07-05 Distinction du degré de participation au chant

MS. 10. (…) il est bon, dans la mesure du possible, de varier heureusement les formes de célébrations et les degrés de la participation elle-même, en tenant compte de la solennité du jour et de l’importance de l’assemblée.

Note du webmaster : la nécessité de faire vivre aux fidèles le calendrier liturgique passe aussi par une variation de l’importance du chant. Il n’est vraiment pas utile de chanter de la même manière une messe de solennité et une messe du dimanche ordinaire. A contrario, il est même intéressant de ne presque rien chanter lors des messes de semaine dépourvues d’occasions particulières, afin que les occasions festives puisse ainsi sortir de l’ordinaire. 
Bien souvent l’habitude s’est prise de toujours chanter, à toutes les messes, y compris en semaine ; d’une part il devient dès lors plus difficile de mettre en relief les fêtes et les solennités, et d’autre part le chant tombe dans la routine, d’autant plus que l’on finit par utiliser sans cesse les mêmes chants. 
Il est évident aussi qu’il n’est pas utile de vouloir faire chanter une assemblée trop peu nombreuse, puisque dans ce cas les fidèles ne pourront pas se conforter mutuellement de manière efficace. C’est bien ce que traduit MS 10 en faisant de “l’importance de l’assemblée” un critère déterminant.

MS. 28 [b] Cependant, pour des raisons pastorales, des degrés de participation sont proposés pour la messe chantée, de telle sorte qu’il soit désormais plus facile, selon les ressources dont dispose chaque assemblée, de rendre la célébration de la messe plus solennelle grâce au chant.
L’usage de ces degrés de participation sera réglé de la manière suivante :
– le premier degré peut être employé seul.
– le deuxième et le troisième degrés ne seront employés, intégralement ou partiellement, qu’avec le premier degré. Ainsi les fidèles seront toujours orientés vers une pleine participation au chant.

MS. 29. Appartiennent au premier degré :
a) Dans les rites d’entrée :
– la salutation du prêtre avec la réponse du peuple
– la prière.
b) Dans la liturgie de la Parole :
– les acclamations à l’Evangile
c) Dans la liturgie eucharistique :
– la prière sur les offrandes
– la préface, avec son dialogue et le Sanctus
– la doxologie finale du canon
– la prière du Seigneur, avec sa monition et son embolisme ;
– le Pax Domini ;
– la prière après la communion ;
– les formules de renvoi

MS. 30. Appartiennent au second degré :
– le Kyrie, le Gloria, et l’Agnus Dei ;
– Le Credo ;
– la prière universelle

MS 31. Appartiennent au troisième degré :
– les chants après la lecture ou l’épître ;
– l’Alleluia avant l’Evangile ;
– le chant d’offertoire ;
– les lectures d’Ecriture sainte, à moins qu’on ne juge plus opportun de les proclamer sans les chanter.

Note du webmaster : ces “degrés” sont complètement oubliés dans le vocabulaire liturgique d’aujourd’hui, et dérangeraient sérieusement les habitudes si on les appliquait : si on s’en tient au Premier degré seul, l’assemblée chante les dialogues avec le prêtre et le Sanctus, tandis que le Kyrie, le Gloria, le Credo et l’Agnus Dei sont chantés seulement par un chœur polyphonique (car si le chœur est grégorien, la non-participation de l’assemblée va de soi, du moins en principe).
On voit aussi que si on applique le Premier et le Second degré, mais pas le Troisième, alors l’assemblée ne chante pas l’Alleluia, qui est interprété seulement par le chœur.


Ces degrés semblent pouvoir être appliqués librement, mais la tradition – éprouvée par un sens pratique évident – montre que le degré de participation est proportionné avec le degré de solennité des messes. Par exemple, chanter les lectures et l’Evangile devrait être réservé au degré de solennisation le plus élevé.

Il reste cependant que certaines de ces préconisations laissent perplexe : s’agissant de “degré de participation”, on se demande pourquoi le Troisième degré intègre le chant de l’Ecriture Sainte, à laquelle les fidèles ne participent sûrement pas ! On peut donc en conclure que MS 30, 31 et 32 ont été rédigés par un théoricien de la liturgie, et non par un curé expérimenté.

Hiérarchie des parties chantées durant la messe

MS. 7. (…) en choisissant les pièces qui seront chantées, on accordera le premier rang à celles qui, par nature, ont plus d’importance :
– tout d’abord les parties qui doivent être chantées par le prêtre célébrant ou par les ministres avec réponse du peuple ;
– puis les chants qui reviennent au prêtre et au peuple en même temps ;
– on ajoutera ensuite progressivement les pièces qui sont propres au peuple seul ou au seul groupe des chanteurs.

Note du webmaster : de ceci il apparaît clairement que c’est une déviation que de donner la priorité aux chants de l’assemblée seule. En effet, l’Eglise n’existe pas par le seul fait du rassemblement dominical du peuple, mais plutôt parce qu’il y a un dialogue voulu par le Christ entre Lui et l’assemblée, et ce par l’intermédiaire de la médiation du prêtre qui bénéficie pour cette raison de toutes les priorités dans la liturgie.