03-5 La croix

IGMR. 117. [d] Les cierges et la croix avec l’effigie du Christ pourront être portés dans la procession d’entrée.

Note du webmaster : cette proposition semble de prime abord étrange, car elle suggère que l’autel reste sans croix ni cierges avant puis après la messe, ce qui pourrait choquer les fidèles habituer à voir un autel paré et illuminé en arrivant à l’église pour assister à la messe… En réalité, c’est un usage ancien – probablement antérieur au XVIIe s. – que de porter la parure de l’autel (croix et chandeliers) en procession. Le Concile Vatican II a voulu permettre à nouveau cet usage très traditionnel. Ainsi se trouve alors « révélé » dans sa plus exacte vérité le rôle des acolytes, qui portent les cierges de chaque côté de la croix : portant la parure de l’autel, ils tiennent en main les cierges d’autel dans leurs candélabres (deux, quatre, six voire sept s’il y a l’évêque), et n’ont donc rien à voir avec les céroféraires qui interviennent de la consécration à la fin de la communion, qui eux gardent en permanence en main des cierges nus qui ne peuvent (ne doivent pas) être posés à terre. On comprend ainsi que la croix de procession n’est pas la principale croix dans la liturgie, et qu’on se trompe en voulant faire de la croix de procession (sur long manche) une croix d’autel, alors que c’est l’inverse : si on porte les cierges de l’autel, alors on devrait aussi porter la croix d’autel en procession. C’est aussi une autre erreur que de porter des cierges en procession qui seront ensuite placés sur la crédence, puis utilisés pendant la consécration : c’est une autre forme de confusion entre acolytes et céroféraires.

IGMR. 308. De même sur l’autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l’assemblée, et portant l’image du Christ crucifié. Il convient que cette croix demeure près de l’autel même en dehors des célébrations liturgiques, pour rappeler à l’esprit des fidèles la passion salutaire du Seigneur.

Note du webmaster : une croix sans le Christ crucifié (et clairement identifiable comme tel) ne peut pas être utilisée comme croix d’autel. On ne peut donc pas utiliser pour cela une simple croix nue, ni non plus une croix portant le Christ-Prêtre vêtu comme tel et ne portant aucune marque de sa Passion.

RLDE. I D 1. Le code des rubriques prescrit que pour la célébration il y ait «sur l’autel au milieu une croix assez grande avec le Crucifié» (C.R. n°257) et le Cérémonial des evêques précise que «l’image du Crucifié doit être tournée vers la table de l’autel (C.E. liv. I, chap XII, n° 11.) La remarque du Cérémonial est d’autant plus importante que celui-ci décrit la messe épiscopale dite face au peuple.

Note du webmaster : il est à noter que le Cérémonial des Evêques (C.E.) a, depuis l’époque de rédaction de RLDE, été renouvelé. Mais la nouvelle édition ne contredit en rien cette disposition de la croix, qui demeure donc la norme à suivre.

[Suite de RLDE I D 1.] Comme la disposition de la croix face au célébrant peut gêner la visibilité des fidèles, spécialement au moment de l’élévation et du Per Ipsum, l’Ordinaire du lieu peut permettre que la croix soit désormais placée non plus sur l’autel, mais en dehors, soit que son pied repose sur le dallage du sanctuaire, soit qu’on la suspende. Dans les mêmes conditions, on pourrait admettre que la croix ne soit plus placée au milieu de l’autel, mais qu’elle soit un peu écartée à droite ou à gauche, toujours cependant devant l’autel.

Note du webmaster : au vu des configurations variées que l’on peut aujourd’hui rencontrer, on peut dire qu’aucun emplacement de la croix n’est satisfaisant, tout au moins depuis qu’on a généralisé la célébration face au peuple. En réalité il ne faut pas oublier que jamais la réforme du Concile Vatican II n’a demandé à ce que le sens de la célébration du sacrifice aucharistique soit orienté vers les fidèles. Mais dès lors qu’on a généralisé cet usage, nul n’a plus su où mettre la croix de l’autel, et personne n’a encore trouvé de solution correcte. RLDE I D 1 n’est qu’un accommodement français proposant de poser la croix sur le côté de l’autel. Mais comment peut-on se satisfaire de la mise de côté de la Croix du Christ, alors qu’elle devrait faire corps avec l’autel (car l’eucharistie découle de la Croix, n’en déplaise à certains) et que de plus elle devrait être dans l’axe, entre les cierges placés de part et d’autre.
Des tentatives de placer face au prêtre un crucifix de très petite taille pour ne pas gêner la vision n’a pas satisfait non plus, car soit la figure du Christ crucifié est visible par le prêtre, soit elle est visible par les fidèles. Or, le prêtre doit garder la figure du Christ crucifié sous les yeux, et du coup les fidèles ne voient que le dos du crucifix, ce qui ne va pas non plus. Evidemment, on peut aussi placer un petit crucifix à plat sur l’autel pour le prêtre, tandis que la croix placée sur le côté est tournée vers les fidèles. Mais alors, s’il y a deux croix, laquelle le prêtre devra encenser ? Celle qui est sur l’autel, ou celle qui est à côté de l’autel ?
Comme on le voit, la seule disposition qui résoud tous les problèmes est de replacer la célébration eucharistique vers le fond du chœur. Encore que cela ne soit justifié que si l’abside est tournée vers l’Orient, d’où viendra le Jour Nouveau… mais c’est un autre sujet !