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Chanoine Gaston Roussel

Chanoine Roussel orgueL’engagement musical du Chanoine Roussel commence dès sa nomination à Sèvres en 1941 (à 28 ans) lorsqu’il fonde sa chorale.

En 1947, à la Cathédrale Saint-Louis, il se trouve à la tête d’une formation de 150 choristes en qualité de Maître de Chapelle.

Elève de Pierson puis de Léonce de Saint-Martin, titulaire de Notre-Dame de Paris, le Chanoine fut également un organiste de talent. En plus de son ministère et de ses charges diverses, il consacrait chaque jour plusieurs heures de travail aux claviers. Il est également l’auteur de nombreuses compositions, harmonisations et orchestrations et avait travaillé à la restitution d’oeuvres oubliées notamment de Michel-Richard de Lalande.

Texte tiré de http://chanoine.roussel.free.fr

Joseph Samson

mus.samsonJoseph Samson
1888-1957
Maître de Chapelle à la Cathédrale de Dijon (1930-1957)

Joseph Samson est né le 21 mars 1888 à Bagneaux-sur Loing. Après des études classiques, il est l’élève, au Conservatoire de Paris, de Xavier Leroux, Gédalge, Charles-Marie Widor, Vincent d’Indy et Charles Koechmon dont l’enseignement marque particulièrement le futur chef de Choeur.

En 1911, il est nommé maître de chapelle de la Cathédrale de Versailles, puis à Saint-Eustache de Paris en juillet 1914. La mobilisation, décrétée quelques jours plus tard, l’empêche d’y prendre ses fonction. En 1918, il est à Avranches où il mène une activité de chef de chœur féconde, montant notamment le premier en province le “Roi David” d’Arthur Honegger.

En 1926, il est appelé à Dijon pour succéder à l’abbé René Moissenet, fondateur et directeur de la Maîtrise de la Cathédrale. Pendant quatre ans, tout en poursuivant ses propres travaux, il assiste avec assiduité aux classes de chant que René Moissenet donne à ses enfants-chanteurs. L’essentiel de ses impression et de ses observations se retrouve dans “A l’ombre de la Cathédrale enchantée” (1929) et dans la “Grammaire du Chant choral” (Ed. Henn, 1947).

Avec Joseph Samson, qui en est le maître de chapelle de 1930 à 1957, la Maîtrise de la Cathédrale de Dijon, tout en continuant d’assurer exemplairement sa fonction liturgique, redécouvre les polyphonistes anciens et s’ouvre à des répertoires nouveaux dont plusieurs enregistrements (La Voix de son Maître, Studio S.M.) gardent le témoignage.

En même temps qu’il assure la bonne marche du Choeur, Joseph Samson se livre à des travaux personnels qui peuvent se diviser en deux catégories : musicale et littéraire.

La première comprend treize messes de deux à six voix, des motets, de très nombreuses harmonisations de Noëls et chansons populaires, et deux recueils de psaumes polyphoniques.

La seconde s’ouvre par un livre intitulé : “Palestrina ou la poésie de l’exactitude” (Ed. Henn, 1939), ouvrage couronné par l’Institut de France ; elle se poursuit par les ouvrages suivants : “Paul Claudel – poète musicien” (Ed. du Milieu du Monde, 1947), étude spécialement consacrée à la rythmique claudélienne ; “Grammaire du chant choral” (Ed. Henn, 1947) initiation à la technique du choeur ; “Musique et vie intérieure” (Ed. La Colombe, 1951) recherches esthétiques élaborées sous la forme familière du journal ; “La Polyphonie sacrée en France”, ouvrage historique qui reçut le Grand Prix de LIttérature Musicale ; “Musique et chants sacrés” (Ed. Gallimard, 1957). Joseph Samson a en outre collaboré à de mutliples revues. Il a participé à des ouvrages collectifs : “La musique des origines à nos jours” (Larousse), “Les grands musiciens” (Horizon de France). Enfin, “On n’arrête pas l’homme qui chante” (Ed. du Cerf, 1977) réunit quelques uns des textes que Joseph Samson avait lui-même préparés pour l’édition.

Joseph Samson est mort le 9 juillet 1957, à Dijon.

Maître de chapelle de la Cathédrale de Dijon, celle-ci fut grâce à lui, pendant vingt-sept ans, la métropole du chant sacré. Joseph Samson est resté pour les musiciens d’église avertis un maître et un modèle.

Son message ultime, au IIIème Congrès International de Musique Sacrée, à Versailles, dit bien, une semaine avant sa mort, ce qui anima toute sa vie :

“La qualité n’est pas le signe d’une recherche extérieure et vaine, d’ordre esthétique,
mais une recherche essentielle, d’ordre spirituel.
La qualité dans l’œuvre est l’expression de la Charité“.

R.P. Séraphin Berchten

Né à Bâle en 1888, Walter Berchten fut tout d’abord un enfant de chœur opiniâtre qui se levait à 5h30 en semaine pour aller servir la messe avant d’aller à l’école. Il révéla rapidement des talents de chanteur dans le cadre paroissial, et à 12 ans désira devenir prêtre.

A 18 ans il entra au Collège Séraphique de Fribourg et fit sa profession monastique à San-Remo en 1916, prenant le nom de Frère Séraphin. A 25 ans il fut ordonné prêtre à Fribourg, et devint le Révérend Père Séraphin Berchten.

En 1922 il est nommé professeur au Collège Séraphique de Brive-la-Gaillarde (Ecole Saint-Antoine). En 1927 le Définitoire provincial le jugea extrêmement doué pour la musique, et l’envoya se perfectionner à Rome, à l’Institut Ponfitical de Musique Sacrée, où il eut des professeurs tels que Mgr Licino Refice, ou Mgr Raffaele Casimiri alors Maître de la Chapelle Sixtine.

Après un bref séjour à Pau il devint vicaire à la paroisse Notre-Dame-des-Anges à Bordeaux. En 1933 il crée un chœur d’adulte ainsi que les Petits Chanteurs Antoniens. En 1938 les franciscains aménagèrent un foyer pour les petits chanteurs, qui furent alors constitués en authentique maîtrise.

Mais la seconde guerre mondiale obligea le Père Berchten a rentrer dans son pays natal. Il fut alors nommé Délégué Général des Franciscains suisses, et ne put revenir à Bordeaux qu’en 1947. Cependant, on sait que le Père Berchten avait effectué, au moins une fois, en 1943, un trajet en voiture jusqu’à Bordeaux. L’habit franciscain et la langue allemande (il était suisse allémanique) lui permirent d’éviter tous les contrôles, tandis que la voiture était pleine de victuailles et de spécialités suisses…

A son retour de Suisse, le Père Berchten constate que l’ambiance du couvent a changé. De nouvelles idées ont cours, et dès 1948 il n’est plus vicaire. Le déclin du couvent est entamé. Vingt ans plus tard il n’en restera plus rien !

En 1949 les Petits Chanteurs Antoniens participent au premier congrés international de la Fédération des Petits Chanteurs à Rome, qui rassembla 3000 membres. A la fin de la messe, le pape Pie XII (qu’on distingue ci-dessus, contre le pilier), impressionné, rompit avec le protocole et vint se mêler aux petits chanteurs pour savoir comment on peut diriger un chœur aussi nombreux. Encore de nos jours, certains anciens gardent un souvenir extraordinaire de ce moment.

A partir de cette époque les Petits Chanteurs Antoniens vont de succès en succès. Ils enchaînent les tournées, la plupart du temps à l’étranger. Ils se font remarquer en participant, au Grand-Théâtre de Bordeaux, quatre fois à “Parsifal” de Wagner et deux fois à “Jeanne au bûcher” d’Honegger.

Le Père Berchten est un des piliers de la Fédération Française des Petits Chanteurs, et à ce titre organise des congrès régionaux à Bordeaux. En 1953 ils sont plus de 500 à l’église Notre-Dame de Bordeaux. Au congrès suivant ils sont 700 dans le chœur de la cathédrale de Bordeaux.

Les Petits Chanteurs Antoniens sont dans leur âge d’or. Des compositeurs tels que Palestrina, M.-R. de Lalande, du Caurroy, Vittoria, de Lassus et van Berchem leurs sont familiers. Mais ils participent aussi à des événements tels que le départ des Terres-Neuvas aux bassins à flot de Bordeaux-Nord.

Le Père Berchten fait désormais autorité en France et à l’étranger, tandis que son couvent cherche à le marginaliser. En 1957 il n’y est plus rattaché, mais continue à diriger la chorale paroissiale et les petits chanteurs. En 1960 il est contraint, cette fois, de quitter sa communauté.

Mgr Richaud, archevêque de Bordeaux, lui propose le poste de Maître de Chapelle de la Cathédrale. Il refuse, et installe ses petits chanteurs à l’église Notre-Dame, rue Mably. Mgr Richaud réitère sa proposition en 1964, et le Père Berchten accepte. La notoriété des Petits Chanteurs Antoniens est telle que c’est eux qui “absorbent” la Maîtrise de la Cathédrale, et non l’inverse !

Ci-contre, à la Cathédrale, le Père Berchten dirige le chant à l’entrée du chœur, lors d’une ordination épiscopale.

Il est logé dans un petit appartement, pourvu cependant d’un jardin dans lequel il fait construire une salle de classe en préfabriqué.

En 1967 il se lance dans se lance dans la publication trimestrielle des “Feuilles documentaires de Musique Sacrée” afin de lutter contre les interprétations erronées des décisions conciliaires et se faire l’ardent défenseur de la vraie musique sacrée. Ces bulletins furent appréciées jusqu’en-dehors de nos frontières.

En 1969 la Nonciature le proposa au poste de Directeur de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée. Mais le Père Berchten refusa, sans doute conscient qu’une fois parti, ses petits chanteurs et son chœur d’adultes seraient dispersés.

Le 11 novembre 1971, lors d’une messe avec orchestre, ce dernier couvrit les chœurs par sa puissance, et le Père Berchten s’emporta… pris de malaise, il dut s’allonger à la sacristie, victime d’un infarctus. Il mourut le 25 novembre, âgé de 74 ans.

Il laisse un répertoire de près de 80 pièces, l’une des plus emblématique de son œuvre étant l’Ave Maria ci-dessous.

Ave Maria du Père Berchten, à 3 voix SAT. Dir. Alain Cassagnau.

Vous pouvez vous procurer via le présent site les Feuilles Documentaires sur la musique sacrée du Père Berchten ainsi que sa Biographie.