A propos de l’auteur

Bienvenue sur mon site consacrée au chant liturgique en paroisse, qui est le fruit d’une expérience sur le long terme.

Ce site n’est pas consacré au chant liturgique selon les musicologues, les concertistes et les amateurs de pièces prestigieuses : il est voué à la pratique du chant dans la liturgie de l’Eglise Catholique Romaine. Il ne cède pas non plus aux modes qui suivent l’esprit du monde, mais veut promouvoir ce que l’Eglise considère elle-même comme son trésor musical propre, délaissant les méandres des styles qui se font et se défont au fil des décennies, pour préférer la constance de l’Eglise à travers les siècles.

En effet, si la liturgie a subi des soubresauts avant et après le Concile Vatican II, la volonté de ce même Concile a été de conserver intact l’héritage des siècles, et s’il y a eu adaptation, il n’y a pas eu de suppression ni de remplacement. C’est pourquoi ce site, s’il aborde la liturgie, ne le fait toujours qu’en relation étroite avec la musique (à l’exception de  quelques rappels relatifs à l’eucharistie, que certains abus rendent indispensables).

J’ai découvert la richesse de la liturgie en tant que petit chanteur de la cathédrale de Bordeaux, à une époque où la réforme de la liturgie était en cours, occasionnant chez les prêtres des confusions et des mélanges entre les anciennes et les nouvelles rubriques. Sous la direction du R.P. Séraphin Berchten (ofm), Maître de chapelle dont le savoir-faire fut reconnu jusqu’au Vatican, et malgré une très virulente pression du clergé progressiste de l’époque, la cathédrale de Bordeaux resta le dernier lieu, dans toute l’agglomération, où l’on put assister à une liturgie splendide.

Il ne s’agissait pas d’une résistance contre la réforme entraînée par le Concile, mais d’une application exacte de cette réforme, qui ne demandait nullement la suppression du chant grégorien et de la grande polyphonie, ni la splendeur des ornements, ni non plus la disparition des tenues des chanoines. Même après la mort du R.P. Berchten, contre vents et marées, la cathédrale de Bordeaux resta un sanctuaire bordelais de l’Art liturgique hérité des siècles, et d’un savoir-faire ininterrompu jusqu’au début des années 90, époque où un travail de sape déjà ancien atteignit son objectif.

Ce travail de sape m’avait d’ailleurs lassé. Au bout de près de vingt ans d’engagement comme chanteur (et grand clerc pendant la mue vocale), comme on dit familièrement “j’avais fait le tour”. La vie liturgique d’une cathédrale liturgiquement digne de ce nom était devenue une routine, et qui plus est elle était minée, comme je l’ai dit. Ainsi, peu avant 1990, un prêtre nouvellement affecté à minuscule église en périphérie de la ville, me croisant à la sacristie, me lança “Ah, si j’avais quelqu’un comme toi pour m’aider…”. De l’aventure ? Repartir de rien ? Voilà qui était intéressant. Je le suivis, et je ne fus pas déçu.

J’eus la charge de former une petite troupe d’enfants de chœur et chaque dimanche je cumulais les fonctions de cérémoniaire, animateur des chants et thuriféraire ! Chaque dimanche matin, durant les trente minute de bus qui m’amenaient à la chapelle, j’écrivais le verset d’alleluia et un refrain pour le psaume, afin de nous épargner les musiquettes insipides  d’une célèbre publication…

Après quelques péripéties extra diocésaines, je commence à m’intéresser aux rubriques liturgiques et travaillais sur un “digest” de la Présentation Générale du Missel Romain. En 1994 j’entre au Séminaire d’Ars (Diocèse de Belley-Ars) ; je met en pause mon travail sur la liturgie, pour suivre une année de propédeutique et deux années de philosophie. De 1997 à 1999 je me retrouve avec des responsabilités de coopérateur paroissial à plein temps, logé en presbytère, et je crée un premier site internet sur les rubriques liturgiques.

En 2000 je rentre à Bordeaux. Cela faisait huit ans que, par obéissance, j’avais abandonné toute pratique du chant grégorien et de la polyphonie sacrée ! Je n’avais désormais plus aucune raison de continer à traverser le désert. Un jeune vicaire, de mes amis, me déconseilla de chercher à intégrer une paroisse de la ville : “Tu as été à Ars, tu es grillé !”. Fort de cet avertissement, tout à fait réaliste, je me tournais vers la Chapelle du Christ-Rédempteur, dernier lieu de culte où l’on pouvait chanter l’héritage musical de l’Eglise tout en étant sous l’autorité de l’évêque. J’y intégrais le chœur grégorien des Clercs de St-Benoît dirigé alors par Jean Michaud, et on me demanda de monter une chorale polyphonique.

En 2005, précédant de deux années le motu proprio Summorum pontificum, Mgr Ricard ouvrit les portes de l’église St-Bruno de Bordeaux à ce qui prit plus tard le nom de “forme extraordinaire du rite romain”. Avec une dizaine de choristes je montais une nouvelle chorale polyphonique, et en trois ans notre répertoire polyphonique était de 80 pièces. Côté grégorien nous assurions seulement l’ordinaire, mais en 2009, je montais un vrai chœur grégorien et peu de temps après je m’y consacrais entièrement. Dans le même temps je devins membre de l’association Una Voce, dont l’objectif principal est la défense de l’Art sacré.

En 2016 j’ai publié, aux éditions Dominique Martin Morin (Poitiers), “Servir la Messe”, préfacé par Mgr Marc Aillet, livre pédagogique extrêmement complet et illustré par de très nombreuses photos réalisées spécialement avec le concours de prêtres et d’enfants de chœur : page de l’éditeur. Ce livre est toujours au catalogue de l’éditeur.

En avril 2018 je participai, au sein d’une délégation d’Una Voce, au colloque international sur Dom Cardine à l’Abbaye de Solesmes, qui réunit une cinquantaine de participants. La confrontations avec différentes écoles grégorianistes fut extrêmement instructive. Et nous y fîmes une constatation, pas vraiment nouvelle il faut le dire : le chœur des moines de Solesmes ne chante pas selon les résultats des recherches de l’Atelier de Paléographie… de Solesmes ! Ainsi dit, on peut trouver cela un peu fort… Mais si l’on veut bien considérer la chose avec réalisme, et avec humour également, on s’ouvre alors des axes de réflexion fort intéressants, qui ont aussi pour intérêt de dépassionner les débats.

Pour ma part, tenu par un sincère respect à l’égard de bien plus savants que moi, j’avais jusqu’alors réfréné mon impatience face à une certaine routine grégorienne. Mais ce colloque déclencha en moi une certaine empathie, toutefois mêlée de méfiance, à l’égard des “néo-cardiniens”. Je décidai donc de creuser le sujet par moi-même. Trois ans plus tard, j’ai abouti à produire un opuscule intitulé “Le grégorien expliqué simplement” (téléchargeable sur ce site).

Au printemps 2019 j’ai commencé à expérimenter une forme d’accompagnement dit “fondamental” du chant grégorien, accompagnement qui est désormais utilisé à toutes les messes chantées dans la forme extraordinaire à l’église St-Bruno de Bordeaux (FSSP), depuis maintenant trois ans. Ce temps d’expérimentation ayant donné pleine satisfaction, j’ai commencé  la mise en ligne de l’accompagnement, sur ce site depuis mars 2021.

La même année, j’ai fondé un chœur grégorien indépendant, “Cantoria”, avec des musiciens d’église expérimentés tant en chant grégorien qu’en liturgie. Nous avons eu la chance, malgré les circonstances, de donner un concert en l’église St-Bruno de Bordeaux en octobre 2020. Nous nous préparons, naturellement, à reprendre cette série…

Alain Cassagnau