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09-15 La Prière Universelle

Note du webmaster  : conformément au contenu du Missel du célébrant, les intentions sont :

  1. – pour les besoins de l’Eglise,
  2. – pour les dirigeants et le monde,
  3. – pour tous ceux qui sont accablés,
  4. – pour la communauté locale.

Lors d’une confirmation, d’un mariage ou d’obsèques, l’ordre des ces intentions pourra être adapté aux circonstances. Mais en aucun cas la prière universelle ne peut concerner une personne isolée ou un même un couple, même lors d’un mariage ou d’un enterrement, puisque “universelle” qualifie une prière étendue à une catégorie de personnes à travers le monde entier.

La Prière Universelle est une tradition très ancienne. Pour preuve : la liturgie de saint Jean Chrysostome, commune aux orthodoxe et aux catholiques orientaux, y a recours par trois fois dans le cours de la messe.

09-14 Le Credo

IGMR. 137 Le symbole est chanté ou récité par le prêtre et le peuple ensemble (cf. n. 68), tous se tenant debout. Aux paroles : “Et incarnatus est”, etc. tous s’inclinent profondément ; mais, aux solennités de l’Annonciation et de la Nativité du Seigneur, tous fléchissent les genoux.

Note du webmaster : on remarquera aisément que, dans toutes les paroisses, personne ne fait l’inclination à ce moment. Sans parler de la mise à genoux (les deux, et non un seul) à l’Annonciation et à Noël. Un début d’explication peut être admis lorsqu’on s’aperçoit que cet usage est hérité de la forme extraordinaire, et que certains auront donc voulu la disparition de cette tradition.
A noter aussi que – sans doute par un effet de contre-réaction – les catholiques traditionaliste se mettent à genoux systématiquement, ce qui est également inapproprié puisque les rubriques, sur ce point, n’ont 
jamais exigé l’agenouillement hors de l’Annonciation et Noël.
On note aussi que la formulation “tous s’agenouillent” ne prévoit pas d’exception, pas même pour les chanteurs. Seuls l’organiste, pour des raisons évidentes, en est dispensé.

09-13 L’Homélie

ID. 3. L’homélie a pour but d’expliquer aux fidèles la parole de Dieu proclamée dans les lectures et d’en actualiser le message. L’homélie revient donc au prêtre ou au diacre.

RS. 64. L’homélie, qui est prononcée au cours de la célébration de la sainte Messe et fait partie de la liturgie elle-même,«est faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même ou par un prêtre concélébrant à qui il l’aura demandé, ou parfois, si cela est opportun, aussi par le diacre, mais jamais par un laïc. Dans des cas particuliers et pour une juste cause, l’homélie peut être faite aussi par un Évêque ou un prêtre participant à la concélébration, même s’il ne peut pas concélébrer».

RS. 65. Il est rappelé qu’il faut tenir pour abrogée par le can. 767 § 1 toute norme antérieure qui aurait autorisé des fidèles non-ordonnés à prononcer l’homélie durant la célébration de l’Eucharistie. En effet, une telle permission doit être expressément réprouvée, et aucune coutume ne peut justifier qu’elle soit accordée.

RS. 66. L’interdiction adressée aux laïcs de prêcher durant la célébration de la Messe concerne aussi les séminaristes, les étudiants en théologie, tous ceux qui exercent la fonction d’ «assistants pastoraux», et n’importe quel type de groupe, mouvement, communauté ou association de laïcs.

RS. 74. S’il apparaît nécessaire qu’un laïc transmette des informations ou présente un témoignage de vie chrétienne aux fidèles réunis dans l’église, il est généralement préférable que cela ait lieu en dehors de la Messe. (…).

C.E. 142. Ensuite, tous étant assis, l’Evêque mitré et crossé fait l’homélie à la cathèdre. (…)
IGMR 136. Le prêtre, debout à son siège ou à l’ambon ou, s’il le juge bon, à un autre endroit approprié, fait l’homélie à la fin de laquelle on peut observer un moment de silence.

CIC. 766. Les laïcs peuvent être admis à prêcher dans une église ou un oratoire si le besoin le requiert en certaines circonstances ou si l’utilité le suggère dans des cas particuliers, selon les dispositions de la Conférence des Evêques et restant sauf le Can. 767, § 1.

CIC. 767. § 1. Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même et est réservée au prêtre ou au diacre, tient une place éminente ; au cours de l’année liturgique, les mystères de la foi et les règles de la vie chrétienne y seront exposés à partir du texte sacré.

Note du webmaster : comme le précise l’Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres du 15 août 1997, les “dispositions de la conférence des Evêques” sont soumises au Siège apostolique. En conséquence, ces dispositions ne peuvent pas être considérées comme des aménagements dépendant uniquement des autorités épiscopales d’un pays ; elles sont bel et bien soumises à l’autorité du Siège Apostolique, c’est-à-dire l’autorité du pape.
Or sur ce point, le Siège Apostolique est formel, comme l’indique l’article 3 de la même instruction :

De l’Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997 :
Art. 3 § 1. (…) l’homélie doit donc être réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre. Les fidèles non ordonnés en sont exclus, même s’ils remplissent le rôle d’ “assistants pastoraux” ou de catéchistes, auprès de n’importe quel type de communauté ou de groupe. (…)

Extrait d’une réponse de la Commission pontificale pour l’interprétation du Code de Droit canonique, en date du 20 juin 1987 : “L’Evêque diocésain lui-même n’est pas autorisé à dispenser de la norme de ce canon”.

Note du webmaster : à travers tout celà, on comprend qu’il est difficilement possible de prêcher pour une personne non ordonnée (religieux non prêtre, religieuse). Si la Conférence épiscopale peut accorder cette possibilité, elle ne le fera que dans des contextes très particuliers, comme par un exemple un pays où l’on ne dispose que d’un prêtre pour un secteur paroissial de 300 km. de long, comme on en voit en Afrique ou en Asie. Ce genre d’aménagement est inconcevable en Europe.
 Seule exception : les séminaristes se préparant au diaconat, mais qui prêchent dans le STRICT cadre du séminaire, et non pas en dehors. Plusieurs car rendent également nécessaire la précision suivante : les pasteurs protestants ne sont pas autorisés à prêcher ; la raison fondamentale de cette impossibilité est d’abord le fait qu’ils ne sont pas ordonnés.

CIC. 767. § 2. A toutes les messes qui se célebrent avec concours du peuple les dimanches et jours de fête de précepte, l’homélie doit être faite et ne peut être omise que pour une cause grave.


CIC. 767. § 3. Il est hautement recommandé, s’il y a un concours de peuple suffisant, de faire l’homélie même aux messes célébrées en semaine surtout aux temps de l’Avent et du Carême, ou à l’occasion d’une fête ou d’un événement douloureux.
CIC. 767. § 4. Il appartient au curé ou au recteur de l’église de veiller à ce que ces dispositions soient religieusement observées.

De l’Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997 :

  • Art. 3 § 3. La possibilité du “dialogue” dans l’homélie peut parfois être utilisée avec prudence par le ministre célébrant, comme un moyen d’exposition qui ne comporte aucune délégation du devoir de la prédication.
  • Art. 3 § 5. L’homélie ne peut être confiée, en aucun cas, a des prêtres ou des diacres qui auraient perdu l’état clérical, ou qui auraient abandonné de toute façon l’exercice du ministère sacré.

09-12 L’Evangile

IGMR 57. Dans les lectures, la table de la parole de Dieu est dressée pour les fidèles, et les trésors bibliques leur sont ouverts. Il importe par conséquent d’observer la disposition des lectures bibliques, qui montre bien l’unité de l’un et l’autre testament et de l’histoire du salut, et il n’est pas permis de remplacer les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes hors de la Bible.

RS. 63. Dans la célébration de la sainte Liturgie, la lecture de l’Évangile, qui «constitue le sommet de la liturgie de la Parole» est réservée, selon la tradition de l’Église, au ministre ordonné. Il n’est donc pas licite qu’un laïc, y compris un religieux, proclame l’Évangile durant la célébration de la sainte Messe, ni dans tous les autres cas, où les normes n’accordent pas explicitement une telle autorisation.

CE. 140. (…) Ensuite l’Evêque, sans mitre, se lève.
Le diacre va à l’autel, accompagné par le thuriféraire avec l’encensoir fumant, et les acolytes les cierges allumés. Le diacre fait une inclination vers l’autel, élève avec respect le livre des Evangiles, et omettant la révérance à l’autel, portant le libre solennellement, se dirige vers l’ambon, précédé par le thuriféraire et les acolytes avec les cierges.

IGMR. 175. (…) Ensuite, après une inclination profonde à l’autel, il prend l’Evangéliaire qui, comme cela est souhaitable, a été déposé sur l’autel et il se rend à l’ambon en portant le livre un peu élevé, précédé par le thuriféraire avec l’encensoir fumant et les ministres avec les cierges allumés. Là, il salue le peuple en disant les mains jointes : Le Seigneur soit avec vous. Puis quand il dit : “Evangile de Jésus Christ…”, il signe du pouce le livre, puis lui-même au front, à la bouche et à la poitrine, il encense le livre et proclame l’Évangile. Celui-ci terminé, il dit : “Acclamons la Parole de Dieu”, et tous acclament : “Louange à toi, Seigneur Jésus”. Il vénère le livre par un baiser en disant à voix basse : “Que cet Évangile efface, etc”. et revient auprès du prêtre.
Quand le diacre assiste l’évêque, il lui porte le livre à baiser ou il baise lui-même le livre, en disant à voix basse : “Que cet Evangile efface…”. Dans les célébrations solennelles, s’il le juge bon, l’Evêque bénit le peuple avec l’Evangéliaire.
Ensuite, le diacre peut porter l’Evangéliaire à la crédence ou en un autre endroit digne et convenable.
Lorsque le diacre annonce “Lectio sancti evangelii”, l’évêque prend la crosse. Après la lecture le diacre dit “Acclamons la Parole de Dieu”, et l’assemblée répond “Louange à Toi, Seigneur Jésus”. Si l’évêque préside le diacre lui porte l’Evangile (Evangéliaire ou Lectionnaire), et l’évêque embrasse le livre en disant “Per evangelica dicta…” ou le diacre embrasse lui-même l’évangile en disant cette même parole secrètement. Puis il apporte le livre à la crédence (CE 140 et 141).

Notes du webmaster : on a vu se développer la mode de chanter à nouveau “Alleluia” après la lecture de l’Evangile. Ceci n’a aucun fondement, ni Liturgique, ni Historique. Seule l’acclamation habituelle est prévue. Elle peut être dite ou chantée.

CE. 141. (…) A la fin de l’Evangile, le diacre apporte le livre à l’Evêque qui l’embrasse et dit secrètement “Per Evangelia dicta…”, ou le diacre l’embrasse lui-même disant cette même parole secrètement. Ensuite le diacre et les autres ministres retournent à leur place. Le livre des Evangiles est porté à la crédence ou à un autre lieu adapté.

09-10 La Séquence

IGMR 64. La séquence, qui est ad libitum sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l’alleluia.

Notes du webmaster :

Il est explicitement indiqué, dans la 3ème édition typique du Missel (2002) que la séquence se chante avant l’alleluia. Cette nouveauté est apparue soudainement, sans aucune explication, et sans que le Magistère de l’Eglise se soit exprimé publiquement à ce sujet, ce qui est assez troublant… Or cette modification est en contradiction avec plusieurs siècles de pratique et elle ne se justifie pas d’un point de vue pastoral. De plus ce changement contredit la structuration de l’Alleluia et des Séquences de Pâques et de la Pentecôte, qui ont été écrites comme une suite logique : antienne “Alelluia” ; verset de l’alleluia ; omission de la reprise de l’antienne pour passer directement au chant de la séquence ; ajout de “Alleluia” après l’amen final. Déjà, les livres de Solesmes selon la réforme ont carrément supprimé le Amen en vigieur pendant plusieurs siècles (on en cherche vainement la justification), puis la 3ème édition du Missel a déplacé la séquence avant l’Alleluia (toujours sans justification). Ces destructurations successives causent une perte de sens, et posent la question d’une instabilité des rubriques préjudiciable à la liturgie en général.

“Ad libitum” : facultatif. Autrement dit, placer une séquence à chaque messe du dimanche est, théoriquement, tout à fait liturgique, même si c’est infaisable faute de pièces disponibles.

On voit ici que les séquences de Pâques et de la Pentecôte ne peuvent en aucun cas être omises. La séquence de Pâques est “Victimae Paschali laudes” ; celle de la Pentecôte est “Veni Sancte Spiritu”.

Tandis qu’il est devenu facile de se procurer un chant en français du “Veni Sancte Spiritu”, il faut reconnaître que les compositeurs français de la seconde moitié du XXe siècle ont complètement omis le “Victimae Paschali laudes”. Dans les endroits, très nombreux, où le latin est encore mal reçu, on se heurtera donc à une grande difficulté ; la seule solution sera donc de lire la séquence, qui est un texte bien précis et ne permet donc pas de le remplacer par un autre texte.

Les séquences, qui se sont multipliées au Moyen-Age, on pratiquement disparu lors d’une uniformisation survenue au XIXe siècle. L’ancienne appellation “prose” est encore popularisé par celle de la “Dédicace” de N.-D. de Paris, dont une partie de la musique, écrite au XIIe s. par Adam de Saint-Victor, a fait le succès du chant “Eglise du Seigneur” («Peuple de Dieu, Cité de l’Emmanuel…»). Malheureusement cette adaptation en français a été amputée des 2/3 de la mélodie, qui comprend des variations magnifiques conférant à l’ensemble une architecture musicale remarquable, qui a été sabotée sans vergogne.

09-11 L’alleluia

IGMR 62. Après la lecture qui précède immédiatement l’Evangile, on chante l’Alleluia ou un autre chant établi par les rubriques, selon ce que demande le temps liturgique. Ce genre d’acclamation constitue un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, par lequel l’assemblée des fidèles accueille le Seigneur qui va leur parler dans l’Evangile, le salue et professe sa foi en chantant. L’acclamation est chantée par tous debout, la chorale ou le chantre donnant l’intonation et, le cas échéant, on répète l’acclamation ; le verset est chanté par la chorale ou le chantre.

L’Alleluia est chanté en tout temps en dehors du Carême. Les versets sont pris au Lectionnaire ou au Graduel.
Pendant le Carême on remplace l’Alleluia par un verset avant l’Evangile, qui se trouve dans le Lectionnaire. On peut encore chanter un autre psaume ou trait, tel qu’on le trouve dans le Graduel.

Notes du webmaster : 
le terme “graduel” désigne ici le psautier liturgique contenant les psaumes avec leur musique.
 On constate que la longueur du chant de l’Alleluia dans sa forme traditionnelle, c’est à dire en grégorien, est d’une durée qui dépasse une minute, tandis que l’Alleluia tel qu’on le pratique en français ne dépasse pas vingt secondes, ce qui le relègue au rang d’ersatz. Or l’Alleluia devrait toujours accompagner les préparatifs de la proclamation de l’Evangile. Ces préparatifs sont les suivants :


  • le prêtre, étant à son siège, met l’encens dans l’encensoir (IGMR 132).

  • si c’est un diacre qui lit l’Evangile, il reçoit ensuite la bénédiction du célébrant.

  • le prêtre, ou le diacre, se place face à l’autel, et s’incline le temps de dire la prière prévue. Après quoi tous les ministres se tiennent puis de déplacent de sorte qu’ils arrivent à l’ambon lorsque le chant touche à sa fin.


Il est donc très recommandable, notamment les dimanches et fêtes, de chanter aussi le verset. Il n’est pas interdit – bien que cela puisse être discuté – d’ajouter d’autres versets issus du même psaume dont le sens soit identique, de sorte que le mot “Alleluia” soit réellement une antienne, c’est à dire un refrain. Il est important que le prêtre soit ainsi accompagné durant tout le temps où il se tient incliné devant l’autel, ce qui ne devrait jamais se faire brièvement.

IGMR 63. Quand il n’y a qu’une seule lecture avant l’Évangile :
Au temps où l’on doit dire l’Alleluia, on peut employer ou bien le psaume alléluiatique, ou bien le psaume et l’Alleluia avec son verset.
Au temps où l’on ne doit pas dire l’Alleluia, on peut employer ou bien le psaume et le verset avant l’Évangile ou bien seulement le psaume.
Si on ne chante pas l’Alleluia ou le verset avant l’Évangile, on peut les omettre.

Note du webmaster : une lecture attentive de ce qui précède montre que ces prescriptions sont complètement ignorées. En effet, il est clairement dit que le psaume reste obligatoire qu’il soit chanté ou récité ; mais qu’en revanche l’Alleluia, ou le trait qui le remplace en Carême, peuvent être omis s’ils ne sont pas chantés.
Enfin il faut aussi souligner qu’une fois la proclamation de l’Evangile est achevée, on ne doit en aucun cas chanter une nouvelle fois “Alleluia”. L’Evangile doit être conclue par l’acclamation : le diacre ou le prêtre dit ou chante “Acclamons la Parole de Dieu” et l’assemblée répond de même “Louange à Toi, Seigneur Jésus !”.

IGMR. 43. Les fidèles se tiendront debout (…) au chant de l’Alleluia avant l’Evangile (…).

CE. 140. (…) A l’intonation de l’Alleluia, tous se lèvent, excepté l’évêque. Le thuriféraire s’avance et donne la navette à l’un des diacres, l’Evêque impose et bénit l’encens sans rien dire. Le diacre par qui l’Evangile est proclamé s’incline profondément devant l’Evêque, demande la bénédiction, disant à mi-voix : “Iube, domne, benedicere”. L’Evêque le bénit en disant : “Dominus sit in corde tuo”. Le diacre fait le signe de croix et répond “Amen”. (…)

IGMR 175. Pendant qu’on chante l’Alleluia ou le second chant, si l’on emploie l’encens, le diacre sert le prêtre qui met l’encens ; puis, profondément incliné devant le prêtre, il demande la bénédiction, en disant à mi-voix : “Père, bénissez-moi”. Le prêtre le bénit en disant : “Que le Seigneur soit dans ton coeur…” etc. Le diacre se signe de la croix et répond : “Amen”.

09-09 Le psaume ou graduel

Note du webmaster : le psaume est traditionnellement appelé graduel car avant le XVIIe s. c’était le moment  où le diacre montait les “gradins” (marches) pour aller chanter l’Evangile du haut du jubé. Celui-ci ayant disparu, le terme est resté, mais il est peu utilisé aujourd’hui, sauf dans les livres grégoriens où il figure toujours, ainsi que dans l’IGMR qui utilise ce terme à la place de “psaume”.

RS. 62. Il n’est pas licite d’omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer «les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes choisis hors de la Bible».

CME. 2) [b] Un psaume responsorial suit la première lecture ; il est partie intégrante de la liturgie de la parole.

Note du webmaster : il arrive encore que le psaume soit remplacé par un chant ordinaire, parfois même sans aucun rapport avec le thème abordé par l’Ecriture. Ce qui est absolument illicite. Heureusement cette situation, fréquente dans les années 80-90,  se raréfie de plus en plus,  car la beauté de la psalmodie a été récemment redécouverte par les catholiques. Mais sa place dans la liturgie nécessite encore une pédagogie de fond.

MS. 33. [b] Parmi les chants du propre, a une particulière importance le chant placé après les lectures, sous forme de graduel ou de psaume responsorial. De par sa nature, il fait partie de la liturgie de la parole ; aussi doit-il être exécuté, tandis que tous sont assis et l’écoutent, et même, autant que possible, avec leur participation.

Notes du webmaster :

– “Responsorial” : forme chantée qui inclue une réponse de l’assemblée au soliste ou aux chanteurs, grâce à un refrain ou – ce qui est plus cohérent – une véritable alternance des versets, ce qui est assez rare.

“de par sa nature il fait partie de la liturgie de la parole” : il est étrange de constater que certains s’ingénient à faire croire que le psaume est un chant de foule, justifiant ainsi l’insertion obligatoire de l’antienne tous les deux versets (ce qui “tue” la psalmodie et évacue le psalmiste avec son savoir-faire propre), et permettant de repousser le psalmiste au pupitre du chant, alors que sa place est très clairement à l’ambon.

IGMR. 196. (…) A défaut de psalmiste, il [le lecteur] peut dire le psaume responsorial après la première lecture.

IGMR. 129. Ensuite, le psalmiste, ou le lecteur lui-même dit le psaume, auquel le peuple répond habituellement par un refrain (cf. n. 61).

IGMR. 61. La première lecture est suivie du psaume responsorial, ou graduel, qui fait partie intégrante de la liturgie de la Parole et a une grande importance liturgique et pastorale, car elle favorise la méditation de la parole de Dieu.
Le psaume responsorial correspond à chaque lecture et se prend d’ordinaire dans le Lectionnaire.
Il importe que le psaume responsorial soit chanté, au moins pour ce qui est de la réponse du peuple. Le psalmiste, ou chantre du psaume, dit les versets du psaume à l’ambon ou à un autre endroit approprié, tandis que toute l’assemblée est assise et écoute ; habituellement celle-ci participe par un refrain, à moins que le psaume ne soit dit de manière suivie, c’est-à-dire sans reprise d’un refrain. Cependant, pour que le peuple puisse plus facilement donner une réponse en forme de psalmodie, on a choisi quelques textes de refrains et de psaumes pour les différents temps de l’année ou pour les différentes catégories de saints, que l’on peut employer, au lieu du texte correspondant à la lecture, chaque fois que le psaume est chanté. Si le psaume n’est pas chanté, on le récitera de la manière la plus apte à favoriser la méditation de la parole de Dieu.
A la place du psaume marqué dans le Lectionnaire, on peut chanter aussi le répons graduel du Graduel romain, ou le psaume responsorial ou alléluiatique du Graduel simple, tels qu’ils sont libellés dans ces différents livres.

Notes du webmaster :

Il est curieux de lire à la fin d’IGMR 61 que le chant du graduel issu du répertoire grégorien est juste une alternative au psaume du lectionnaire. Certes, en matière de texte, le lectionnaire prime. Mais le rédacteur de cet article penserait-il que les mélodies grégoriennes sont désormais à ranger parmi les accessoires de l’Art Sacré ? Voilà qui laisse songeur… La réalité est un peu différente : la messe chantée étant très clairement prioritaire sur la messe lue, ce sont plutôt les pièces grégoriennes qui l’emportent sur la lecture des années A, B et C ! Le statut permanent 50% lu / 50% chanté des messes paroissiales a complètement fait oublier cette hiérarchie.

On peut regretter aussi la promotion du “Graduale simplex”, qui simplifie assez peu le travail des grégorianistes (il peut même le multiplier !) car il faut presque autant de temps passé en répétitions pour chanter le graduel simple que le graduel romain.

L’usage exclusif du chant grégorien, chant communautaire par excellence, a beaucoup contribué à la disparition du psalmiste (et ce depuis de nombreux siècles). En effet, la notion de soliste est inconnue en chant grégorien, en dehors des intonations, des litanies et du chant de la Passion. Si on ne prend pas le répertoire grégorien, le sommet de l’art du psalmiste, s’il a été formé au chant sacré, est de pouvoir improviser un ton de psalmodie dans le ton du refrain pris par l’assemblée ; n’oublions pas que les psalmistes (donc les chantres), dans les temps anciens, étaient réputés selon leurs capacités d’improvisation.

L’organiste, s’il suit l’harmonisation du refrain, doit pouvoir accompagner les versets sans difficulté. Pour celà il ne doublera pas la mélodie de la psalmodie, se contentant de jouer l’harmonisation. Il faut noter que la technique d’accompagnement actuelle des psaumes est inconnue des Conservatoires, et qu’elle ne peut être apprise qu’auprès d’un organiste lui-même rompu à l’accompagnement des psaumes. Force est de constater que cet art, très particulier, s’est beaucoup perdu car peu en maîtrisent le rythme très particulier.

Enfin il ne faut pas oublier une autre forme de psaume qui est aujourd’hui tombée dans l’oubli chez les musiciens d’église : il s’agit du faux-bourdon. Cette forme d’écriture, qui alterne dans un même verset polyphonie recto-tono non mesurée et polyphonie mesurée est certainement la plus remarquable, et ne présente pas pour autant de difficulté particulière hormis la maîtrise de la psalmodie ordinaire. Cette forme est a recommander pour les solennités, en raison de sa splendeur. Les maîtres de chapelle devrait tous en maîtriser l’écriture afin de produire eux-même les faux-bourdons nécessaires.

09-08 Les lectures

Note du webmaster : tous les textes mentionnent l’existence “du lecteur”. C’est bien une personne… et non plusieurs. Il est abusif de faire lire un seul texte par une succession de lecteurs, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants. La dérive qui consiste à donner des voix aux personnages entrant dans le récit est un autre abus, de même que le fait de mimer la lecture pendant qu’on la lit. Le lecteur n’est pas un comédien ou un acteur, il est avant tout une voix qui est prêtée pour rendre sonore l’Ecriture. C’est en tant que tel qu’il se conduit lorsqu’il lit l’Ecriture Sainte : il est l’instrument de Dieu pour le bien de ses fères, et non un interprête qui joue un rôle. Pour cette raison l’attitude du lecteur ne doit pas être celle d’un orateur qui centre l’attention sur lui, qui ménage des effets. La voix du lecteur doit rester sobre, bien qu’audible, et inviter à la méditation. La Parole de Dieu se suffit à elle-même dans son expression, elle n’a pas besoin d’être améliorée dans sa forme. Si des compléments sont a apporter, le prêtre en fera l’objet de l’homélie qui est avant toute chose prévue pour cela.

On peut encore constater que la lecture à plusieurs lecteurs, ou la lecture avec mime est une déviance grave encore fréquente en France, et voulue par des curés de paroisse qui ont fait le choix, en pleine conscience, de ne pas être vigilants. Il revient alors aux fidèles de l’être à leurs place ; ils ont le droit (Code de Droit Canon) de faire des reflexions à leur curé lorsqu’il se trompe. Et si celui-ci ne veut rien entendre, ils ont le droit de protester auprès de l’évêque qui est alors tenu de réagir.

Enfin le lecteur doit terminer par “Parole du Seigneur”, et l’assemblée doit répondre par “Nous rendons grâce à Dieu”. Il s’est répandu l’habitude d’ignorer cet usage, ce qui montre ainsi que les lecteurs concernés devraient recevoir une formation suffisante avant de faire les lectures. Certains missels (par exemple l’édition Tardy, Droguet-Ardent, CMR, de 1986) présentent cette formule conclusive comme une option (“La lecture peut être conclue ainsi : …”). C’est manifestement une erreur que l’éditeur n’aurait pas du laisser passer, car la formule latine est “Verbum Domini” à quoi l’on répond “Deo gratias” ; la formule se traduit par “Parole du Seigneur / Nous rendons grâce à Dieu”. Il n’y a pas d’autre choix, et encore moins celui de ne rien dire du tout. Et faute de prononcer la formule d’acclamation, il est fréquent de voir le psaume enchaîné directement comme s’il s’agissait d’un chapitre suivant à l’intérieur de la lecture, ce qui destructure la liturgie et compromet gravement la pédagogie la plus élémentaire sur l’Ecriture Sainte.

RS. 62. Il n’est pas licite d’omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer «les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes choisis hors de la Bible».

09-04 La Collecte

IGMR 50. Lorsque le chant d’entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l’assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui manifeste la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Église rassemblée.

09-07 Le Gloria

IGMR. 53. Le Gloria in excelsis est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l’Église, rassemblée dans l’Esprit Saint, glorifie Dieu le Père et l’Agneau, et supplie celui-ci. On ne peut remplacer le texte de cette hymne par un autre. Le Gloria est entonné par le prêtre ou, si on le juge bon, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté par tous, ensemble, ou par le peuple alternant avec la chorale, ou par celle-ci. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par alternance entre deux choeurs.

CE.133. (…) Revenu à la cathèdre, le chant étant terminé, l’Evêque debout, étendant les mains, dit l’oraison de conclusion. Ensuite, quand c’est prescrit, on chante ou on dit l’hymne “Gloria in excelsis”.

CE. 135. Le “Gloria” est dit selon les rubriques. Il peut, en outre, être entonné par l’Evêque ou l’un des concélébrants ou l’un des chantres. Pendant que l’hymne est chantée, tous se tiennent debout.

Note du webmaster : le “Gloria” est une hymne, c’est à dire qu’elle se chante de manière linéaire du début jusqu’à la fin, et n’est pas faite pour être découpée en couplets intercalés avec un refrain. Cet usage, qui résulte d’une mode, est dû à la perte des repères historiques en matière de liturgie.
D’autre part le “Gloria” ne peut être remplacé en tout ou partie par un autre texte, ni se voir ajouté quoi que ce soit. Comme pour le reste de l’ordinaire de la Messe, le texte du Missel doit être intégralement respecté. Il n’est pas permi de changer l’ordre des mots ou de les utiliser autrement que tels qu’ils apparaissent dans le Missel Romain (De Musica Sacra, art. 21).
CE 135 précise en outre que l’intonation du Gloria peut être chantée par un chantre. Ce modèle vaut également pour toutes les autres formes de messe.

CE. 300. [A la messe de la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint] [b] Pendant qu’on chante l’hymne “Gloria in excelsis”, on sonne les cloches, qui restent ensuite en silence jusqu’à la Vigile Pascale, sauf si la Conférence des Evêques ou l’Evêque du diocèse le statue différemment, selon l’opportunité.

Note du webmaster : il convient de remarquer que le mutisme des cloches doit également être observé par les instruments de musique durant cette même période.

CE. 349. [A la Vigile Pascale] Après la dernière lecture de l’Ancien Testament avec son répons et son oraison, on allume les cierges de l’Autel et on entonne solennellement l’hymne “Gloria in excelsis”, pendant que sonnent les cloches, selon les coutumes locales.

Note du webmaster : on peut rehausser la sonnerie des cloches du Gloria du Jeudi saint et de la Vigile pascale par l’utilisation simultanée de la clochette dans le chÏur, selon un usage connu. On rend ainsi la sonnerie présente au cÏur même de la célébration. Pour des raisons de commodité, on attendra que le prêtre ou le chantre ait finit d’entonner : la sonnerie de la clochette commencera en même temps que “Et paix sur la terre/Et in terra pax hominibus”. Si le sonneur ne pense pas pouvoir tenir pendant tout le Gloria, il est préférable qu’il ne s’arrête pas au hasard, mais en profitant de la fin d’une phrase, ou encore qu’il se fasse relayer par un deuxième sonneur muni d’une deuxième clochette.