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Fiducia supplicans : les méandres du Pape François

Le présent site est voué au chant liturgique et à la musique sacrée. Il ne devrait pas s’aventurer hors de ce sujet. Mais est-il possible de rester indifférent lorsque la maison brûle ?

Le pape François avait donné le ton le jour même de son élection : au lieu de bénir la foule, en respectant un usage séculaire,  il s’était incliné vers elle en demandant à renverser les rôles. Le ton était donné. Bergoglio aura toujours du mal à être pape, et fera en sorte que cela se sache : refus du logement du pape, soutane approximative, tempérament orageux… mais s’il ne s’agissait que cela…

Avec Fiducia supplicans, le Pape François promeut la bénédiction des couples homosexuels, introduisant en plein cœur de l’Eglise une fracture impensable à notre époque. Or cet effet secondaire est peut-être bien plus grave que l’instruction du Pape.

Tout d’abord n’importe quel catholique correctement formé sait qu’on prêtre peut bénir quasiment tout : un objet, un terrain, une maison, des animaux, une personne, un couple ou un groupe de personnes. Mais la faute du Pape François est non seulement de contredire la pratique séculaire du christianisme, mais aussi le Droit Canon, et plus invraisemblable encore, il contredit l’Ecriture Sainte, pour être précis : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination » (Lévitique 18:22). Un pape qui contredit la Bible.

Bien entendu, certains font les malins en citant d’autres extraits du Lévitique ou de l’Exode qui préconisent la lapidation, l’esclavage, etc, afin de dévaloriser ces textes. L’auteur du texte original n’est certainement pas chrétien, puisqu’il ignore que l’Evangile abroge tout ces prétextes. Sauf… Lévitique 18:22 !

Mais revenons au sujet : soyons clairs, un prêtre peut bénir n’importe qui, y compris un homosexuel. Car étymologiquement, « bénédiction » signifie « dire du bien », et le prêtre le fait au nom de Dieu. En revanche, comment expliquer qu’un prêtre puisse bénir un couple homosexuel en tant que tel, alors que Lévitique 18:22 condamne la sexualité homosexuelle ?  (Notez bien : la Bible condamne la pratique, elle ne condamne en aucun cas l’état de la personne. Bien peu le comprennent). Ainsi le prêtre peut contredire la Bible ? Quelques évêques le pourraient-ils parmi les prélats français ?

Mais alors s’agissant du Pape, comment qualifier cette amnésie scripturaire ? Encore, le Pape François serait atteint de la maladie d’Alzheimer, il serait exempt de toute culpabilité… Mais il agit sciemment !

Rappelons un principe séculaire : le pape est « infaillible » lorsqu’il parle de la foi et des mœurs (et non sur d’autres sujets). Or dans le cas qui nous préoccupe, le Pape François met en pièce l’infaillibilité puiqu’il contredit un verset de l’Ancien Testament relatif au mœurs.

Les conséquences…

On peut parier que les bénédictions de couples illégitimes seront rares et discrètes. Les dégats, dans une paroisse pouvant être calamiteux, le premier d’entre eux étant la fuite des fidèles, qui iront à la messe ailleurs ! Avec 40% de quête en moins chaque dimanche (car les montants diminueront aussi !), on verra vite qui tiendra ses positions…

Mais le plus grave est le risque de fracture dans l’Eglise. Un pontife qui divise au cœur de l’Eglise alors que sa mission est de l’unifier ? Le Pape François se gausse des schismes : il les évoque comme un feuilleton intéressante. L’unité ? Mais pour quoi faire ?…

… Et l’inconséquence !

Mais n’oublions pas, le Pape François est le spécialiste des initiatives inachevées. Souvenons-nous :

– les femmes diacres : brièvement évoqué en 2016 pour faire plaisir à quelques militantes, surtout allemandes, qui réclament l’accès au sacerdoce ordonné… Il a annoncé l’ouverture de discussions. Dont tout le monde savait qu’il n’en sortirait pas grand chose. En 2020 il a relancé une nouvelle commission. La première semble avoir fait flop. L’accueil dans les paroisses aura peut-être du succès chez les anciens de Mai 68, mais depuis une quinzaine d’années, les générations suivantes veulent le retour au classicisme. Qui veut l’ignorer se prépare de sérieuses désillusions…

– exhortation apostolique « Amoris lætitiæ » : la possibilité « d’annuler » les mariages et de donner la communion aux couples illégitimes, voilà qui ne pouvait que semer le trouble. Le Pape François le savait, alors pourquoi tant d’imprudence ? Aucun sacrement ne peut être annulé, pas plus celui du mariage que n’importe quel autre. Et le sacrement eucharistique ne peut être donné à des personnes en état de péché grave. Après avoir excité beaucoup de canonistes, notamment en Europe, Amoris lætitiæ est tombé dans l’oubli. Ce n’est même plus un sujet pour les catholiques. Il marquera surtout l’histoire par les contestations très documentées dont le texte a fait l’objet : 7 hérésies selon 62 signataires, 5 « doutes » selon 5 cardinaux qui n’ont jamais reçu de réponses, et enfin, en 2023, dix nouveaux « doutes » émis par l’Eglise tchèque.

Et maintenant la bénédiction des couples homosexuels.

Il est un fait indubitable : le Pape François ne craint pas de diviser les catholiques, et donc l’Eglise. On tient pour certain que les cardinaux, lors de l’élection du pape, bénéficient d’une assistance spéciale du Saint Esprit. Ce qui voudrait dire que Dieu a voulu cette complication, et si c’est le cas, alors le signe est puissant.