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11-11 La communion des enfants

Conditions spécifiques pour les enfants

CIC. 913. :

1 – Pour que la très sainte Eucharistie puisse être donnée aux enfants, il est requis qu’ils aient une connaissance suffisante et qu’ils aient reçu une préparation soignée, de sorte qu’ils comprennent le mystère du Christ à la mesure de leurs capacité, et puissent recevoir le Corps du Seigneur avec foi et dévotion.

2 – La très sainte Eucharistie peut néanmoins être donnée aux enfants qui sont en danger de mort, s’ils sont capable de distinguer le Corps du Christ de l’aliment ordinaire et de recevoir la communion avec respect.

RS. 87. La première Communion des enfants doit toujours être précédée de la confession sacramentelle et de l’absolution. De plus, la première Communion doit toujours être administrée par un prêtre, et elle ne doit jamais être reçue en dehors de la célébration de la Messe. Sauf dans des cas exceptionnels, il est peu approprié d’administrer la première Communion au cours de la Messe de la Cène du Seigneur du Jeudi Saint. Il est préférable de choisir un autre jour, comme les dimanches de Pâques (du 2ème au 6ème dimanche) ou la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ou les dimanches «per annum», puisque le dimanche est considéré avec raison comme le jour de l’Eucharistie. «Les enfants n’ayant pas encore atteint l’âge de raison», ou ceux que le curé «juge insuffisamment disposés», ne doivent pas être admis à recevoir l’Eucharistie. Toutefois, il peut arriver exceptionnellement qu’un enfant, en dépit de son jeune âge, soit jugé assez mûr pour recevoir le sacrement; dans ce cas, on ne lui refusera pas la première Communion, pourvu qu’il soit suffisamment formé.

11-12 La méditation après la communion

IGMR 45. Un silence sacré, qui fait partie de la célébration, doit aussi être observé en son temps (…) après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure.

ID. 17. On doit recommander aux fidèles de ne pas omettre, après la communion, l’action de grâce qui s’impose, soit pendant la célébration en pratiquant quelque hymne ou chant de louange, soit après la célébration en demeurant si possible en méditation pendant un temps convenable.

Note du webmaster : rien n’interdit donc de chanter un “chant de communion” puis un “chant d’action de grâce” (chaque catégorie ne vise pas à exprimer la même chose), quoique cela puisse peser un peu dans la célébration. On est certes plus habitué, là où il y a un organiste, à chanter un chant de communion, puis à méditer avec l’aide d’une pièce instrumentale ; en fait on voit ici qu’il est possible de faire l’inverse, ce qui peut être parfois utile. Dans tous les cas on ne cherchera jamais à faire du “remplissage sonore” afin de laisser une bonne place au silence.

11-13 Respect dû au Corps et au Sang du Christ

IGMR 279. Les vases sacrés sont purifiés par le prêtre, par le diacre ou par l’acolyte institué, après la communion ou après la messe, autant que possible à la crédence. On fait la purification du calice avec de l’eau ou bien avec de l’eau et du vin, et l’ablution est consommée par celui qui purifie. Ordinairement on essuiera la patène avec le purificatoire.

RS. 107. Conformément aux normes canoniques, «celui qui jette les espèces consacrées, ou bien les emporte, ou bien les recèle à une fin sacrilège, encourt une excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique ; le clerc peut de plus être puni d’une autre peine, y compris le renvoi de l’état clérical» [CIC. 1367]. On doit aussi ajouter à ce cas tout acte de mépris, volontaire et grave, envers les saintes espèces. Ainsi, celui qui agit à l’encontre des prescriptions énoncées ci-dessus, par exemple, en jetant les saintes espèces dans la piscine de la sacristie ou dans un endroit indigne, ou encore par terre, encourt les peines établies à cet effet. [Conseil Pontifical pour l’Interprétation des Textes Législatifs, Responsio ad propositum dubium, 3 juillet 1999 : AAS 91 (1999) p. 918.] De plus, tous doivent se souvenir que, lorsque la distribution de la sainte Communion, pendant la célébration de la Messe, est achevée, il faut observer les prescriptions du Missel Romain. En particulier, il faut que le Sang du Christ, qui pourrait rester, soit consommé aussitôt par le prêtre lui-même ou, selon les normes, par un autre ministre. De même, les hosties consacrées, qui pourraient rester, doivent être consommées par le prêtre à l’autel, ou elles doivent être portées dans un endroit destiné à conserver la sainte réserve eucharistique.
Il faut veiller à consommer aussitôt à l’autel le Sang du Christ qui, éventuellement, resterait après la distribution de la communion.

ID. 14. Le vin consacré doit être consommé aussitôt la communion, et il ne peut être réservé. (…)

IGMR. 280. Si une hostie ou un fragment tombait, on les ramasserait avec respect ; si du vin consacré se répandait, on laverait l’endroit avec de l’eau, et cette eau serait ensuite jetée dans la piscine de la sacristie.

Note du webmaster : si l’on renverse le Sang du Christ, on doit laver l’endroit avec suffisament d’eau pour s’assurer que l’on ait repris autant du précieux Sang qu’il est possible, mêlé avec l’eau. Pour les explications concernant la “piscine”, voir le lexique.

RS. 120. Les pasteurs doivent veiller à ce que les linges sacrés de la sainte table soient constamment propres, particulièrement ceux qui sont en contact avec les saintes espèces. Ils doivent donc être lavés très fréquemment, en suivant les coutumes fidèlement transmises. Ainsi, il est louable, qu’après un premier lavage à la main, l’eau qui a été utilisée, soit répandue dans la piscine de la sacristie de l’église ou directement sur le sol dans un endroit convenable. Puis, on peut procéder à un nouveau lavage selon la manière habituelle.

Note du webmaster : “les coutumes fidèlement transmises”, concernant les linges sacrés (corporal, purificatoire et manuterge), mentionnent traditionnellement un lavage dans trois eaux différentes, sans adjonction de savon ou de détergeant, chacune étant vidée dans la piscine de la sacristie. Ces lavages multiples garantissent raisonnablement l’élimination respectueuses des parcelles du Corps du Christ. RS 120 ne mentionne qu’un seul lavage, mais on comprendra que la coutume plus ancienne reste tout à fait recommandable.

11-04 Conditions préalables pour pouvoir communier

CIC. 919. § 1. Qui va recevoir la très sainte Eucharistie s’abstiendra, au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment ou boisson, à l’exception seulement de l’eau et des médicaments.

RS. 86. Il faut inciter instamment les fidèles à recourir au sacrement de pénitence en dehors de la célébration de la Messe, surtout aux heures établies, de telle sorte que ce sacrement leur soit administré paisiblement et pour leur véritable profit, sans qu’ils soient empêchés de participer activement à la Messe. Il faut instruire ceux qui ont l’habitude de communier chaque jour ou très souvent, de l’importance de s’approcher du sacrement de pénitence d’une manière régulière, selon les possibilités de chacun.

RS. 84. De plus, lorsque la sainte Messe est célébrée pour une grande foule ou, par exemple, dans les grandes villes, il faut veiller à ce que des non-catholiques ou même des non-chrétiens, agissant par ignorance, ne s’approchent pas de la sainte Communion, sans tenir compte du Magistère de l’Église tant au plan doctrinal que disciplinaire. Il revient aux pasteurs d’avertir, au moment opportun, les personnes présentes à la célébration sur la vérité et la discipline, qui doivent être observées strictement.

11-10 La communion dans la main

Notes du webmaster : il est historique que cette forme de communion a été inventée à Genève par les protestants dès les premières années de leur existance, afin de contester le fait que le prêtre soit un “autre Christ” qui nourrisse chacun.
Ce “concept” a été importé dans de très nombreuses paroisses catholiques où l’on a vu progressivement les fidèles se saisir eux-mêmes de l’hostie en la saisissant entre le pouce et l’index, alors que l’Eglise s’évertue à demander qu’au minimum elle soit reçue (c’est-à-dire dans la paume de la main). Le fait qu’un communiant saisisse le Corps du Christ est inconvenant, et démontre de très graves carences catéchétiques, ainsi qu’un manque de foi en Jésus Christ Fils de Dieu réellement présent sous l’espèce du pain.

La communion dans la main a conduit à des profanations inacceptables permises par l’attitude laxiste de nombreux curés de paroisse qui n’imposent pas aux fidèles de consommer l’hostie immédiatement et face à l’autel (comme c’est prescrit pour la communion dans la main). Ainsi beaucoup peuvent quitter la messe en emportant des hosties :
1) – de nombreuses sectes, de par le monde, profitent de cette faiblesse pastorale pour se fournir sans difficultés en hosties consacrées
2) – beaucoup de personnes qui ne pratiquent pas vont à des messes de mariage ou des enterrements, se rendent à la communion pour “faire comme tout le monde” et n’adhérant pas à la foi mettent l’hostie dans leur poche et l’y oublient.
En conséquence, tout prêtre, ou ministre extraordinaire de la communion, connaissant ces risques de profanation, doit absolument exiger la consommation immédiate et visible de l’hostie.

Extrait de l’Instruction “Memoriale Domini” du 29 mai 1969 de la Congrégation du Culte Divin :

“Compte tenu des remarques et des conseils de ceux que l’Esprit Saint a constitués intendant pour gouverner les Eglises, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n’a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la communion aux fidèles.
Ainsi le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l’épiscopat catholique que par la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l’Eglise.”

Note du webmaster : il est notoire dans les milieux bien informés que la communion dans la main n’a été acceptée par le Vatican que sous la pression d’un groupuscule franco-allemand résolu à en découdre avec l’autorité de l’Eglise. C’est pour tanter de ramener le calme que cette manière de distribuer la communion à été tolérée. Mais elle n’a pas été prise comme norme pour toute l’Eglise. Pour conclure cette note, citons le Pasteur Oscar Culmann (1902-1999) : “L’œcuménisme ne consiste certainement pas à prendre ce qu’il y a de moins bon chez l’autre”.

Bulletin du diocèse de Nice du 29/8/1969 ; propos de Mgr Mouisset :
“Il n’est pas permi à un prêtre de refuser la communion sur les lèvres à celui qui en fait la demande (…) la communion sur les lèvres reste la règle, la communion dans la main n’est qu’une exception autorisée…”.

11-09 Interdiction de saisir l’hostie

RS. 94. Il n’est pas permis aux fidèles de «prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main». De plus, à ce sujet, il faut faire cesser l’abus suivant : pendant la Messe de leur mariage, il arrive que les époux se donnent réciproquement la sainte Communion.

Note du webmaster : il était encore fréquent, il y a peu, de voir des fidèles prendre l’hostie des doigts du prêtre avant que celui-ci ne l’ait présentée. Cette attitude démontrant que le communiant ne comprend pas ce qui se passe à ce moment, le prêtre devrait dans l’immédiat l’empêcher d’agir ainsi, puis convoquer cette personne pour la sommer de comprendre son erreur.

De l’Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997, à propos des laïcs distribuant la communion :


Art. 8. § 2 (…) Pour ne pas provoquer de confusions, il faut éviter et faire disparaître plusieurs pratiques, qui se sont répandues depuis quelque temps dans certaines Églises particulières, comme par exemple (…) le fait de se communier soi-même comme si l’on était concélébrant.

Note du webmaster : on voit en effet dans beaucoup de paroisses des laïcs qui sont appelés pour distribuer la communion alors que le prêtre n’est pas empêché de le faire (première anomalie). De plus ils communient par eux-même en même temps que le prêtre (deuxième anomalie) alors qu’ils ne doivent pas entrer dans le chÏur avant que le prêtre n’ai communié (troisième anomalie). Ajoutons également que souvent ils communient au Sang du Christ en dehors des cas prévus (quatrième anomalie).

ID. 9. La Communion eucharistique : la communion est un don du Seigneur, qui est donné aux fidèles par l’intermédiaire du ministre qui a été délégué pour cela. Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-même le pain consacré et le calice ; et encore moins de se les transmettre les uns aux autres.

11-05 Conditions de la distribution de la communion par les laïcs

RS. 151. Dans la célébration de la Liturgie, on ne doit recourir à l’aide des ministres extraordinaires qu’en cas de vraie nécessité. En effet, cette aide n’est pas prévue pour assurer une participation plus entière des laïcs, mais elle est, par nature, supplétive et provisoire. Toutefois, s’il est nécessaire de recourir aux services de ministres extraordinaires, il faut multiplier les prières, spécialement et avec insistance, pour que le Seigneur envoie sans tarder un prêtre au service de la communauté et suscite de nombreuses vocations aux Ordres sacrés.

Note du webmaster : on peut lire ici, de manière absolument claire, que la distribution de la communion par les laïcs n’est pas une députation permanente, mais seulement temporaire en cas d’affluence. Qu’en conséquence il n’est pas normal que, pour une paroisse donnée, des laïcs distribuent la communion chaque dimanche.

RS. 157. Si, habituellement, les ministres sacrés présents à la célébration sont en nombre suffisant, y compris pour la distribution de la sainte Communion, il n’est pas permis de députer à cette fonction les ministres extraordinaires de la sainte Communion. Dans des circonstances de ce genre, ceux qui seraient députés à un tel ministère, ne doivent pas l’exercer. Il faut donc réprouver expressément l’attitude de ces prêtres qui, tout en étant présents à la célébration, s’abstiennent néanmoins de donner la communion, en chargeant les laïcs d’assumer une telle fonction.

Note du webmaster : cette attitude a été constatée en France il n’y a pas longtemps. Certains prêtres, au prétexte de reprise en main de l’Eglise par les laïcs (sic !) ou encore de la moindre fatigue, restent assis pendant que seuls des laïcs distribuent la communion. Dans un des cas constaté, l’évêque pourtant bien informé n’a pas réagi. En pareil cas extrême, les paroissiens ont alors le droit d’informer le Nonce Apostolique.

RS. 160. Dans ce domaine, il est demandé à l’Évêque diocésain d’examiner de nouveau la pratique des années plus récentes, et de la corriger selon les cas, ou de définir plus précisément des règles de conduite. Dans les lieux où, pour une vraie nécessité, la pratique se répand de députer de tels ministres extraordinaires, il faut que l’Évêque diocésain publie des normes particulières, par lesquelles, en tenant compte de la tradition de l’Église, il réglemente l’exercice de cette fonction, selon les normes du droit.

De l’Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997 :

Art. 8. § 1. (…) Un fidèle non-ordonné, si des motifs de vraie nécessité y invitent, peut être député en qualité de ministre extraordinaire par l’Évêque diocésain, en utilisant la formule de bénédiction liturgique appropriée pour distribuer la sainte Communion y compris en dehors de la célébration eucharistique ad actum vel ad tempus, ou de façon stable. Dans des cas exceptionnels et imprévisibles, l’autorisation peut être concédée ad actum par le prêtre qui préside la célébration eucharistique.

Note du webmaster : ceci veut dire qu’une personne non ordonnée (ce qui comprend les religeux non ordonnés et les religieuses) ne peut distribuer régulièrement la communion que s’il en a reçu la mission de la part de l’évêque, chose qui se fait par écrit, l’évêque devant aussi bénir la personne de manière appropriée.
D’autre part, pour les fois où ce laïc devra distribuer la communion durant la messe, le prêtre célébrant lui confèrera, juste avant de lui remettre le calice, une bénédiction particulière (ce qui inclue que le prêtre trace le signe de croix, prononce la formule prescrite, et que de son côté le fidèle se signe).

Art. 8. § 2. Pour que le ministre extraordinaire, durant la célébration eucharistique, puisse distribuer la sainte Communion, il est nécessaire ou bien qu’il n’y ait pas d’autres ministres ordinaires présents, ou bien que ceux-ci soient vraiment empêchés. Il peut remplir aussi cette charge quand, à cause d’une participation particulièrement nombreuse de fidèles désireux de recevoir la sainte Communion, la célébration eucharistique se prolongerait excessivement en raison de l’insuffisance de ministres ordonnés.
(…) Il faut prévoir, entre autre, que le fidèle député à cela soit convenablement instruit sur la doctrine eucharistique, sur le caractère de son service, sur les rubriques à observer pour l’honneur dû à un si grand sacrement, et sur la discipline concernant l’admission à la communion. (…).
Il faut éviter et faire disparaître (…) l’usage habituel de ministres extraordinaires au cours des Messes, en étendant arbitrairement le concept de nombreuse participation .

Note du webmaster : il est ici dénoncé l’habitude qui consiste à justifier la distribution de la communion par les laïcs par un trop grand nombre de fidèles. Il faut bien voir que ce jugement est totalement subjectif, puisque chacun pourra voir une “foule nombreuse” quand ça l’arrange, même si dans le même temps on se plaint qu’il n’y pas assez de monde à la messe ! Sans doute trouverait-on la Communion moins longue si on la considérait réellement comme faisant partie du sommet de la célébration, si on percevait qu’elle se suffit à elle-même au lieu de la ressentir comme une corvée pour le prêtre et les fidèles ! Sur cette question RS 158 est très clair : “A ce sujet, on considère néanmoins que le fait de prolonger brièvement la célébration, en tenant compte des habitudes et du contexte culturel du lieu, constitue une cause tout à fait insuffisante” pour recourir à des laïcs.