07-03 Choix des textes et manière de les traiter

Modifier la liturgie relève de la hiérarchie

SC. 22.
1. Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Eglise ; il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque.

Note du webmaster : “Siège Apostolique” : symbole du siège de saint Pierre où se succèdent les papes.
L’expression “dans les règles du droit, à l’évêque” signifie que l’évêque dispose d’un certain pouvoir pour influer sur la liturgie, mais selon des marges restreintes et précises.
(…)

3. C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut de son propre chef, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.

Note du webmaster : par “enlever ou changer” SC ne vise pas seulement les parties de la Messe ou quelques éléments, mais aussi les détails. Par exemple : puisqu’il est prévu que l’autel soit paré de cierges, on ne doit pas dire la messe sans cierges sauf empêchement majeur. Autre exemple : même un prêtre n’a pas le droit de changer un mot des textes du Missel, qui ne sont pas des propositions mais bien des obligations. Ceci vaut aussi pour les fidèles.

DMS. 21. a) Il est rigoureusement interdit de changer en quelque façon que ce soit l’ordre des textes à chanter, d’en altérer ou omettre des paroles ou de les répéter d’une façon qui ne convient pas. (…).

Note du webmaster : de même que le Notre Père, le Gloria et le Credo sont des prières qui se lisent et se chantent de manière linéaire. C’est une déviation que d’y adjoindre un refrain, chose que DMS 21 ne permet pas. Dans l’ordinaire de la messe, seul le psaume peut se voir adjoint un refrain. Le Kyrie peut voir chacune des invocations répétées jusqu’à trois fois, selon un usage ancien, et l’une des formules du rite pénitentiel prévoit d’y insérer des tropes. Quant à l’Agnus Dei, il ne possède pas à proprement parler un refrain, mais est structuré plutôt selon une forme litanique et peut être répété plus de trois fois, sauf l’invocation finale qui demeure unique.

IGMR. 352. (…)
Puisque des facultés multiples sont offertes pour le choix des diverses parties de la messe, il est nécessaire qu’avant la célébration, le diacre, les lecteurs, le psalmiste, le chantre, le commentateur, la chorale, chacun pour sa partie, sache bien quel texte, en ce qui le concerne, va être employé, et que rien ne soit laissé à l’improvisation du moment. Une organisation et une exécution harmonieuse des rites facilitent beaucoup, en effet, la participation profonde des fidèles à l’Eucharistie.

Les différentes formules (prières dites ou chantées en commun) au cours de la messe

PGMR. 17. [parmi les formules de la messe] :
a) certaines constituent un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, comme l’hymne Gloria, le Psaume responsorial, l’Alleluia et le verset avant l’Evangile, le Sanctus, l’acclamation d’anamnèse, le chant après la communion.
b) certaines, comme les chants d’entrée, d’offertoire, pour la fraction (Agneau de Dieu) et de communion sont l’accompagnement d’un rite.

Note du webmaster : ceci ne doit pas faire perdre de vue une autre hiérarchie qui couvre les chants, qui est la distinction entre le chant du propre (textes propres au jour), dont le texte peut varier, voire être omis, excepté les antiennes d’entrée, d’offertoire et de communion qui au minimum doivent être récitées, et le chant du commun (commun à tous les jours, appelé aussi “kyriale” dans la version latine) et qui, s’il peut n’être que récité, ne peut en aucun cas être modifié d’un seul mot.

Conditions de choix des lectures

IGMR. 356. Pour choisir les textes des différentes parties de la messe, aussi bien du Temps que des saints, on observera les normes qui suivent :

IGMR. 357. Trois lectures sont assignées aux dimanches et jours de fête : le Prophète, l’Apôtre et l’Evangile, qui font comprendre au peuple chrétien la continuité de l’�uvre du salut, selon l’admirable pédagogie divine. Ces lectures doivent être strictement utilisées. (…)

IGMR. 358. Dans le lectionnaire férial, sont proposées des lectures pour chaque jour de chaque semaine pendant toute l’année : par conséquent, ce sont ces lectures qu’on prendra le plus souvent, les jours auxquels elles sont assignées, à moins qu’il n’y ait ce jour-là une solennité ou une fête, ou une mémoire avec des lectures propres du Nouveau Testament, c’est-à-dire où l’on trouve mention du saint célébré.
(…)
Dans les messes pour des groupes particuliers, il est permis au prêtre de lire des textes mieux adaptés à la célébration particulière, pourvu qu’on les choisisse dans un lectionnaire approuvé.

Note du webmaster : c’est bien le prêtre célébrant qui seul peut décider, pour raisons pastorales, de changer le texte de la lecture. Personne d’autre ne peut s’arroger cette faculté, et de plus le prêtre ne pourra utiliser un autre livre que le lectionnaire en vigueur. Voir aussi IGMR 359 et 362, qui vont dans le même sens.

IGMR. 359. En outre, on offre un choix particulier de textes de la sainte Ecriture pour les messes au cours desquelles on célèbre des sacrements ou des sacramentaux, ou bien qui sont célébrées pour certains besoins.
(…)

PGMR. 362. (…) il est loisible aux Conférences épiscopales, dans des circonstances particulières, d’indiquer certaines adaptations en ce qui concerne les lectures, mais en observant cette loi que les textes en soient choisis dans un lectionnaire dûment approuvé.

Note du webmaster : avec les articles 319, 320 et 325 de la PGMR, on voit que les lectures ne peuvent être prises dans aucun autre livre que le lectionnaire officiel, même lors d’un mariage ou d’un enterrement (ceci n’empêche évidemment pas de placer un texte étranger au lectionnaire avant ou après la messe).
 D’autre part, seule la Conférence des Evêques, puis les prêtres dans une moindre part, ont le droit de décider de déroger aux lectures prévues pour un jour précis. On voit que dans ce domaine bien des libertés sont prises de manière abusive. 
Il faut ici signaler que ne sont pas des “lectionnaires dûment approuvés” les publications telles que “Prions en l’Eglise”, “Magnificat” ou encore les “Fiches dominicales” dites “de St-Brieuc”, et qu’il n’est pas admissible de les utiliser en remplacement du lectionnaire normal. Les éditeurs de ces périodiques n’ont d’ailleurs pas cette prétention. Il suffit pour s’en convaincre de lire la mention portée au bas de la deuxième page de couverture de “Prions en l’Eglise”.

Façon de prononcer les différents textes

PGMR. 18. Dans les textes qui doivent être prononcés clairement et à voix haute par le prêtre, par les ministres, ou par tous, le ton de voix doit répondre au genre du texte lui-même, selon qu’il s’agit d’une lecture, d’une oraison, d’une monition, d’une acclamation ou d’un chant (…)