02-3 Autorité du clergé sur les artistes

RESPECT DU PAR LES ARTISTES AUX CANONS DE L’ART SACRE, ET A L’AUTORITE DES EVEQUES

SC. 124. Les Ordinaires veilleront à ce que, en promouvant et favorisant un art véritablement sacré, ils aient en vue une noble beauté plutôt que la seule somptuosité. Ce que l’on entend aussi des vêtements et des ornements sacrés.
Les évêques veilleront aussi à ce que les oeuvres artistiques qui sont inconciliables avec la foi et les moeurs ainsi qu’avec la piété chrétienne, qui blessent le sens vraiment religieux, ou par le dépravation des formes ou par l’insuffisance, la médiocrité ou le mensonge de leur art, soient nettement écartées des maisons de Dieu et des autres lieux sacrés.
(…)

SC. 127. Les évêques, par eux-mêmes ou par des prêtres capables, doués de compétence et d’amour de l’art, s’occuperont des artistes pour les imprégner de l’esprit sacré et de la liturgie.
(…)
Mais tous les artistes, qui, conduits par leur talent, veulent servir la gloire de Dieu dans la sainte Eglise, se rappelleront toujours qu’il s’agit d’imiter en quelque sorte le Dieu créateur, et de produire des oeuvres destinées au culte catholique, à l’édification des fidèles ainsi qu’à leur piété et à leur formation religieuse.

INSTRUCTION DES PRETRES SUR L’ART SACRE, EN VUE DE GUIDER LES ARTISTES

SC. 129. Les clercs, pendant le cours de leurs études philosophiques et théologiques, seront instruits (…) afin (…) qu’ils soient capables de donner des conseils appropriés aux artistes dans la réalisation de leurs oeuvres.

Le choeur de l’église

CE. 50. [a] Le choeur, c’est-à-dire le lieu où l’Evêque, les prêtres et les ministres exercent leur ministère, sera distingué avec opportunité de la nef de l’église soit par une élévation soit par une structure propre et ornée, afin qu’il reflète la fonction hiérarchique des ministres de par sa disposition. Il sera de telle amplitude que les rites soient effectués commodément et puissent être vus.
Dans le choeur, le siège, ou banquette ou escalier, est disposé de façon à ce que l’on voit les concélébrants, les chanoines et prêtres qui ne concélebreraient pas assistant en habit de choeur, et aussi les autres ministres de ce lieu, et à ce que se reflètent ainsi la fonction des offices propres à chacun.

RLDE. I E. Si l’on rapproche l’autel majeur de la nef, il convient qu’il soit entouré par un sanctuaire «assez vaste pour permettre d’accomplir commodément les rites sacrés» (Instruction [Inter Å“cumenici] n° 91) et aussi pour manifester le caractère sacré de l’autel.
La séparation entre la nef et le sancutaire peut être marquée en outre de diverses façons, par exemple, par des degrés, ou encore une légère clôture. La balustrade (ou cancel), sans être absolument nécessaire, demeure traditionnelle. Là où elle existe, et surtout si elle est ancienne ou de qualité, on ne s’empressera pas de la supprimer. Elle est souvent utile comme appui pour permettre aux personnes âgées ou infirmes de s’agenouiller et de se relever plus commodément.
(…)

Note du webmaster : ce texte montre clairement que la réforme n’a pas remplacé la communion à genoux par la communion debout, mais que les deux modes peuvent être pratiqué. Ceci a été confirmé en 1980 par l’instruction Inestimabile Donum à l’article 11. C’est pourquoi rien ne peut justifier la suppression de la table de communion, qui symbolise fort bien la Table du Seigneur.

TLS. Introduction. (…) Rien ne doit se présenter dans le temple qui trouble ou même seulement diminue la piété et la dévotion des fidèles (…) qui soit indigne de la maison de prière, de la majesté de Dieu. (…).

La conservation des oeuvres d’art

SC. 126. (…) Les Ordinaires veilleront avec zèle à ce que le mobilier sacré ou les oeuvres de prix, en tant qu’ornements de la maison de Dieu, ne soient pas aliénés ou détruits.

RLDE. II 1. Le curé n’est pas propriétaire de son église, ni du mobilier de celle-ci. Il n’en est que le gardien et le gestionnaire. Les édifices et le mobilier peuvent appartenir à l’Etat et parfois être remis à la garde du Service des monuments historiques ; ils appartiennent aux communes dans la plupart des cas ou à différentes associations (associations diocésaines, congrégations, etc.) ; en tout cas, ils appartiennent, au moins moralement, à la communauté paroissiale. En outre, ils relèvent toujours de l’autorité diocésaine. Le curé ou l’administrateur ne sont donc nullement libres de les modifier à leur gré ; encore moins de les aliéner, fût-ce pour se procurer des ressources (…).

RLDE. II 3. Des dispositions architecturales ou mobilières, des objets de culte ou de piété, des éléments décoratifs qui nous semblent démodés, peu accordés à l’esprit de la réforme liturgique, peuvent avoir, sans que nous le sachions, une véritable valeur artistique, être des éléments précieux du patrimoine religieux et national. Peur destruction, leur aliénation, leur transformations inconsidérées et indues peuvent constituer de véritables actes de vandalisme, contre lesquels l’autorité publique et l’opinion des milieux artistiques s’élèvent à bon droit. Il serait regrettable que de pareilles fautes individuelles soient attribuées à l’influence de la réforme liturgique et servent à la déconsidérer.

RLDE. III 4. Certaines suppressions (par exemple d’un retable ou d’un tabernacle monumental), certains renouvellements (par exemple le décapement ou la peinture des murailles), certaines améliorations pastoralement souhaitable (par exemple le déplacement d’un autel majeur situé loin des fidèles) semblent faciles à réaliser immédiatement. Mais leur accomplissement irréfléchi peut détruire irrémédiablement une harmonie, un équilibre voulus par le constructeur ou réalisés peu à peu dans la patience et la continuité par tous ceux qui, jadis, ont entretenu et embelli un sanctuaire.

RLDE. III 5. Certains de nos prédécesseurs ont pu, dans un passé plus ou moins lointain, commettre des actes de « vandalisme », par exemple en n’observant pas les lois fondamentales de proportion et d’harmonie. Ce n’est pas une raison pour en faire autant, le plus souvent avec de moindres garanties de qualité. Tel autel classique, harmonieux en lui-même, s’accordait peut-être beaucoup mieux à cette église gothique que tel autel moderne et fonctionnel, aux lignes sèches et grêles, que nous projetons de lui substituer.

RLDE. III 6. Même des ensembles médiocres, d’assez mauvaise époque, peuvent réaliser une certaine harmonie, une justesse de proportions, d’éclairage et de couleurs que nous risquons d’endommager par des suppressions partielles ou hâtives. A plus raison l’nelèvement de nombreuses statues créera, dans un ensemble de style baroque, une impression pénible de vide, de nudité, d’indigence.

RLDE. III 7. On ne saurait trop mettre en garde contre une hantise de nudité, ou contre une volonté intempérante de pauvreté évangélique. (…) Certaines églises finissent, à force de simplifications et de suppressions, par ressembler à des salles de conférences et par perdre complètement cette chaleur, cette ambiance de splendeur et de gloire qui évoque la Jérusalem céleste, préfigurée par nos églises.

Le tabernacle

IGMR 314. En fonction des données architecturales de l’église et conformément aux coutumes locales légitimes, la Sainte Eucharistie sera conservée dans un tabernacle placé en un lieu très noble et insigne, bien visible et bien décorée, et permettant la prière123.

Le tabernacle sera normalement unique, inamovible, fait d’un matériau solide et à l’abri de toute violation, non transparent et fermé, de telle façon que soit évité au maximum tout danger de profanation. Il convient de plus que le tabernacle soit béni avant d’être mis à l’usage liturgique selon le rite prévu dans le Rituel romain.

IGMR. 315. En raison du signe, il convient que, sur l’autel où la messe est célébrée, il n’y ait pas le tabernacle où le Saint Sacrement est conservé.

Dès lors, il importe que le tabernacle soit placé, au jugement de l’évêque diocésain :
a) soit dans le sanctuaire, en dehors de l’autel de la célébration, sous la forme et dans le lieu qui conviennent, sans exclure l’ancien autel qui ne servira plus à la célébration (cf. n. 306) ;
b) soit encore dans un oratoire adapté à l’adoration et à la prière des fidèles127, qui soit organiquement lié à l’église et bien visible des fidèles.

ID. 24. Le tabernacle, où l’on conserve l’Eucharistie, peut être placé sur un autel, ou même hors d’un autel, en un endroit de l’église qui soit très visible, vraiment digne et dûment orné, ou encore dans une chapelle adaptée à la prière privée et à l’adoration des fidèles.

ID. 25. Le tabernacle doit être solide, inviolable, non transparent. La présence de l’Eucharistie y sera signalée par le conopée ou d’une autre façon déterminée par l’autorité compétente, et devant le tabernacle devra brûler en permanence une lampe, en signe d’honneur rendu au Seigneur.

IGMR. 316. Selon la coutume traditionnelle, une lampe spéciale, alimentée d’huile ou de cire, brillera perpétuellement près du tabernacle, en signe d’honneur près de la présence du Christ.

ID. 26. Devant le Saint-Sacrement, qu’il soit enfermé dans le tabernacle ou exposé publiquement, on conservera la coutume vénérable de faire la génuflexion en signe d’adoration. Il faut donner une âme à ce geste. Afin que le coeur s’incline avec un profond respect devant Dieu, la génuflexion ne sera fait ni d’une manière empressée, ni d’une manière distraite.

ID. 27. Si quelqu’un a été introduit en contradiction avec les dispositions ci-dessus, on doit le corriger.

RLDE. IV. «La Sainte Eucharistie sera conservée dans un tabernacle solide et inviolable, placé au milieu de l’autel majeur ou d’un autel mineur, mais qui surpasse vraiment tous les autres. Selon les coutumes légitimes et dans des cas particuliers que doit approuver l’Ordinaire du lieu, elle pourra aussi être placée dans un autre lieu de l’église, très noble et bien décoré. Il est permis de célébrer la messe face au peuple, même s’il y a sur l’autel un tabernacle, petit sans doute, mais convenable.» (Instruction Inter œcumenici, art. 95.)
Etant donné qu’il est préférable de disposer l’autel majeur de façon à permettre la célébration face au peuple, on a donc, dans cette hypothèse, le choix entre deux solutions : ou mettre la sainte Réserve en dehors de l’autel majeur ou placer sur celui-ci un tabernacle de petite dimension. Il semble que, chaque fois qu’on pourra aménager un lieu convenable pour la sainte Réserve en dehors de l’autel majeur, il sera préférable de le faire, car un tabernacle de trop petites dimensions risque de ne pas répondre aux exigences du culte eucharistique.
Le tabernacle pourra dès lors recevoir des dimensions plus amples et on pourra créer autour de lui les conditions propices à l’adoration de la sainte Eucharistie.
(…)
On notera que si l’Instruction Inter œcumenici permet de placer la sainte Réserve en dehors d’un autel, c’est «selon les coutumes légitimes et dans des cas particuliers que doit approuver l’Ordinaire du lieu». Parmi ces cas particuliers on peut noter celui d’une chapelle de dimensions restreintes, où il est difficile à la fois de placer le tabernacle sur l’autel face au peuple, et d’ériger un second autel.
Cette dernière recommandation ne peut concerner que les chapelles nouvelles. Dans des chapelles pourvues d’un autel « dos au peuple » ce texte suggérerait l’édification d’un troisième autel, alors qu’il est question de dimensions restreintes. Ou bien on aurait alors détruit l’autel ancien, ce qui risquerait fort d’entrer en contradiction avec de nombreuses directives (voir à « Conservation des oeuvres d’art »).

L’autel

Conservation des autels anciens et préservation du style du choeur

RLDE. III 4. Certaines suppressions (par exemple d’un retable ou d’un tabernacle monumental), certains renouvellements (par exemple le décapement ou la peinture des murailles), certaines améliorations pastoralement souhaitable (par exemple le déplacement d’un autel majeur situé loin des fidèles) semblent faciles à réaliser immédiatement. Mais leur accomplissement irréfléchi peut détruire irrémédiablement une harmonie, un équilibre voulus par le constructeur ou réalisés peu à peu dans la patience et la continuité par tous ceux qui, jadis, ont entretenu et embelli un sanctuaire.

RLDE. III 5. Certains de nos prédécesseurs ont pu, dans un passé plus ou moins lointain, commettre des actes de « vandalisme », par exemple en n’observant pas les lois fondamentales de proportion et d’harmonie. Ce n’est pas une raison pour en faire autant, le plus souvent avec de moindres garanties de qualité. Tel autel classique, harmonieux en lui-même, s’accordait peut-être beaucoup mieux à cette église gothique que tel autel moderne et fonctionnel, aux lignes sèches et grêles, que nous projetons de lui substituer.

RLDE. III 6. Même des ensembles médiocres, d’assez mauvaise époque, peuvent réaliser une certaine harmonie, une justesse de proportions, d’éclairage et de couleurs que nous risquons d’endommager par des suppressions partielles ou hâtives. A plus forte raison l’enlèvement de nombreuses statues créera, dans un ensemble de style baroque, une impression pénible de vide, de nudité, d’indigence.

RLDE. III 7. On ne saurait trop mettre en garde contre une hantise de nudité, ou contre une volonté intempérante de pauvreté évangélique. (…) Certaines églises finissent, à force de simplifications et de suppressions, par ressembler à des salles de conférences et par perdre complètement cette chaleur, cette ambiance de splendeur et de gloire qui évoque la Jérusalem céleste, préfigurée par nos églises.

L’autel : ses caractéristiques

IGMR 298. Il convient que dans toutes les églises, il y ait un autel fixe, qui signifie, de manière claire et permanente, le Christ Jésus, pierre vivante (1P 2, 4 ; cf. Ep 2,20) ; mais dans les autres lieux destinés aux célébrations sacrées, l’autel peut être mobile.

L’autel est appelé fixe, s’il est construit de telle sorte qu’il adhère au pavement et ne puisse donc pas être déplacé ; on l’appelle mobile s’il peut être déplacé.

IGMR 300. L’autel, fixe ou mobile, sera dédicacé selon le rite du Pontifical romain ; cependant, l’autel mobile pourra être simplement béni.

IGMR 302. On gardera l’usage de déposer sous l’autel, pour sa dédicace, des reliques de saints, même non martyrs. On veillera cependant à vérifier l’authenticité de ces reliques.

IGMR 303. Dans la construction des églises nouvelles, il importe de n’élever qu’un autel, pour qu’il soit signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Eglise.

Dans les églises déjà construites, lorsque la situation de l’ancien autel rend difficile la participation du peuple et qu’on ne peut le déplacer sans porter atteinte à sa valeur artistique, on élevera un autre autel fixe, construit avec art et qui sera dédicacé ; et c’est seulement sur cet autel que s’accompliront les célébrations liturgiques. Pour éviter que l’attention des fidèles ne soit distraite du nouvel autel, on ne donnera pas à l’ancien une décoration particulière.

LE MAITRE-AUTEL

IGMR 299. Il convient, partout où c’est possible, que l’autel majeur soit élevé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer en se tournant vers le peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où convergera spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles114. Habituellement, il sera fixe et dédicacé. PGMR. 263. Selon une coutume et un symbolisme traditionnels dans l’Eglise, la table d’un autel fixe sera de pierre naturelle. Cependant on pourra aussi employer, au jugement de la Conférence épiscopale, une autre matière digne, solide et bien travaillée.

IGMR 301. Selon une coutume et un symbolisme traditionnels dans l’Église, la table d’un autel fixe sera de pierre naturelle. Cependant on pourra aussi employer, au jugement de la Conférence des évêques, une autre matière digne, solide et bien travaillée. Les colonnes ou la base soutenant la table, peuvent être de n’importe quel autre matériau, pourvu qu’il soit digne et solide. (…)

RLDE. I B 1. L’autel est à la fois la pierre du sacrifice et et la table du Seigneur. L’autel majeur sera normalement rectangulaire ou carré. Si l’on ne peut s’opposer à un autel rond ou ovale au nom des lois liturgiques, il ne semble pas que ces formes soient indiquées pour l’autel majeur. On veillera surtout à une grande sobriété dans les lignes et à un volume harmonieux. Un autel est érigé, en principe, pour durer, et une forme recherchée devient souvent insupportable en moins de vingt ans.

RLDE. I B 2. Les dimensions de l’autel doivent être déterminées d’un point de vue fonctionnel et non en référence aux dimensions qui ont eu cours depuis le XVIe siècle. Jusqu’à ces dernières années un autel était conçu comme volume sacré qui devait, à lui seul, meubler le sanctuaire. Si l’on avait développé aussi considérablement sa longueur, c’est que le célébrant s’y tenait durant toute la messe et qu’il occupait successivement trois emplacements distincts : côté épitre, coté évangile et centre.
Or, la rénovation de la liturgie apporte deux modifications de grande importance : d’une part, le célébrant ne se tiendra pratiquement à l’autel que pour la liturgie eucharistique qui se célèbre au centre ; mais d’autre part, il faut prévoir dans la plupart des églises la possibilité de la concélébration : il pourra donc y avoir interêt à ériger un autel moins long, mais plus large. Mais, comme toujours, on tiendra compte du style et des proportions du cadre architectural. Quand à la hauteur de l’autel, elle devra être calculée en tenant compte de la célébration face au peuple.

Note du webmaster : cet articles présente des difficultés. D’abord parce que les termes « longueur » et « largeur » semblent bien être utilisé dans une vue à 90° par rapport à l’axe de vision des fidèles (l’article parle de « longueur » à propos des trois places du prêtre dans la forme extraordinaire, alors qu’elles se répartissent de gauche à droite, donc sur la largeur). D’autre part la question de la concélébration est à nuancer : la précédente version de l’IGMR ne la permettait que rarement ; l’IGMR actuelle est beaucoup plus permissive. Mais on peut s’interroger sur la « mode » pernicieuse de la concélbration, d’autant que beaucoup de prêtre ne disent qu’une messe chaque dimanche, ce qui a pour effet de laisser d’autres églises fermées dans de nombreux villages. Ce choix est donc clairement néfaste.

LES RELIQUES

IGMR 302. On gardera l’usage de déposer sous l’autel, pour sa dédicace, des reliques de saints, même non martyrs. On veillera cependant à vérifier l’authenticité de ces reliques.

LES AUTELS SECONDAIRES

IGMR 303. Dans la construction des églises nouvelles, il importe de n’élever qu’un autel, pour qu’il soit signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Eglise.

Dans les églises déjà construites, lorsque la situation de l’ancien autel rend difficile la participation du peuple et qu’on ne peut le déplacer sans porter atteinte à sa valeur artistique, on élevera un autre autel fixe, construit avec art et qui sera dédicacé ; et c’est seulement sur cet autel que s’accompliront les célébrations liturgiques. Pour éviter que l’attention des fidèles ne soit distraite du nouvel autel, on ne donnera pas à l’ancien une décoration particulière.

RLDE. V. (…) Il ne convient pas que ces autels, sauf exception, portent un tabernacle.

Note du webmaster : comme en de multiples autres textes, il n’est question que de la conception d’autels nouveaux. La modification d’autels anciens n’est absolument pas prévue (voir à propos de la conservation des autels).

LES AUTELS MOBILES

IGMR. 301. (…) L’autel mobile peut être construit en n’importe quelles matières nobles et solides, et qui, selon les traditions et les coutumes des diverses régions, conviennent à l’usage liturgique.

IGMR 300. L’autel, fixe ou mobile, sera dédicacé selon le rite du Pontifical romain ; cependant, l’autel mobile pourra être simplement béni.

L’autel : sa situation dans l’édifice

CE.48 (suite) L’autel de l’église cathédrale sera fixé au mieux et consacré, distant du mur, afin d’en faire facilement le tour et de rendre possible la célébration face au peuple.

RLDE II-3 : Des dispostions architecturales ou mobilières, des objets de culte ou de piété, des éléments décoratifs qui nous semblent démodés, peu accordés à l’esprit de la réforme liturgique, peuvent avoir, sans que nous le sachions, une véritable valeur artistique, être des éléments précieux du patrimoine religieux national. Leur destruction, leur aliénation, leur transformation inconsidérées et indues peuvent constituer de véritables actes de vandalisme, contre lesquels l’autorité publique et l’opinion des milieux artistiques s’élèvent à bon droit. Il serait regrettable que de pareilles fautes individuelles soient attribuées à l’influence de la réforme liturgique et servent à la déconsidérer.

IGMR 299. Il convient, partout où c’est possible, que l’autel majeur soit élevé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer en se tournant vers le peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où convergera spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles. Habituellement, il sera fixe et dédicacé.

Note du webmaster : dire que l’autel est le « centre » ne s’entend certainement pas au sens géométrique du terme, mais bien au sens théologique et spirituel. Il s’agit de faire en sorte que l’autel soit mis en valeur de manière à ce qu’il soit le centre de notre intérêt et de la célébration, et c’est sans nul doute un abus que d’en avoir fait parfois le centre d’un plan architectural. C’est donc bien que l’autel doit être disposé dans un choeur, et non pas dans la nef ou encore dans la croisée du transept.
Dans une église construite après Vatican II, il n’y a aucune ambiguïté : le maître-autel est celui qui a la première place au plan architectural, mais aussi sur le plan liturgique.
Dans les églises construites avant Vatican II, le problème est tout autre. L’autel qui a la première place architecturale n’est pas celui qui a la première place liturgique. Cette situation a conduit à trois types différents de solution :

1 – On a détruit le maître-autel ancien. Dans ce cas le nouvel autel, face au peuple, est le seul maître-autel, et il doit être fixe, donc sa table doit être de pierre (IGMR 301). Or bien souvent un tel maître-autel est fait de bois et reste mobile, ce qui ne convient pas.
2 – On a ajouté un autel « face au peuple » mobile. Dans ce cas, le seul maître-autel demeure l’ancien.
3 – Conformément à CE. 48 on a ajouté un autel « face au peuple » fixe. Dans ce cas, le maître-autel est liturgiquement le nouvel autel.

CE. 48. [b] Cependant, quand l’autel est situé à une ancienne place, et qu’il rende la participation du peuple difficile et que le transfert soit impossible sans détériorer sa valeur artistique, un autre autel fixe sera bâti, réalisé selon l’art et consacré selon le rituel ; on pourra ainsi célébrer la célébration sacrée sur celui-là.

CE. 48. L’autel est orné et bâti selon les normes du droit. On sera particulièrement attentif à ce que le lieu qu’il occupe soit réellement central, lieu vers lequel les fidèles rassemblés portent toute leur attention.

Note du webmaster : RLDE I A 2 b) précise que l’espace derrière l’autel ne doit pas être un lieu vide, car là aussi est le sanctuaire. D’autre part, il convient de faire remarquer que l’autel paraît d’autant plus isolé que le choeur est dénudé et que les servants de messe se raréfient. C’est là un aspect du problème qui est trop souvent occulté.

PROBLEME POSE PAR LES AUTELS PLACES A LA CROISEE DU TRANSEPT

RLDE. I A 2 b). (…) Il ne conviendrait pas de placer l’autel à la croisée du transept, en avant d’un sanctuaire profond qui demeurerait vide. Mais il ne s’agit pas non plus de placer des fidèles (adultes ou enfants) à l’ancienne place de l’autel. Ce serait oublier d’abord que le sanctuaire est réservé, durant la célébration, au clergé et aux laïcs qui remplissent des fonctions liturgiques. En outre, la dissociation de l’assemblée en deux groupes occupant des espaces opposés présente de très grandes difficultés pour la proclamation de la Parole de Dieu et la prédication, et elle rend impossible la célébration de l’Eucharistie face au peuple. (…)

Note du webmaster : le souci exprimé par CE 48 n’est pas nouveau, et fut déjà exprimé par des textes antérieurs. Mais y répondre par le placement de l’autel dans la croisée du transept peut poser des problèmes ; soit une part de l’assemblée se trouve derrière l’autel, et assiste alors à des lectures dos au peuple (!), soit il n’y a personne et le sanctuaire devient un lieu vide.

NECESSITE D’UNE SEPARATION ENTRE CHOEUR ET LA NEF

RLDE. I E. Si l’on rapproche l’autel majeur de la nef, il convient qu’il soit entouré par un sanctuaire «assez vaste pour permettre d’accomplir commodément les rites sacrés» (Instruction [Inter Å“cumenici] n° 91) et aussi pour manifester le caractère sacré de l’autel.
La séparation entre la nef et le sanctuaire peut être marquée en outre de diverses façons, par exemple, par des degrés, ou encore une légère clôture. La balustrade (ou cancel), sans être absolument nécessaire, demeure traditionnelle. Là où elle existe, et surtout si elle est ancienne ou de qualité, on ne s’empressera pas de la supprimer. Elle est souvent utile comme appui pour permettre aux personnes âgées ou infirmes de s’agenouiller et de se relever plus commodément.
(…)

Le mobilier liturgique

IGMR 326. Dans le choix des matières destinées au mobilier sacré, en dehors de celles que l’usage a rendues traditionnelles, on peut admettre aussi celles que les esprits de notre temps estiment nobles, qui sont durables et bien adaptées à leur emploi sacré. Pour chaque région, c’est la Conférence des évêques qui sera juge en la matière.

LE SIEGE DU PRETRE ET CEUX DES MINISTRES

IGMR 310. Le siège du prêtre célébrant doit exprimer la fonction de celui qui préside l’assemblée et dirige sa prière. Par conséquent, il sera bien placé s’il est tourné vers le peuple, et situé à l’extrémité du sanctuaire, à moins que la structure de l’édifice ou d’autres circonstances ne s’y opposent, par exemple si la trop grande distance rend difficile la communication entre le prêtre et l’assemblée des fidèles, ou si le tabernacle se trouve derrière l’autel, au milieu. On évitera toute apparence de trône117. Il convient de bénir le siège avant qu’il soit mis à l’usage liturgique, selon le rite prévu dans le Rituel romain118.

On disposera aussi dans le sanctuaire des sièges pour les prêtres concélébrants, ainsi que pour les prêtres, revêtus de l’habit de choeur, qui assistent à la célébration sans concélébrer.

On placera le siège du diacre près de celui du prêtre célébrant. Pour les autres ministres, on disposera les sièges de manière à les distinguer clairement des sièges du clergé, et afin qu’ils puissent accomplir facilement leurs fonctions119.

RLDE. III. (…) Jusqu’ici, ce siège était plutôt situé de telle façon que le célébrant paraisse se retirer de la célébration. Désormais, il y vient pour jouer un rôle actif. En effet, à toute messe célébrée avec peuple il s’y rend normalement après avoir vénéré l’autel (ou au moins après l’oraison) et peut y demeurer jusqu’à l’offertoire. C’est donc là qu’il entonne le Gloria in excelsis et chante l’oraison (Ritus n°23). Il peut y donner l’homélie (Ritus n°50), et diriger de cet endroit la prière universelle (Instuction [Inter Å“cumenici] art. 56 ; Ritus n°51). A la messe solennelle, non seulement il y écoute les lectures, mais c’est là qu’il met et bénit l’encens, bénit le diacre pour l’Evangile, et entonne le Credo (Instruction [Inter Å“cumenici] art. 52 bis.)
L’instruction [Inter Å“cumenici] signale la place traditionnelle de la présidence, à l’abside, derrière l’autel si celui-ci est tourné face au peuple. En ce cas, le siège doit être placé sur des degrés assez élevés pour que le célébrant ne soit pas dissimulé aux regards par l’autel. Néammoins «on évitera la forme d’un trône» c’est-à-dire que ce ne sera pas un siège majestueux par sa forme ou sa décoration. On veillera aussi à ce que le célébrant n’apparaisse pas comme coupé de l’assemblé.
L’instruction [Inter Å“cumenici] laisse le champ ouvert à d’autres solutions. On pourra souvent placer le siège sur le côté du sanctuaire, à condition de le surélever et de l’avancer.
(…)
On évitera de placer le siège du célébrant de telle façon qu’il tourne le dos à la sainte Réserve, à moins que ce ne soit à une distance telle que cette disposition n’ait vraiment rien de choquant.
En résumé, cette place de présidence attribuée au célébrant devra manifester la fonction qu’il exerce dans les rites d’entrée et la liturgie de la Parole.

L’AMBON

IGMR 309. La dignité de la parole de Dieu requiert qu’il existe dans l’église un lieu qui favorise l’annonce de cette Parole et vers lequel, pendant la liturgie de la Parole, se tourne spontanément l’attention des fidèles115.

Il convient que ce lieu soit en règle générale un ambon stable et non un simple pupitre mobile. On aménagera l’ambon, en fonction des données architecturales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs.

C’est uniquement de l’ambon que sont prononcés les lectures, le psaume responsorial et la louange pascale ; on peut aussi prononcer à l’ambon l’homélie et les intentions de la prière universelle. La dignité de l’ambon exige que seul le ministre de la Parole y monte.

Il convient qu’un nouvel ambon soit béni avant d’être mis à l’usage liturgique, selon le rite prévu dans le Rituel romain116.

RLDE. II. [a] Il n’est pas convenable de proclamer la Parole de Dieu en n’importe quel endroit du sanctuaire. «Il convient» par respect pour la Parole de Dieu que le lieu de cette Parole soit bien marqué, et reste visible même en dehors de la célébration. Le texte de l’Instruction [Inter Å“cumenici] marque une préférence pour l’ambon unique, assez élevé et sonorisé. C’est là qu’on proclame les «lectures sacrées». (Ritus n° 41, 42, 44, 45, 46.) C’est là qu’on donne l’homélie (ibid. 50). C’est là que le célébrant peut diriger la prière universelle (ibid. 51).
S’il y a «des ambons», il convient de distinguer l’ambon principal, réservé à la proclamation de la Parole de Dieu, et un ambon ou plutôt un pupitre, moins important, pour les commentaires, les annonces, la direction des chants, etc.

Note du webmaster : le voile d’ambon n’est mentionné dans aucun texte actuel. On en trouve mention au XVIIIe s., mais dans des conditions dont même la forme extraordinaire n’a pas conservé l’usage. Sa ré-invention à la fin du XXe s. s’est faite en dehors de toute suggestion officielle, et elle est dûe au manque de beauté de la plupart des ambons ; si l’on s’appliquait à en fabriquer en répondant aux critères esthétiques souhaitées par l’Eglise, on n’éprouverait nullement le besoin de les voiler, ce qui conduit parfois à les orner autant que l’autel.

LA CHAIRE

RLDE. II. [b] L’édification d’un ambon dans le sanctuaire n’entraîne pas nécessairement la destruction de la chaire placée dans la nef, surtout si celle-ci présente une valeur artistique.

La place des fidèles dans l’édifice

IGMR 311. On aménagera la place destinée aux fidèles avec tout le soin désirable, pour qu’ils puissent participer comme il se doit, par le regard et par l’esprit, aux célébrations sacrées. Il convient ordinairement de mettre à leur disposition des bancs ou des chaises. On doit réprouver l’usage de réserver des sièges à certaines personnes privées120. La disposition des bancs ou des chaises, notamment dans les églises nouvellement construites, permettra aux fidèles d’adopter facilement les attitudes requises par les différents moments de la célébration, et de se déplacer sans encombre pour aller recevoir la sainte communion.

On veillera à ce que les fidèles puissent non seulement voir le prêtre, le diacre et les lecteurs, mais encore, grâce à l’emploi des moyens techniques modernes, à ce qu’ils puissent aisément les entendre.

Le baptistère (les fonts baptismaux)

RLDE. VI. «Dans la construction et la décoration du baptistère, on veillera soigneusement à ce que la dignité du sacrement du baptême apparaisse clairement et que le lieu se prête aux celébrations communes.» (Instruction [Inter Å“cumenici]).
La «dignité» apparaîtra si le baptistère s’inscrit parfaitement dans l’architecture de l’édifice et s’il est convenablement orné et entretenu. Il n’est pas nécessaire qu’il se trouve au fond de l’église. Pourvu qu’il se trouve auprès d’une porte, ce qui est essentiel à son symbolisme, il peut être placé en haut de l’église, non loin du sanctuaire.
Pour que «le lieu se prête aux célébrations communes», il n’est pas nécessaire qu’il ait de vastes dimensions : il suffit qu’il s’ouvre assez largement sur un narthex ou sur l’église elle-même.