Le chant grégorien – L’Abbaye “de Solesmes”

L’origine de l’Abbaye de Solesmes est un prieuré fondé au XIe s. En 1970 l’Assemblée Constituante interdit les vœux religieux et l’année suivante l’abbaye devient la propriété d’un particulier. En 1833 l’Abbé Prosper Guéranger fonde une communauté dans les bâtiments, et obtient de Rome le rétablissement de l’ordre des bénédictins en 1837. Mais les connaissances liturgiques ont pâti de la Révolution française, et Dom Guéranger lance la restauration du chant en 1856.

En 1883 l’Abbaye produit le “Liber Gradualis” écrit par Dom Pothier avec une notation carrée renouvelée, qui contient les chants de toute l’année liturgique. De nombreuses nouvelles éditions verront le jour au cours de la première moitié du XXe s.

Mais Gambetta et Jules Ferry expulsent tous les moines de France : l’abbaye est fermée, les moines se dispersent. Il faut attendre 1895 pour qu’un moine en obtienne la réouverture.

A partir de 1889 Dom Mocquereau devient l’artisan principal des recherches, en fondant une série de publication intitulées “Paléographie musicale”.

Mais une nouvelle loi, celle de 1901, expulse les derniers moines de France. Les bénédictins de Solesmes émigrent sur l’Ile de Wight où ils font édifier l’Abbaye de Quarr. En tant que maître de chœur, Dom Mocquereau laisse la place à Dom Gajard en 1914 mais continue ses recherches.

En 1922 les moines peuvent rentrer à Solesmes.

Plus tard une collaboration efficace s’établit entre l’Abbaye et l’Institut Pontifical de Musique Sacrée à Rome. A partir de là les évolutions sont à l’image de notre époque, avec quelques complexités apparentes :

  • Dom Cardine fit progresser l’étude des signes en travaillant sur une approche intellectuellement différente; en laquelle un milieu para-universitaire – et très médiéviste – crût voir une opposition à Dom Gajard. Il s’en est suivi des développements et applications exagérés dans lesquelles les moines chercheurs de Solesmes ne se sont absolument pas reconnus : la soi-disant existence d’une “méthode de Solesmes” dont Dom Gajard aurait été l’auteur mais qui n’a jamais existé ; une application caricaturale de certaine idées de Dom Cardine qui présentait celles-ci comme une opposition à Dom Gajard, ce qui était très exagéré.
  • Dom Claire travailla sur la modalité (les trames de l’harmonie grégorienne) mais comme l’attention générale est plutôt portée sur l’écriture des signes (sémiologie), cette question n’a pas été beaucoup considérée (c’est certainement une erreur collective !).
  • Il eut pour successeur Dom Saulnier, mais celui-ci finit par devenir professeur à l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, et se fit moins connaître. D’autres moines, moins connus, furent aussi de grands contributeurs, mais sur des questions très précises.