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Le chant grégorien – exemples audio

Les sources audio et les tutoriels sur le chant grégorien ne manquent pas. Mais ils sont de styles et de qualité très variables (beaucoup sont très médiocres). De plus ils ne poussent pas forcément à l’adoption d’un style liturgique, mais assez souvent à un style de « concert ». Ce qui est fort différent. Certains se présentent aussi comme un organe de formation, ou comme héritiers d’une pratique héritées des siècles… Est-ce bien certain ?…

Les enregistrements mis en ligne ici ont plusieurs objectifs :

  • montrer le juste équilibre en matière de qualité vocale nécessaire sans tomber dans une excessive démonstration de savoir-faire et d’effets vocaux 
  • respecter exactement la notation de Solesmes, sans effets personnalisés
  • expurger les erreurs fréquentes (dues à une lecture inattentive des neumes)
  • garantir la compatibilité avec la liturgie romaine en milieu paroissial

Les grégorianistes avertis constatent aisément, dans quasiment toutes les paroisses où l’ont pratique le chant grégorien, que les rythmes des pièces les plus connues sont faussés. Les erreurs sont maintenues par routine, et le clergé (lui-même assez peu vigilant sur ce point) s’en soucie assez rarement. En conséquence de quoi les grégorianistes finissent par abandonner la lutte. Et c’est ainsi qu’on entend l’Asperges, le Credo III ou encore le chant de la Préface affectés par des rythmes erronés, alors que si l’on regarde un peu la notation carrée, on voit bien que, toutes les dix secondes, on chante des rythmes qui ne sont pas dans les livres. Alors la question est : à quoi sert d’avoir un livre, si c’est pour chanter autre chose ? Chanter d’une seule voix n’est pourtant pas compliqué : il suffit de lire ce qui est écrit, dans un esprit d’unité et d’obéissance. Car les musiciens ne sont pas exemptés non plus d’un certain devoir d’humilité, du moins pendant la messe…

Voici donc quelques enregistrements de pièces grégoriennes courantes, réalisés en 2022 à l’église St-Bruno de Bordeaux. Le créneau horaire disponible fut plutôt court, les exécutions s’en ressentent un peu, mais elle peuvent faire office de références sérieuses.

Il restera cependant difficile de rectifier les habitudes prises par les communautés, et aussi par le clergé. C’est un travail long, qui s’affronte souvent à une sorte de conservatisme. A cela il faut répondre par les livres, où se trouvent la raison et la vérité.

 ♦  Asperges me

L’Asperges est chanté trop lentement à peu près partout. La cause se situe sur la dernière syllabe de « Domine », dont les deux notes sont doublées par une regrettable habitude, alors que l’écriture ne montre aucun point ni épisème. La conséquence est fâcheuse car elle casse le tempo de toute la phrase, et confère à l’Asperges une ambiance pesante, en contradiction totale avec le sens du texte.

1 Asperges

 ♦  Credo III

Le credo III est chanté couramment avec des allongements en fins de phrase (notes pénultièmes) qui n’existent pas. Une lecture un peu attentive en fait la démonstration. Mais la rectification la plus spectaculaire concerne le « Amen » final, qui est en général exécuté avec lenteur, obligeant à le couper pour respirer, alors qu’une lecture attentive indique un tempo enlevé. On peut donc le chanter d’un seul souffle.

2 Credo III

 ♦  Dialogue de la Préface – ton solennel (les dimanches et fêtes)

Ce dialogue chanté est extrêmement simple. Ce qui a pour effet pernicieux que plus personne ne lit ce qui est écrit (y compris les choristes !) ; on le chante par cœur, mais on chante des erreurs, les prêtre n’étant pas en reste. Et c’est ainsi que les fidèles finissent par adopter pour eux-mêmes une sorte de moyenne rythmique qui est tout ce qu’on veut sauf l’original. Quitte même à supprimer des notes, par exemple sur « tuo ».

3 Preface ton solennel

 ♦  Dialogue de la Préface – ton férial (en semaine, messe des défunts inclus)

Bien qu’assez connu là où on l’on dit la messe traditionnelle, ce ton prend toujours les fidèles par surprise, et occasionne des confusions avec le ton solennel. Il revient aux chanteurs d’imposer le bon ton.

4 Preface ton ferial

 ♦  Pater noster – aux messes dites le dimanche

Parmi les erreurs courantes, il faut pointer à « adveniat » l’habitude de chanter « niat » comme une seule syllabe (donc 1 temps) alors qu’il y a bien deux syllabes à chanter sur deux temps. Egalement, sur « panem nostrum quotidianum da nobis hodie » il n’y a aucune note allongée, sauf la dernière, il faut tout chanter comme des croches, à tempo constant. Même chose sur « et dimite nobis debita nostra ».

5 Pater Noster

 ♦  Salve Regina – ton simple

Cette antienne voit son rythme fortement dénaturé, à tel point qu’il serait fastidieux de mentionner par écrit toutes les rectifications à faire. Elles sont en revanche aisément audible dans l’enregistrement.

6 Salve Regina

Enregistrements réalisés le 9 juillet 2022 en l’église St-Bruno de Bordeaux.
Chant : Abbé Felipe Perez et Alain Cassagnau.
Remerciements : à l’Abbé Perez pour avoir s’être rendu disponible malgré un emploi du temps chargé.