Note du webmaster :
Normalement la messe est « chantée » ou « lue » (autrefois : « messe basse »). De nos jours, dans la forme ordinaire, on constate que toutes les messes sont partiellement chantées et partiellement lues. Cela provient d’abord de l’incapacité générale à chanter le propre de la messe, puisque le répertoire grégorien est évacué de la liturgique dans quasiment toutes les paroisses.
Mais déjà, bien avant la Réforme de la liturgie, on pratiquait ce qu’il faut appeler aujourd’hui les « messes lues avec orgue » et les « messe lues avec chants » (généralisées plus tardivement, au début du XXe s.). Durant les premières on mettait abusivement de l’orgue parfois quasiment sans interruption (seuls les deux acolytes répondaient au prêtre). Durant les secondes tout était récité, mais les fidèles ajoutaient quelques cantiques, et donc c’était une forme de messe abâtardie, qui n’a jamais été justifiée par les rubriques.
Ce modèle a cependant été entretenu après le Concile, mais en adoptant bien des anomalies, ce qui fait qu’aujourd’hui il est impossible de faire la différence entre une messe « lue avec chant » et une messe « chantée avec des textes récités ».
Cette confusion est regrettable, mais elle est la conséquence logique du Missel actuel, qui n’a été réalisé que pour la messe lue, forme qui n’est pas acceptable les dimanches et fêtes, ce qui pousse à chanter autant que possible à ces moments, mais sans qu’il s’agisse d’une réelle « messe chantée », ce qui fait qu’on ne sait plus vraiment ce qu’on fait.
Aujourd’hui, il ne reste qu’une solution pour déterminer si une messe est chantée, c’est d’appliquer le critère qui vient de la pratique léguée, à savoir qu’une messe avec encensement est une messe solennelle chantée (ce qui implique aussi qu’au minimum tous les dialogues et l’ordinaire sont chantés). Pourquoi ? Parce que dans la forme de référence de la liturgie, l’antienne d’entrée dure le temps de l’encensement de l’autel, et identiquement pour l’offertoire.
Sauf que :
– l’encensement de l’autel à l’entrée est facultatif, tandis que, factuellement, l’antienne d’entrée n’est jamais chantée (car on ne sait pas le faire hors du répertoire grégorien)
– l’encensement des offrandes et de l’autel est souvent réduit à peu de chose, tandis que l’antienne d’offertoire a carrément disparu du Missel (!) puisqu’il est prévu seulement pour la messe lue.
Ces deux repères ayant disparu de la pratique courante, on a perdu de vue que le chant du propre, à l’entrée et à l’offertoire, est couplé à l’encensement. Pourtant, c’est bien le cas. Il faut donc réajuster le repère : si on encense durant la messe, alors il faut pratiquer l’encensement complet afin de retrouver le rythme fondamental de la liturgie à ces moments. Ce qui ne va pas sans poser une difficulté, car à défaut d’antienne d’entrée chantée (répertoire grégorien) on ne sait pas trop quoi chanter à ce moment si on a déjà chanté le chant d’entrée pendant l’arrivée du cortège. C’est là qu’on voit la nécessité de mettre de l’orgue à ce moment : le chant d’entrée trouve alors sa place pendant l’encensement de l’autel, exactement comme on le fait avec l’antienne grégorienne (à cause de l’aspersion le dimanche, mais c’est un autre sujet !).
En faisant l’effort de chanter tout ce qui peut l’être, afin de retrouver la vraie « messe chantée », le vrai rythme de la liturgie de la messe solennelle chantée apparaît et l’on peut alors retrouver, par effet de contraste, le vrai rythme de la messe lue en semaine. Cela demande certainement un effort d’adaptation de compréhension, mais, une fois fait, le bénéfice est réel dans le grand rythme de la vie liturgique paroissiale.