit accompli aussi par des femmes, cela devra être clairement expliqué aux fidèles, à la lumière de la norme citée, et en faisant observer que cette norme trouve déjà une large application dans le fait que les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie et peuvent aussi être appelées à distribuer la sainte Communion, comme ministres extraordinaires de l’Eucharistie, ainsi qu’à exercer d’autres fonctions, comme il est prévu par le même canon 230 § 2.
« 4 – Il doit être clair que lesdites fonctions liturgiques des laïcs sont exercées « en vertu d’une députation temporaire » selon le jugement de l’évêques, sans qu’il s’agisse d’un droit à les exercer de la part des laïcs, qu’ils soient hommes ou femmes. »

Extraits résumés de l’instruction sur « Quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres », du 15 août 1997 :

Note du webmaster : les extraits résumés traitant de la collaboration liturgique à des moments précis de la messe sont reportées dans les différentes sections de la présente Compilation. Ceux qui traitent de la collaboration liturgique en général sont par contre présentés ci-après :

– Article 1 : dans la liturgie, le ministère des laïcs et le ministère des prêtres ne doit pas être mis sur le même pied. Le ministère des laïcs est fondé sur une mission temporaire (officia, en latin), tandis que le ministère du prêtre est basé sur son état de vie, conféré par l’ordination sacerdotale. Dans la liturgie, le laïc est temporairement ministre en raison de ce qu’il fait, tandis le prêtre est toute sa vie ministre en raison de ce qu’il est. Le laïc est « ministre extraordinaire », c’est-à-dire « ministre occasionnel », le prêtre est « ministre ordinaire », c’est-à-dire « ministre permanent ». Le premier ne peut prétendre valoir le second, pour la simple raison que le premier découle du « sacerdoce commun des baptisés », tandis que le second découle du « sacerdoce ordonné », qui est un sacrement supplémentaire et supérieur, et qui place le prêtre comme premier médiateur entre Dieu et la communauté humaine dont il a la charge, conformément au ministère du Christ Lui-même.

– Article 2 : le ministère de la parole dans la liturgie n’est pas accessible aux laïcs sauf dans des cas extrèmement particuliers. Les catéchistes doivent susciter l’intérêt des catéchisés envers la figure du prêtre, seul véritable pédagogue de la foi.

– Article 3 : si des laïcs sont amenés à faire une brêve présentation durant la liturgie, en aucun cas celà ne doit prendre les caractéristiques d’une homélie ou d’une instruction pédagogique. Le prêtre prêcheur peut recourir à l’homélie « dialoguée », mais avec prudence.

– Article 4 : le recours aux laïcs « collaborateurs de paroisse » ne doit pas être motivé par la confort du curé de paroisse, ou encore par la « promotion du laïcat ». Il n’est pas question qu’un laïc dirige, coordonne, modère, gouverne. Ceci ne revient qu’au prêtre, ou a défaut à un diacre, selon les termes du Droit Canon.

– Article 6 : les laïcs ne doivent en aucun cas dire, même en partie, ce qui revient au prêtre (ex.: « Par Lui, avec Lui et en Lui… »), exécuter des gestes qui lui sont propre (les bras étendus, même pendant le Notre-Père), ou avoir quelque comportement que ce soit qui établisse des confusions.

– Article 7 : la présidence d’ « assemblées dominicales en l’absence de prêtre » n’est permise qu’aux laïcs qui en ont reçu la mission par écrit de l’évêque ; on ne doit pas y insérer de parties de la messe ; on doit réaffirmer que cette célébration ne remplace pas la messe dominicale.

– Article 13 : l’évêque qui désigne un laïc pour suppléer au prêtre doit choisir une personne correctement instruite et à la conduite exemplaire, menant une vie digne, ayant une bonne réputation, et à la situation familiale suivant l’enseignement moral de l’Eglise. Ils doivent recevoir une formation de qualité, mais pas dans un séminaire, lequel est réservés aux candidats au sacerdoce.

Conclusion : on ne doit pas établir les situations exceptionnelles comme s’il s’agissait de normes. Cette précaution ne vise pas à « protéger » des privilèges cléricaux, mais à respecter la forme que le Christ a donné à l’Eglise (cf. l’allocution de Jean-Paul II sur la collaboration des laïcs du 22 avril 1994).