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4.05 La Séquence

  • CLP 

IGMR 64. La séquence, qui est ad libitum sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l’alleluia.

Notes du webmaster :

Il est explicitement indiqué, dans la 3ème édition typique du Missel (2002) que la séquence se chante avant l’alleluia. Cette nouveauté est apparue soudainement, sans aucune explication, et sans que le Magistère de l’Eglise se soit exprimé publiquement à ce sujet, ce qui est assez troublant… Si on remonte assez loin dans les siècles, on peut trouver une période ancienne où les séquences pouvaient être confondues avec les proses (voir en bas de page), et cette raison serait suffisante, aux yeux de quelques uns, pour bousculer les pratiques admises depuis 200 à 300 ans.

Le prétexte ne semble pas suffisant, surtout au regard des complications qu’il entraîne, puisque les livres grégoriens conservent la disposition antérieure, parfaitement logique, qui est :
– antienne « Alleluia »
– verset de l’alleluia
– omission de la reprise de l’antienne pour passer directement au chant de la séquence
– ajout de « Alleluia » après l’amen final.

Déjà, les livres de Solesmes selon la réforme avaient carrément supprimé le magnifique Amen final des séquences (là encore sans aucune explication). Ces destructurations successives causent une perte de sens, et posent la question d’une instabilité croissante des rubriques, typiques du XXe s, et plutôt exaspérantes du point de vue des musiciens !

Et pour conclure : « sequence » signifie « ce qui suit », ce qui indique bien la place de ce chant. Si ce qui suit est placé avant, qui peut comprendre ?

Les séquences sont « Ad libitum », c’est-à-dire facultatives. Dit autrement : on pourrait placer une séquence à chaque messe du dimanche, cela resterait parfaitement liturgique, même si ce serait difficilement accepté, et de toutes façons c’est infaisable puisque les pièces en question sont enfouies dans des archives maintenant très anciennes. Deux séquences restent obligatoires : « Victimae Paschali laudes » pour le jour de Pâques ; et « Veni Sancte Spiritu » pour la Pentecôte.

Tandis qu’il est devenu facile de se procurer un chant en français du « Veni Sancte Spiritu », il faut reconnaître que les compositeurs français de la seconde moitié du XXe siècle ont complètement omis le « Victimae Paschali laudes ». Dans les endroits où le latin est encore mal reçu, on se heurtera donc à une grande difficulté dans la mesure où le texte doit être une traduction exacte (et non un pastiche) et qu’on ne doit en aucun cas y intercaler un refrain. La où le latin entraîne des réactions regrettables, il vaudra mieux trouver une traduction sérieuse et l’adapter à une cantillation réalisée par un musicien rompu à cet exercice.


Les séquences, qui se sont multipliées au Moyen-Age, on pratiquement disparu lors d’une uniformisation survenue au XIXe siècle. L’ancienne appellation « prose » est encore popularisé par celle de la « Dédicace » de N.-D. de Paris, dont une partie de la musique, écrite au XIIe s. par Adam de Saint-Victor, a fait le succès du chant « Eglise du Seigneur » («Peuple de Dieu, Cité de l’Emmanuel…»). Malheureusement cette adaptation en français a été amputée des 2/3 de la mélodie, qui comprend des variations magnifiques conférant à l’ensemble une architecture musicale remarquable, laquelle a été sabotée sans vergogne.