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09-15 La Prière Universelle

Note du webmaster  : conformément au contenu du Missel du célébrant, les intentions sont :

  1. – pour les besoins de l’Eglise,
  2. – pour les dirigeants et le monde,
  3. – pour tous ceux qui sont accablés,
  4. – pour la communauté locale.

Lors d’une confirmation, d’un mariage ou d’obsèques, l’ordre des ces intentions pourra être adapté aux circonstances. Mais en aucun cas la prière universelle ne peut concerner une personne isolée ou un même un couple, même lors d’un mariage ou d’un enterrement, puisque “universelle” qualifie une prière étendue à une catégorie de personnes à travers le monde entier.

La Prière Universelle est une tradition très ancienne. Pour preuve : la liturgie de saint Jean Chrysostome, commune aux orthodoxe et aux catholiques orientaux, y a recours par trois fois dans le cours de la messe.

09-14 Le Credo

IGMR. 137 Le symbole est chanté ou récité par le prêtre et le peuple ensemble (cf. n. 68), tous se tenant debout. Aux paroles : “Et incarnatus est”, etc. tous s’inclinent profondément ; mais, aux solennités de l’Annonciation et de la Nativité du Seigneur, tous fléchissent les genoux.

Note du webmaster : on remarquera aisément que, dans toutes les paroisses, personne ne fait l’inclination à ce moment. Sans parler de la mise à genoux (les deux, et non un seul) à l’Annonciation et à Noël. Un début d’explication peut être admis lorsqu’on s’aperçoit que cet usage est hérité de la forme extraordinaire, et que certains auront donc voulu la disparition de cette tradition.
A noter aussi que – sans doute par un effet de contre-réaction – les catholiques traditionaliste se mettent à genoux systématiquement, ce qui est également inapproprié puisque les rubriques, sur ce point, n’ont 
jamais exigé l’agenouillement hors de l’Annonciation et Noël.
On note aussi que la formulation “tous s’agenouillent” ne prévoit pas d’exception, pas même pour les chanteurs. Seuls l’organiste, pour des raisons évidentes, en est dispensé.

09-10 La Séquence

IGMR 64. La séquence, qui est ad libitum sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l’alleluia.

Notes du webmaster :

Il est explicitement indiqué, dans la 3ème édition typique du Missel (2002) que la séquence se chante avant l’alleluia. Cette nouveauté est apparue soudainement, sans aucune explication, et sans que le Magistère de l’Eglise se soit exprimé publiquement à ce sujet, ce qui est assez troublant… Or cette modification est en contradiction avec plusieurs siècles de pratique et elle ne se justifie pas d’un point de vue pastoral. De plus ce changement contredit la structuration de l’Alleluia et des Séquences de Pâques et de la Pentecôte, qui ont été écrites comme une suite logique : antienne “Alelluia” ; verset de l’alleluia ; omission de la reprise de l’antienne pour passer directement au chant de la séquence ; ajout de “Alleluia” après l’amen final. Déjà, les livres de Solesmes selon la réforme ont carrément supprimé le Amen en vigieur pendant plusieurs siècles (on en cherche vainement la justification), puis la 3ème édition du Missel a déplacé la séquence avant l’Alleluia (toujours sans justification). Ces destructurations successives causent une perte de sens, et posent la question d’une instabilité des rubriques préjudiciable à la liturgie en général.

“Ad libitum” : facultatif. Autrement dit, placer une séquence à chaque messe du dimanche est, théoriquement, tout à fait liturgique, même si c’est infaisable faute de pièces disponibles.

On voit ici que les séquences de Pâques et de la Pentecôte ne peuvent en aucun cas être omises. La séquence de Pâques est “Victimae Paschali laudes” ; celle de la Pentecôte est “Veni Sancte Spiritu”.

Tandis qu’il est devenu facile de se procurer un chant en français du “Veni Sancte Spiritu”, il faut reconnaître que les compositeurs français de la seconde moitié du XXe siècle ont complètement omis le “Victimae Paschali laudes”. Dans les endroits, très nombreux, où le latin est encore mal reçu, on se heurtera donc à une grande difficulté ; la seule solution sera donc de lire la séquence, qui est un texte bien précis et ne permet donc pas de le remplacer par un autre texte.

Les séquences, qui se sont multipliées au Moyen-Age, on pratiquement disparu lors d’une uniformisation survenue au XIXe siècle. L’ancienne appellation “prose” est encore popularisé par celle de la “Dédicace” de N.-D. de Paris, dont une partie de la musique, écrite au XIIe s. par Adam de Saint-Victor, a fait le succès du chant “Eglise du Seigneur” («Peuple de Dieu, Cité de l’Emmanuel…»). Malheureusement cette adaptation en français a été amputée des 2/3 de la mélodie, qui comprend des variations magnifiques conférant à l’ensemble une architecture musicale remarquable, qui a été sabotée sans vergogne.

09-11 L’alleluia

IGMR 62. Après la lecture qui précède immédiatement l’Evangile, on chante l’Alleluia ou un autre chant établi par les rubriques, selon ce que demande le temps liturgique. Ce genre d’acclamation constitue un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, par lequel l’assemblée des fidèles accueille le Seigneur qui va leur parler dans l’Evangile, le salue et professe sa foi en chantant. L’acclamation est chantée par tous debout, la chorale ou le chantre donnant l’intonation et, le cas échéant, on répète l’acclamation ; le verset est chanté par la chorale ou le chantre.

L’Alleluia est chanté en tout temps en dehors du Carême. Les versets sont pris au Lectionnaire ou au Graduel.
Pendant le Carême on remplace l’Alleluia par un verset avant l’Evangile, qui se trouve dans le Lectionnaire. On peut encore chanter un autre psaume ou trait, tel qu’on le trouve dans le Graduel.

Notes du webmaster : 
le terme “graduel” désigne ici le psautier liturgique contenant les psaumes avec leur musique.
 On constate que la longueur du chant de l’Alleluia dans sa forme traditionnelle, c’est à dire en grégorien, est d’une durée qui dépasse une minute, tandis que l’Alleluia tel qu’on le pratique en français ne dépasse pas vingt secondes, ce qui le relègue au rang d’ersatz. Or l’Alleluia devrait toujours accompagner les préparatifs de la proclamation de l’Evangile. Ces préparatifs sont les suivants :


  • le prêtre, étant à son siège, met l’encens dans l’encensoir (IGMR 132).

  • si c’est un diacre qui lit l’Evangile, il reçoit ensuite la bénédiction du célébrant.

  • le prêtre, ou le diacre, se place face à l’autel, et s’incline le temps de dire la prière prévue. Après quoi tous les ministres se tiennent puis de déplacent de sorte qu’ils arrivent à l’ambon lorsque le chant touche à sa fin.


Il est donc très recommandable, notamment les dimanches et fêtes, de chanter aussi le verset. Il n’est pas interdit – bien que cela puisse être discuté – d’ajouter d’autres versets issus du même psaume dont le sens soit identique, de sorte que le mot “Alleluia” soit réellement une antienne, c’est à dire un refrain. Il est important que le prêtre soit ainsi accompagné durant tout le temps où il se tient incliné devant l’autel, ce qui ne devrait jamais se faire brièvement.

IGMR 63. Quand il n’y a qu’une seule lecture avant l’Évangile :
Au temps où l’on doit dire l’Alleluia, on peut employer ou bien le psaume alléluiatique, ou bien le psaume et l’Alleluia avec son verset.
Au temps où l’on ne doit pas dire l’Alleluia, on peut employer ou bien le psaume et le verset avant l’Évangile ou bien seulement le psaume.
Si on ne chante pas l’Alleluia ou le verset avant l’Évangile, on peut les omettre.

Note du webmaster : une lecture attentive de ce qui précède montre que ces prescriptions sont complètement ignorées. En effet, il est clairement dit que le psaume reste obligatoire qu’il soit chanté ou récité ; mais qu’en revanche l’Alleluia, ou le trait qui le remplace en Carême, peuvent être omis s’ils ne sont pas chantés.
Enfin il faut aussi souligner qu’une fois la proclamation de l’Evangile est achevée, on ne doit en aucun cas chanter une nouvelle fois “Alleluia”. L’Evangile doit être conclue par l’acclamation : le diacre ou le prêtre dit ou chante “Acclamons la Parole de Dieu” et l’assemblée répond de même “Louange à Toi, Seigneur Jésus !”.

IGMR. 43. Les fidèles se tiendront debout (…) au chant de l’Alleluia avant l’Evangile (…).

CE. 140. (…) A l’intonation de l’Alleluia, tous se lèvent, excepté l’évêque. Le thuriféraire s’avance et donne la navette à l’un des diacres, l’Evêque impose et bénit l’encens sans rien dire. Le diacre par qui l’Evangile est proclamé s’incline profondément devant l’Evêque, demande la bénédiction, disant à mi-voix : “Iube, domne, benedicere”. L’Evêque le bénit en disant : “Dominus sit in corde tuo”. Le diacre fait le signe de croix et répond “Amen”. (…)

IGMR 175. Pendant qu’on chante l’Alleluia ou le second chant, si l’on emploie l’encens, le diacre sert le prêtre qui met l’encens ; puis, profondément incliné devant le prêtre, il demande la bénédiction, en disant à mi-voix : “Père, bénissez-moi”. Le prêtre le bénit en disant : “Que le Seigneur soit dans ton coeur…” etc. Le diacre se signe de la croix et répond : “Amen”.

09-09 Le psaume ou graduel

Note du webmaster : le psaume est traditionnellement appelé graduel car avant le XVIIe s. c’était le moment  où le diacre montait les “gradins” (marches) pour aller chanter l’Evangile du haut du jubé. Celui-ci ayant disparu, le terme est resté, mais il est peu utilisé aujourd’hui, sauf dans les livres grégoriens où il figure toujours, ainsi que dans l’IGMR qui utilise ce terme à la place de “psaume”.

RS. 62. Il n’est pas licite d’omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer «les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes choisis hors de la Bible».

CME. 2) [b] Un psaume responsorial suit la première lecture ; il est partie intégrante de la liturgie de la parole.

Note du webmaster : il arrive encore que le psaume soit remplacé par un chant ordinaire, parfois même sans aucun rapport avec le thème abordé par l’Ecriture. Ce qui est absolument illicite. Heureusement cette situation, fréquente dans les années 80-90,  se raréfie de plus en plus,  car la beauté de la psalmodie a été récemment redécouverte par les catholiques. Mais sa place dans la liturgie nécessite encore une pédagogie de fond.

MS. 33. [b] Parmi les chants du propre, a une particulière importance le chant placé après les lectures, sous forme de graduel ou de psaume responsorial. De par sa nature, il fait partie de la liturgie de la parole ; aussi doit-il être exécuté, tandis que tous sont assis et l’écoutent, et même, autant que possible, avec leur participation.

Notes du webmaster :

– “Responsorial” : forme chantée qui inclue une réponse de l’assemblée au soliste ou aux chanteurs, grâce à un refrain ou – ce qui est plus cohérent – une véritable alternance des versets, ce qui est assez rare.

“de par sa nature il fait partie de la liturgie de la parole” : il est étrange de constater que certains s’ingénient à faire croire que le psaume est un chant de foule, justifiant ainsi l’insertion obligatoire de l’antienne tous les deux versets (ce qui “tue” la psalmodie et évacue le psalmiste avec son savoir-faire propre), et permettant de repousser le psalmiste au pupitre du chant, alors que sa place est très clairement à l’ambon.

IGMR. 196. (…) A défaut de psalmiste, il [le lecteur] peut dire le psaume responsorial après la première lecture.

IGMR. 129. Ensuite, le psalmiste, ou le lecteur lui-même dit le psaume, auquel le peuple répond habituellement par un refrain (cf. n. 61).

IGMR. 61. La première lecture est suivie du psaume responsorial, ou graduel, qui fait partie intégrante de la liturgie de la Parole et a une grande importance liturgique et pastorale, car elle favorise la méditation de la parole de Dieu.
Le psaume responsorial correspond à chaque lecture et se prend d’ordinaire dans le Lectionnaire.
Il importe que le psaume responsorial soit chanté, au moins pour ce qui est de la réponse du peuple. Le psalmiste, ou chantre du psaume, dit les versets du psaume à l’ambon ou à un autre endroit approprié, tandis que toute l’assemblée est assise et écoute ; habituellement celle-ci participe par un refrain, à moins que le psaume ne soit dit de manière suivie, c’est-à-dire sans reprise d’un refrain. Cependant, pour que le peuple puisse plus facilement donner une réponse en forme de psalmodie, on a choisi quelques textes de refrains et de psaumes pour les différents temps de l’année ou pour les différentes catégories de saints, que l’on peut employer, au lieu du texte correspondant à la lecture, chaque fois que le psaume est chanté. Si le psaume n’est pas chanté, on le récitera de la manière la plus apte à favoriser la méditation de la parole de Dieu.
A la place du psaume marqué dans le Lectionnaire, on peut chanter aussi le répons graduel du Graduel romain, ou le psaume responsorial ou alléluiatique du Graduel simple, tels qu’ils sont libellés dans ces différents livres.

Notes du webmaster :

Il est curieux de lire à la fin d’IGMR 61 que le chant du graduel issu du répertoire grégorien est juste une alternative au psaume du lectionnaire. Certes, en matière de texte, le lectionnaire prime. Mais le rédacteur de cet article penserait-il que les mélodies grégoriennes sont désormais à ranger parmi les accessoires de l’Art Sacré ? Voilà qui laisse songeur… La réalité est un peu différente : la messe chantée étant très clairement prioritaire sur la messe lue, ce sont plutôt les pièces grégoriennes qui l’emportent sur la lecture des années A, B et C ! Le statut permanent 50% lu / 50% chanté des messes paroissiales a complètement fait oublier cette hiérarchie.

On peut regretter aussi la promotion du “Graduale simplex”, qui simplifie assez peu le travail des grégorianistes (il peut même le multiplier !) car il faut presque autant de temps passé en répétitions pour chanter le graduel simple que le graduel romain.

L’usage exclusif du chant grégorien, chant communautaire par excellence, a beaucoup contribué à la disparition du psalmiste (et ce depuis de nombreux siècles). En effet, la notion de soliste est inconnue en chant grégorien, en dehors des intonations, des litanies et du chant de la Passion. Si on ne prend pas le répertoire grégorien, le sommet de l’art du psalmiste, s’il a été formé au chant sacré, est de pouvoir improviser un ton de psalmodie dans le ton du refrain pris par l’assemblée ; n’oublions pas que les psalmistes (donc les chantres), dans les temps anciens, étaient réputés selon leurs capacités d’improvisation.

L’organiste, s’il suit l’harmonisation du refrain, doit pouvoir accompagner les versets sans difficulté. Pour celà il ne doublera pas la mélodie de la psalmodie, se contentant de jouer l’harmonisation. Il faut noter que la technique d’accompagnement actuelle des psaumes est inconnue des Conservatoires, et qu’elle ne peut être apprise qu’auprès d’un organiste lui-même rompu à l’accompagnement des psaumes. Force est de constater que cet art, très particulier, s’est beaucoup perdu car peu en maîtrisent le rythme très particulier.

Enfin il ne faut pas oublier une autre forme de psaume qui est aujourd’hui tombée dans l’oubli chez les musiciens d’église : il s’agit du faux-bourdon. Cette forme d’écriture, qui alterne dans un même verset polyphonie recto-tono non mesurée et polyphonie mesurée est certainement la plus remarquable, et ne présente pas pour autant de difficulté particulière hormis la maîtrise de la psalmodie ordinaire. Cette forme est a recommander pour les solennités, en raison de sa splendeur. Les maîtres de chapelle devrait tous en maîtriser l’écriture afin de produire eux-même les faux-bourdons nécessaires.

09-07 Le Gloria

IGMR. 53. Le Gloria in excelsis est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l’Église, rassemblée dans l’Esprit Saint, glorifie Dieu le Père et l’Agneau, et supplie celui-ci. On ne peut remplacer le texte de cette hymne par un autre. Le Gloria est entonné par le prêtre ou, si on le juge bon, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté par tous, ensemble, ou par le peuple alternant avec la chorale, ou par celle-ci. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par alternance entre deux choeurs.

CE.133. (…) Revenu à la cathèdre, le chant étant terminé, l’Evêque debout, étendant les mains, dit l’oraison de conclusion. Ensuite, quand c’est prescrit, on chante ou on dit l’hymne “Gloria in excelsis”.

CE. 135. Le “Gloria” est dit selon les rubriques. Il peut, en outre, être entonné par l’Evêque ou l’un des concélébrants ou l’un des chantres. Pendant que l’hymne est chantée, tous se tiennent debout.

Note du webmaster : le “Gloria” est une hymne, c’est à dire qu’elle se chante de manière linéaire du début jusqu’à la fin, et n’est pas faite pour être découpée en couplets intercalés avec un refrain. Cet usage, qui résulte d’une mode, est dû à la perte des repères historiques en matière de liturgie.
D’autre part le “Gloria” ne peut être remplacé en tout ou partie par un autre texte, ni se voir ajouté quoi que ce soit. Comme pour le reste de l’ordinaire de la Messe, le texte du Missel doit être intégralement respecté. Il n’est pas permi de changer l’ordre des mots ou de les utiliser autrement que tels qu’ils apparaissent dans le Missel Romain (De Musica Sacra, art. 21).
CE 135 précise en outre que l’intonation du Gloria peut être chantée par un chantre. Ce modèle vaut également pour toutes les autres formes de messe.

CE. 300. [A la messe de la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint] [b] Pendant qu’on chante l’hymne “Gloria in excelsis”, on sonne les cloches, qui restent ensuite en silence jusqu’à la Vigile Pascale, sauf si la Conférence des Evêques ou l’Evêque du diocèse le statue différemment, selon l’opportunité.

Note du webmaster : il convient de remarquer que le mutisme des cloches doit également être observé par les instruments de musique durant cette même période.

CE. 349. [A la Vigile Pascale] Après la dernière lecture de l’Ancien Testament avec son répons et son oraison, on allume les cierges de l’Autel et on entonne solennellement l’hymne “Gloria in excelsis”, pendant que sonnent les cloches, selon les coutumes locales.

Note du webmaster : on peut rehausser la sonnerie des cloches du Gloria du Jeudi saint et de la Vigile pascale par l’utilisation simultanée de la clochette dans le chÏur, selon un usage connu. On rend ainsi la sonnerie présente au cÏur même de la célébration. Pour des raisons de commodité, on attendra que le prêtre ou le chantre ait finit d’entonner : la sonnerie de la clochette commencera en même temps que “Et paix sur la terre/Et in terra pax hominibus”. Si le sonneur ne pense pas pouvoir tenir pendant tout le Gloria, il est préférable qu’il ne s’arrête pas au hasard, mais en profitant de la fin d’une phrase, ou encore qu’il se fasse relayer par un deuxième sonneur muni d’une deuxième clochette.

09-06 La préparation pénitentielle

CE. 133. Le dimanche, à la place habituelle de l’acte pénitentiel, il sera très louable de faire une bénédiction et une aspertion d’eau.

Après la salutation, l’Evêque, debout à la cathèdre, tourné vers le peuple et ayant devant lui le bénititer avec de l’eau à bénir tenu par un ministre, invite le peuple à la prière après une brêve pause silencieuse, dit l’oraison de bénédiction. Là où la tradition populaire conseille d’utiliser du sel mélangé à l’eau bénite, l’Evêque bénit alors le sel, puis le plonge dans l’eau.

Note du webmaster : l’Eglise n’a jamais demandé la disparition du sel dans le rite de bénédiction de l’eau, en tout cas pas en Europe.

Prenant ensuite le goupillon au diacre, l’Evêque s’asperge et asperge les concélébrants, les ministres, le clergé et le peuple, traversant l’église selon l’opportunité, les diacres l’accompagnant.

Note du webmaster : on note ici une hiérarchisation de l’ordre de l’aspersion, depuis l’Evêque jusqu’à l’assemblée. Il y un parallèle à établir avec l’encensement, qui connaît une hiérarchisation identique.

Pendant ce temps on chant un chant qui accompagne l’apsersion.

(…)

Note du webmaster : il est donc clair qu’une aspersion sans chant est peu liturgique. Beaucoup objecteront avec raison que le choix des chants est extrêmement difficile pour la bonne raison qu’il n’existe pratiquement aucun chant convenant à cet instant. Il n’y a rien de plus vrai. Alors que le répertoire grégorien connaît deux versions d’ “Asperges me” et un “Vidi aquam” pour le temps pascal, le répertoire en français demeure désespérément vide, ou presque, puisqu’on ne trouve qu’un ou deux chants offrant des traductions approximatives, et qui de plus s’inspirent du “Vidi aquam” (J’ai vu l’eau), lequel ne convient qu’au temps pascal.
La balle est donc, depuis longtemps, dans le camp des compositeurs. En attendant, il reste à justifier la marginalisation des pièces grégoriennes…

CE. 132. [d] Lorsqu’on emploie la troisième formule de l’acte pénitentiel, les invocations sont déclamées par l’Evêque lui-même ou par un diacre, ou par un autre ministre apte.

Notes du webmaster : les invocations de la troisième formule sont confiées à l’évêque ou à un diacre et dans les paroisses, en vertu de CE 12, au célébrant. En effet, il s’agit-là d’une prière de médiation entre Dieu et les hommes, ce qui est la mission essentielle du prêtre. Il est donc clair que le “ministre apte” dont il est question doit présenter aux yeux des fidèles une préfiguration du sacerdoce : en conséquence il ne peut être un laïc de l’assemblée, mais au minimum un ministre en vêtement de choeur.
Aucun autre texte de Kyrie n’est permi en dehors de ces trois formules ci-dessus.
Une quatrième formule consiste à utiliser le rituel de l’aspersion avec le chant qui doit l’accompagner. Dans ce cas on récite le “Je confesse à Dieu”, mais pas le Kyrie, comme l’indique l’article 34 du Cérémonial de Evêques, ci-dessous.

CE. 134. Après l’acte pénitentiel, on dira le Kyrie, sauf si l’aspersion a été faite ou si la troisième formule de l’acte pénitentiel a été employée, ou s’il est statué d’une autre manière dans les rubriques.

IGMR. 52. Après la préparation pénitentielle, on commence le Kyrie, eleison, à moins que cette invocation n’ait déjà trouvé place dans la préparation pénitentielle. Puisque c’est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement accompli par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.

Note du webmaster : s’il n’y a pas d’aspersion, le Missel propose trois formules au choix :
– 1ère formule : récitation du “Confiteor” (Je confesse à Dieu), puis prière du “Kyrie”
– 2ème formule : le célébrant : “Seigneur accorde-nous ton pardon” ; l’assemblée : “Nous avons péché contre Toi” ; le célébrant : “Montre-nous ta miséricorde” ; l’assemblée : “Et nous serons sauvés”. Puis prière du “Kyrie”.
– 3ème formule : le célébrant “Seigneur Jésus, envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes, prends pitié de nous” ; l’assemblée : “Prends pitié de nous” ; le célébrant : “O Christ, venu dans le monde appeler tous les pécheurs, prends pitié de nous” ; l’assemblée : “Prends pitié de nous” ; le célébrant : “Seigneur, élevé dans la gloire du Père, où tu intercèdes pour nous” ; l’assemblée : “Prends pitié de nous”.
Cette formule mêle en une seule prière le rite pénitentiel et le “Kyrie eleison”, lequel ne doit alors pas être récité ensuite, comme le précise CE 134.

Chaque acclamation est ordinairement dite deux fois, mais cela n’exclut pas, (…) qu’on puisse la répéter davantage. Quand le Kyrie est chanté comme faisant partie de la préparation pénitentielle, on fait précéder d’un ” trope ” chaque acclamation.

Note du webmaster : la répétition de chaque phrase du Kyrie doit donc être dite au moins deux fois. Le but est de permettre la forme responsoriale, dite encore “antiphonée” , chÏur / assemblée. La triple répétitions de chacune des trois phrases (soit neuf membres) est la seule a être enracinée dans l’Histoire de l’Eglise, elle remonte pratiquement aux origines, notamment en Gaule.
En gardant la triple invocation, on peut recourir à différentes formes :
– trois fois en suivant l’alternance traditionnelle choeur/assemblée : “Kyrie” choeur/assemblée/choeur ; “Christe” assemblée/choeur/assemblée ; “Kyrie” choeur/assemblée/choeur. Cette forme convient particulièrement aux Kyrie grégoriens, si l’assemblée les connaît.
– trois fois l’alternance chantres / chÏur / assemblée. Cette forme permet à l’assemblée d’entendre deux fois la mélodie avant de la chanter. Elle ne convient pas aux Kyrie grégoriens, qui utilisent au moins une variation, par exemple dans la conclusion.
– trois fois l’alternance petit choeur / assemblée / grand choeur. Cette forme, peu fréquente, permet d’achever chaque invocation par une polyphonie plus développée, tout en ayant permi la participation de l’assemblée. Peu d’oeuvres permettent cette forme, qui nécessite souvent un montage astucieux à l’initiative du chef de choeur. Elle permet également le recours à certains Kyrie grégoriens avec une assemblée qui les connaît mal, en lui évitant la variation finale.

Chaque acclamation est composée du texte présenté par le Missel, qui doit rester intact et sans ajout. L’inclusion d’un tropaire bref ne prévoit qu’un seul texte, celui qui est également mentionnée par le Missel comme étant la troisième formule de l’acte pénitentiel.
Les tropaires, ou tropes, sont parfois très anciens : il s’agissait à l’origine d’un moyen pédagogique pour mémoriser les phrases musicales longues, et il furent introduits dans la liturgie, en particulier sur la dernière syllabe des Kyrie (d’où le sobriquet de “Kyrie farci”). Malgré leur inutilité liturgique et l’alourdissement qu’ils induisaient; ils devinrent très à la mode. Saint Pie V les fit supprimer, la réforme de 1964 a voulu en retrouver l’usage.
L’Histoire montre en tout cas que le trope n’est en aucun cas fait pour être lu : il est intimement lié au chant, et doit donc être omis plutôt que d’être récité.