Archives de catégorie : Musique – 07 organisation

07-09 Tableau récapitulatif des formes de messes

   Nécessité       Messes lues   Messes chantées
 Chant d’entrée  facultatif
 Antienne d’entrée  obligatoire  lue par le prêtre  chantée
 Kyrie  ou formule du missel  récité ou chanté  chanté
 Gloria  omis en semaine  récité ou chanté  chanté
 1ère lecture  obligatoire  lue  lue
 Psaume  obligatoire  récité ou psalmodié
 2ème lecture  omise en semaine  lue  lue
 Alleluia ou trait  obligatoire  chanté, sinon omis  chanté
 Evangile  obligatoire  lue  lu ou chanté
 Credo  omis en semaine  récité  chanté
 Sanctus  obligatoire  récité  chanté
 Antienne d’offertoire  obligatoire  lue par le prêtre ? (1)  chantée (1)
 chant d’offertoire  facultatif
 Agnus  obligatoire  récité chanté
 antienne de communion  obligatoire  lue par le prêtre chantée
 chant de communion  facultatif
 antienne à la vierge marie  facultatif
 chant de sortie  facultatif

(1) : l’antienne d’offertoire a curieusement disparu dans le Missel de la forme ordinaire.  C’est doublement étrange, car les antiennes d’entrée et de communion existent toujours, et les livres de chant grégorien édités par l’Abbaye de Solesmes comportent toujours l’antienne d’offertoire. Cette situation déconcertante ne peut qu’inciter les chanteurs à conserver la pratique léguée, donc à chanter les trois antiennes.

07-04 Distinction entre le propre et l’ordinaire

Les chants du propre de la messe

MS. 32. L’usage (…) de substituer d’autres chants aux chants d’entrée, d’offertoire et de communion qui se trouvent dans le Graduale, peut-être conservé, au jugement de l’autorité compétente territoriale compétente, pourvu que ces chants soient accordés aux parties de la messe, à la fête ou au temps liturgique. La même autorité territoriale doit approuver les textes de ces chants.

Notes du webmaster : le “propre” : il s’agit des chants d’entrée, d’offertoire et de communion, prévus très précisément pour une messe précise, ou bien pour les occasions diverses. Ce principe vient du répertoire de chant grégorien. Par exemple : “Jerusalem surge” pour la communion du deuxième dimanche de l’Avent, “Resurexi” pour l’entrée du dimanche de Pâques, ou “In paradisum” pour la sortie du corps du défunt lors des obsèques. De nos jours la disparition de la notion de “propre” est due au fait que les compositeurs n’écrivent pratiquement plus de chants “propres” à un instant bien précis. Dans les livrets de chant actuels, on trouve plutôt des chant propres à une période (Avent, Temps de Pâques, etc) ou une circonstance. Parfois même, certains chants comportent des couplets qui sont chacun destinés à une circonstance différente (ce qui a pour effet néfaste de produire des chants dépourvus de caractère spécifique et que l’on finit par utiliser sans arrêt). Dès lors, MS 32 ne désigne plus grand chose de précis et semble, au premier abord, inutile aujourd’hui. Ce qui est une erreur.
Le jugement de l’autorité territoriale compétente : la Conférence des Evêques de chaque pays doit avoir désigné une commission chargée de prendre des décisions en matière d’Art Sacré. La multiplication des commissions de pastorale, de liturgie et d’art sacré aurait donc dû permettre une meilleure surveillance des textes des chants, et ainsi d’approuver ou désapprouver les textes des chants. Force est de constater que bien des textes parus auraient mérité d’être désapprouvés, et ce jusque parmi les hymnes du bréviaire en français…

MS. 33. [a] Il est bon que l’assemblée des fidèles, autant que c’est possible, participe au chant du propre ; elle pourra le faire grâce à des refrains faciles ou à d’autres formes musicales appropriées.

Le chant de l’ordinaire de la messe

MS. 34. Les chants appelés «ordinaire de la messe», s’ils sont chantés sur des compositions musicales à plusieurs voix, peuvent être exécutés par la chorale, soit accompagnés d’instruments, pourvu que le peuple ne soit pas totalement exclu de la participation au chant.
Dans les autres cas, les pièces de l’ordinaire de la messe peuvent être réparties entre la chorale et le peuple, ou encore entre deux parties du peuple ; on peut ainsi alterner par versets, ou en suivant d’autres divisions convenables qui répartissent l’ensemble du texte en sections plus importantes. (…).
En tant que formule de la profession de foi, il est bien que le Credo soit chanté par tous, ou d’une manière qui permette une participation convenable des fidèles.
Il est bien que le Sanctus, en tant qu’acclamation concluant la préface, soit habituellement chantée par l’assemblée entière, avec le prêtre.

Note du webmaster : dans le premier alinéa de MS 34, “pourvu que le peuple ne soit pas totalement exclu” ne signifie pas que le peuple doit participer obligatoirement à un chant polyphonique exécuté par la schola. Sinon, cela voudrait dire que toutes les polyphonies élaborées deviennent exclues de la liturgie (idée radicale qui est encore très répandue). Au contraire, cela veut dire que l’on peut placer des pièces de belle polyphonie pourvue que, par ailleurs, des cantiques populaires aient une place dans le cours de la même messe. C’est ainsi que l’on équilibre l’ensemble du chant liturgique en faisant voisiner pièces de qualité et chant du peuple, ce qui est une excellente représentation de l’Eglise.

Par ailleurs, on a pu lire – dans un ouvrage français présentant les caractéristiques d’un travail sérieux et valide – que le “propre” et “l’ordinaire” sont des notions qui n’ont plus cours dans la liturgie selon la forme ordinaire. Les textes magistériels ci-dessus démontrent que cette affirmation est absolument fausse.

07-05 Distinction du degré de participation au chant

MS. 10. (…) il est bon, dans la mesure du possible, de varier heureusement les formes de célébrations et les degrés de la participation elle-même, en tenant compte de la solennité du jour et de l’importance de l’assemblée.

Note du webmaster : la nécessité de faire vivre aux fidèles le calendrier liturgique passe aussi par une variation de l’importance du chant. Il n’est vraiment pas utile de chanter de la même manière une messe de solennité et une messe du dimanche ordinaire. A contrario, il est même intéressant de ne presque rien chanter lors des messes de semaine dépourvues d’occasions particulières, afin que les occasions festives puisse ainsi sortir de l’ordinaire. 
Bien souvent l’habitude s’est prise de toujours chanter, à toutes les messes, y compris en semaine ; d’une part il devient dès lors plus difficile de mettre en relief les fêtes et les solennités, et d’autre part le chant tombe dans la routine, d’autant plus que l’on finit par utiliser sans cesse les mêmes chants. 
Il est évident aussi qu’il n’est pas utile de vouloir faire chanter une assemblée trop peu nombreuse, puisque dans ce cas les fidèles ne pourront pas se conforter mutuellement de manière efficace. C’est bien ce que traduit MS 10 en faisant de “l’importance de l’assemblée” un critère déterminant.

MS. 28 [b] Cependant, pour des raisons pastorales, des degrés de participation sont proposés pour la messe chantée, de telle sorte qu’il soit désormais plus facile, selon les ressources dont dispose chaque assemblée, de rendre la célébration de la messe plus solennelle grâce au chant.
L’usage de ces degrés de participation sera réglé de la manière suivante :
– le premier degré peut être employé seul.
– le deuxième et le troisième degrés ne seront employés, intégralement ou partiellement, qu’avec le premier degré. Ainsi les fidèles seront toujours orientés vers une pleine participation au chant.

MS. 29. Appartiennent au premier degré :
a) Dans les rites d’entrée :
– la salutation du prêtre avec la réponse du peuple
– la prière.
b) Dans la liturgie de la Parole :
– les acclamations à l’Evangile
c) Dans la liturgie eucharistique :
– la prière sur les offrandes
– la préface, avec son dialogue et le Sanctus
– la doxologie finale du canon
– la prière du Seigneur, avec sa monition et son embolisme ;
– le Pax Domini ;
– la prière après la communion ;
– les formules de renvoi

MS. 30. Appartiennent au second degré :
– le Kyrie, le Gloria, et l’Agnus Dei ;
– Le Credo ;
– la prière universelle

MS 31. Appartiennent au troisième degré :
– les chants après la lecture ou l’épître ;
– l’Alleluia avant l’Evangile ;
– le chant d’offertoire ;
– les lectures d’Ecriture sainte, à moins qu’on ne juge plus opportun de les proclamer sans les chanter.

Note du webmaster : ces “degrés” sont complètement oubliés dans le vocabulaire liturgique d’aujourd’hui, et dérangeraient sérieusement les habitudes si on les appliquait : si on s’en tient au Premier degré seul, l’assemblée chante les dialogues avec le prêtre et le Sanctus, tandis que le Kyrie, le Gloria, le Credo et l’Agnus Dei sont chantés seulement par un chœur polyphonique (car si le chœur est grégorien, la non-participation de l’assemblée va de soi, du moins en principe).
On voit aussi que si on applique le Premier et le Second degré, mais pas le Troisième, alors l’assemblée ne chante pas l’Alleluia, qui est interprété seulement par le chœur.


Ces degrés semblent pouvoir être appliqués librement, mais la tradition – éprouvée par un sens pratique évident – montre que le degré de participation est proportionné avec le degré de solennité des messes. Par exemple, chanter les lectures et l’Evangile devrait être réservé au degré de solennisation le plus élevé.

Il reste cependant que certaines de ces préconisations laissent perplexe : s’agissant de “degré de participation”, on se demande pourquoi le Troisième degré intègre le chant de l’Ecriture Sainte, à laquelle les fidèles ne participent sûrement pas ! On peut donc en conclure que MS 30, 31 et 32 ont été rédigés par un théoricien de la liturgie, et non par un curé expérimenté.

Hiérarchie des parties chantées durant la messe

MS. 7. (…) en choisissant les pièces qui seront chantées, on accordera le premier rang à celles qui, par nature, ont plus d’importance :
– tout d’abord les parties qui doivent être chantées par le prêtre célébrant ou par les ministres avec réponse du peuple ;
– puis les chants qui reviennent au prêtre et au peuple en même temps ;
– on ajoutera ensuite progressivement les pièces qui sont propres au peuple seul ou au seul groupe des chanteurs.

Note du webmaster : de ceci il apparaît clairement que c’est une déviation que de donner la priorité aux chants de l’assemblée seule. En effet, l’Eglise n’existe pas par le seul fait du rassemblement dominical du peuple, mais plutôt parce qu’il y a un dialogue voulu par le Christ entre Lui et l’assemblée, et ce par l’intermédiaire de la médiation du prêtre qui bénéficie pour cette raison de toutes les priorités dans la liturgie.

07-06 Distinction entre messe chantée et messe lue

MS. 28. [a] On retiendra la distinction entre messes solennelle, messe chantée et messe lue, établie dans l’Instruction de 1958 (n° 3), conformément aux lois liturgiques en vigueur.

Note du webmaster : le terme “instruction de 1958” désigne “De Musica Sacra”. L’article n° 3 est reproduit ci-dessous.

DMS. 3. Il y a deux sortes de messes ; la messe «chantée» et la messe «lue». La messe est dite «chantée» si le prêtre célébrant chante effectivement lui-même les parties que les rubriques prévoient devoir être chantées. Sinon, elle est «lue».

Note du webmaster : on voit ici que ce n’est pas le chant de l’assemblée qui détermine si la messe est chantée ou pas. Ceci se détermine selon que le prêtre “chante” la messe au lieu de la “dire”, et ce pour l’intégralité des textes qui lui reviennent. Les prêtres ne devraient pas non plus laisser perdre l’usage séculaire consistant à chanter l’Evangile lors des solennités et fêtes. Enfin si la messe «chantée» est célébrée avec l’assistance des ministres sacrés, elle est dite messe «solennelle» ; si elle est célébrée sans ministre sacrés, elle est dite messe «chantée».

MS. 36. Rien n’empêche que dans les messes lues on chante quelques partie du propre ou de l’ordinaire. Bien plus, un autre chant peut être parfois exécuté au début, à l’offertoire et à la communion, ainsi qu’à la fin de la messe. (…).

Note du webmaster : ici encore il apparaît clairement que ce ne sont pas les interventions chantées par l’assemblée qui permettent de dire que la messe et chantée, mais bien les interventions chantées du prêtre.

07-03 Choix des textes et manière de les traiter

Modifier la liturgie relève de la hiérarchie

SC. 22.
1. Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Eglise ; il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque.

Note du webmaster : “Siège Apostolique” : symbole du siège de saint Pierre où se succèdent les papes.
L’expression “dans les règles du droit, à l’évêque” signifie que l’évêque dispose d’un certain pouvoir pour influer sur la liturgie, mais selon des marges restreintes et précises.
(…)

3. C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut de son propre chef, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.

Note du webmaster : par “enlever ou changer” SC ne vise pas seulement les parties de la Messe ou quelques éléments, mais aussi les détails. Par exemple : puisqu’il est prévu que l’autel soit paré de cierges, on ne doit pas dire la messe sans cierges sauf empêchement majeur. Autre exemple : même un prêtre n’a pas le droit de changer un mot des textes du Missel, qui ne sont pas des propositions mais bien des obligations. Ceci vaut aussi pour les fidèles.

DMS. 21. a) Il est rigoureusement interdit de changer en quelque façon que ce soit l’ordre des textes à chanter, d’en altérer ou omettre des paroles ou de les répéter d’une façon qui ne convient pas. (…).

Note du webmaster : de même que le Notre Père, le Gloria et le Credo sont des prières qui se lisent et se chantent de manière linéaire. C’est une déviation que d’y adjoindre un refrain, chose que DMS 21 ne permet pas. Dans l’ordinaire de la messe, seul le psaume peut se voir adjoint un refrain. Le Kyrie peut voir chacune des invocations répétées jusqu’à trois fois, selon un usage ancien, et l’une des formules du rite pénitentiel prévoit d’y insérer des tropes. Quant à l’Agnus Dei, il ne possède pas à proprement parler un refrain, mais est structuré plutôt selon une forme litanique et peut être répété plus de trois fois, sauf l’invocation finale qui demeure unique.

IGMR. 352. (…)
Puisque des facultés multiples sont offertes pour le choix des diverses parties de la messe, il est nécessaire qu’avant la célébration, le diacre, les lecteurs, le psalmiste, le chantre, le commentateur, la chorale, chacun pour sa partie, sache bien quel texte, en ce qui le concerne, va être employé, et que rien ne soit laissé à l’improvisation du moment. Une organisation et une exécution harmonieuse des rites facilitent beaucoup, en effet, la participation profonde des fidèles à l’Eucharistie.

Les différentes formules (prières dites ou chantées en commun) au cours de la messe

PGMR. 17. [parmi les formules de la messe] :
a) certaines constituent un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, comme l’hymne Gloria, le Psaume responsorial, l’Alleluia et le verset avant l’Evangile, le Sanctus, l’acclamation d’anamnèse, le chant après la communion.
b) certaines, comme les chants d’entrée, d’offertoire, pour la fraction (Agneau de Dieu) et de communion sont l’accompagnement d’un rite.

Note du webmaster : ceci ne doit pas faire perdre de vue une autre hiérarchie qui couvre les chants, qui est la distinction entre le chant du propre (textes propres au jour), dont le texte peut varier, voire être omis, excepté les antiennes d’entrée, d’offertoire et de communion qui au minimum doivent être récitées, et le chant du commun (commun à tous les jours, appelé aussi “kyriale” dans la version latine) et qui, s’il peut n’être que récité, ne peut en aucun cas être modifié d’un seul mot.

Conditions de choix des lectures

IGMR. 356. Pour choisir les textes des différentes parties de la messe, aussi bien du Temps que des saints, on observera les normes qui suivent :

IGMR. 357. Trois lectures sont assignées aux dimanches et jours de fête : le Prophète, l’Apôtre et l’Evangile, qui font comprendre au peuple chrétien la continuité de l’�uvre du salut, selon l’admirable pédagogie divine. Ces lectures doivent être strictement utilisées. (…)

IGMR. 358. Dans le lectionnaire férial, sont proposées des lectures pour chaque jour de chaque semaine pendant toute l’année : par conséquent, ce sont ces lectures qu’on prendra le plus souvent, les jours auxquels elles sont assignées, à moins qu’il n’y ait ce jour-là une solennité ou une fête, ou une mémoire avec des lectures propres du Nouveau Testament, c’est-à-dire où l’on trouve mention du saint célébré.
(…)
Dans les messes pour des groupes particuliers, il est permis au prêtre de lire des textes mieux adaptés à la célébration particulière, pourvu qu’on les choisisse dans un lectionnaire approuvé.

Note du webmaster : c’est bien le prêtre célébrant qui seul peut décider, pour raisons pastorales, de changer le texte de la lecture. Personne d’autre ne peut s’arroger cette faculté, et de plus le prêtre ne pourra utiliser un autre livre que le lectionnaire en vigueur. Voir aussi IGMR 359 et 362, qui vont dans le même sens.

IGMR. 359. En outre, on offre un choix particulier de textes de la sainte Ecriture pour les messes au cours desquelles on célèbre des sacrements ou des sacramentaux, ou bien qui sont célébrées pour certains besoins.
(…)

PGMR. 362. (…) il est loisible aux Conférences épiscopales, dans des circonstances particulières, d’indiquer certaines adaptations en ce qui concerne les lectures, mais en observant cette loi que les textes en soient choisis dans un lectionnaire dûment approuvé.

Note du webmaster : avec les articles 319, 320 et 325 de la PGMR, on voit que les lectures ne peuvent être prises dans aucun autre livre que le lectionnaire officiel, même lors d’un mariage ou d’un enterrement (ceci n’empêche évidemment pas de placer un texte étranger au lectionnaire avant ou après la messe).
 D’autre part, seule la Conférence des Evêques, puis les prêtres dans une moindre part, ont le droit de décider de déroger aux lectures prévues pour un jour précis. On voit que dans ce domaine bien des libertés sont prises de manière abusive. 
Il faut ici signaler que ne sont pas des “lectionnaires dûment approuvés” les publications telles que “Prions en l’Eglise”, “Magnificat” ou encore les “Fiches dominicales” dites “de St-Brieuc”, et qu’il n’est pas admissible de les utiliser en remplacement du lectionnaire normal. Les éditeurs de ces périodiques n’ont d’ailleurs pas cette prétention. Il suffit pour s’en convaincre de lire la mention portée au bas de la deuxième page de couverture de “Prions en l’Eglise”.

Façon de prononcer les différents textes

PGMR. 18. Dans les textes qui doivent être prononcés clairement et à voix haute par le prêtre, par les ministres, ou par tous, le ton de voix doit répondre au genre du texte lui-même, selon qu’il s’agit d’une lecture, d’une oraison, d’une monition, d’une acclamation ou d’un chant (…)

07-01 Interdiction de la musique enregistrée

DMS. 71. L’usage des appareils «automatiques» comme : l’orgue automatique, le gramophone, la radio, le dictaphone ou magnétophone, et d’autres du même genre, est absolument interdit dans les actions liturgiques et les pieux exercices, qu’ils se déroulent à l’intérieur de l’église ou au dehors (…).

Note du webmaster : le vocabulaire désuet, reproduit ici intégralement pour livrer le texte intact, ne doit pas tromper : c’est une grossière erreur de remplacer la prière issue des coeurs par une prière issue d’un mécanisme, qui n’est donc plus une prière mais seulement une reproduction de prière. Si l’orgue lui-même est visé, c’est parce que la pièce musicale jouée par l’organiste est elle-même une prière, tandis que le même morceau joué automatiquement ne l’est plus. Certains arguent du fait que la musique enregistrée suscitant la prière, elle trouve donc sa place dans la liturgie : c’est oublier que la liturgie n’existe que parce qu’elle est formée de signes et de paroles extériorisés par des âmes.
En conséquence tous ces moyens sont interdits durant la célébration de la messe. Si la liste des appareils interdits devait être actualisée, on y ajouterait les moyens de lire des CD et les MP3, et aussi l’informatique permettant de jouer automatiquement d’un orgue.

On peut s’inquiéter à juste titre de l’impossibilité qui découle, pour les petites paroisses, de disposer de musiciens ou chanteurs lors des mariages et surtout des enterrements, deux types de cérémonies où la musique enregistrée a pris un place très importante. Autant il est vrai que la mise à disposition d’un organiste pour des obsèques n’est pas chose aisée dans les petites paroisses, autant cela est possible pour les mariages. Plus globalement il convient en tout cas de ne pas ramener les exigences concernant la qualité de la liturgie au fatalisme ambiant, et de discerner avec clairvoyance que ce sont les usages qui s’éloignent des préceptes de l’Eglise et non l’inverse.

Finalement, seule reste possible la diffusion de musique de fond en dehors des messes, comme on le voit parfois faire dans certaines églises, même si cela fait adopter aux édifices sacrés des usages de lieux publics ordinaires qui nuisent au recueillement, lequel n’est jamais aussi bien favorisé que par le vrai silence.

DMS. 73. [a] L’usage des appareils de projection, particulièrement ceux que l’on appelle «appareils de cinéma» (…) est strictement interdit dans les églises pour quelques cause que ce soit, même dans des buts de piété, de religion ou de bienfaisance.

Note du webmaster : la diffusion d’une émission de radio ou de télévision, qu’il s’agisse de direct ou d’enregistrement ne peut pas être toléré au cours d’une messe :
– si ce qui est diffusé est un enregistrement, il est totalement étranger à la célébration de la messe
– si ce qui est diffusé est une retransmission directe d’un évènement non liturgique, il est également étranger à la célébration de la messe
– si ce qui est diffusé est une retransmission directe d’une autre messe, alors cette initiative relève du cas des “messes synchrones” qui sont strictement interdites. Voir également DMS 73 un peu plus bas.
On comprendra aisément que par cet article toute diffusion d’enregistrement d’images est interdit. Mais de nos jours où la diffusion d’images peut aussi résulter d’une retransmission en direct, on doit tenir compte du fait que celle-ci permet d’entendre ou de voir certaines actions telles que la bénédiction donnée par le Pape lors de la bénédiction Urbi et Orbi, ou lors de l’Angelus. Dans ce cas, puisque la bénédiction est effective pour qui en perçoit les signes au moment où elle est donnée, sa retransmission en direct devrait pouvoir être acceptée dans une église (le curé affectataire devrait, sur ce point, consulter l’évêque du lieu). Mais cela n’est acceptable qu’en dehors d’une messe.
DMS 73 montre aussi qu’il n’est pas permis d’installer une “video” pendant une messe, même pour raisons caritatives. De même, une présentation d’informations culturelles aux touristes ne peut être admise, même sous forme de borne interactive, à moins que cela se fasse dans un coin et que nul son ne perturbe le recueillement, qui demeure le but unique de l’espace intérieur de l’église.
Reste que l’on peut, en interprétant bien l’esprit de cet article, admettre la projection d’une image fixe sur un mur dans un but décoratif, comme cela peut parfois se voir, et à la condition que cette image ait le même rôle qu’un tableau, un vitrail, ou une réalisation décorative quelconque.
Notons accessoirement que les articles 75 et 76 de DMS, qui sortent du cadre musical, invitent fortement à ne pas placer dans le choeur de l’église les appareils servant à la prise de vue. Il faut y veiller attentivement lors des cérémonies “privées” (mariages et baptêmes)ou encore lors des ordinations.

07-02 Immuabilité des textes chantés

DMS. 21. a) Il est rigoureusement interdit de changer en quelque façon que ce soit l’ordre des textes à chanter, d’en altérer ou omettre des paroles ou de les répéter d’une façon qui ne convient pas. (…).

TLS. III,9. Le texte liturgique doit être chanté tel qu’il est dans les livres, sans altérations ni transposition de paroles, sans répétitions indues, sans suppression de syllabes, toujours intelligible aux fidèles qui l’écoutent.

Note du webmaster : de la même manière que le Notre Père, le Gloria et le Credo sont des prières qui sont avant toute chose des textes liturgiques, donc non modifiables. Par “les livres”, TLS III,9 veut nommer les livres liturgique tels que le Missel officiel du célébrant, et non les publications diverses et variées, et encore moins les partitions de musique. Si un ouvrage ne respecte pas le texte du Missel, mot pour mot et selon les termes des deux articles ci-dessus, alors il est dénoncé par ces mêmes articles et il faut le rejeter.
Or il est fréquent de trouver ces textes pourvus de refrains et donc découpés en couplets lorsqu’ils sont chantés. Agir ainsi revient à ignorer que ces textes ne peuvent pas être modifiés en quoi que ce soit. C’est oublier que, comme le Notre Père, ces prières sont immuables. En modifier l’ordonnancement au prétexte qu’on y ajoute de la musique, c’est alors donner la primauté à cette dernière. Or, la liturgie réside dans des signes et des textes. Jamais dans la musique. C’est donc à cette dernière d’habiller le texte, de s’y adapter comme un vêtement, et non l’inverse. Il revient aux compositeur de le comprendre.
Quelques exemple de ce qu’il n’est pas permis de faire :
– pseudo Sanctus, avec phrases inversées et répétées, et texte inventé :
“Hosanna, hosanna, au plus haut des Cieux. Saint est le Seigneur, le Dieu de l’Univers ! Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Béni soit le Fils, l’envoyé du Père ! Béni soit Jésus, le Sauveur du monde. Hosanna (…)”
– pseudo Agnus, avec versets importés de l’Apocalypse, qui n’ont donc rien à faire ici :
“Agneau de Dieu, Agneau vainqueur, prends pitié de nous, pêcheurs. 1) Heureux qui lave sont vêtement dans le sang de l’Agneau, il aura droit aux fruits de l’arbre de la vie. (etc).”